CYRILLE DE JÉRUSALEM
Cyrille n’était encore que prêtre ; il la termine en s’excusant d’avoir peut-être trop longtemps gardé la parole, puisque l’évêque doit parler après lui. La Lettre à Constance doit sa célébrité à sa matière. Reproduite à l’envi par tous les historiens ecclésiastiques postérieurs, elle est une sorte de rapport à l’empereur, sur l’apparition d’un météore extraordinaire qui émut à tel point la population de Jérusalem que, tous, païens comme chrétiens, nous dit l’évêque, coururent à l’église d’un mouvement spontané. Une croix lumineuse avait apparu au ciel, au-dessus du Golgotha, et ses dimensions étaient si vastes qu’elle s’étendait jusqu’au mont des Oliviers. Le phénomène qui se produisit à l’époque de la Pentecôte, à neuf heures du matin, dura « plusieurs heures » ; l’éclat de la croix était plus vif que les rayons du soleil, qui ne réussissaient pas à l’éclipser. Cyrille s’empresse de communiquer ce miracle à l'Empereur, fils de Constantin, de bienheureuse mémoire, sous le règne duquel « a été découvert à Jérusalem le bois de la croix ». C’est « la première lettre » qu'il lui envoie, depuis qu’il est évêque. On est donc naturellement amené à la dater de 351, avecla majorité des critiques, plutôt que de la reculer avec Heisenberg (1) jusqu’en 357.
L'apparition est interprétée par Cyrille comme ce signe du Fils de l'Homme qui, selon Mathieu, XXIV, 30, doit se montrer au ciel, à l’approche des derniers jours ; l’évêque conseille donc à l’empereur de relire à cette occasion l'Évangile, et de faire après sa lecture les réflexions appropriées. Les compliments qu’il lui adresse ensuite, outre qu'ils étaient de rite, surprennent moins en 351 qu'ils ne surprendraient plus tard ; mais les dernières lignes de la lettre qui contiennent le terme homoousios, si scrupuleusement évité par Cyrille dans ses Catéchèses, sont plus étonnantes, et il n’est pas impossible qu’elles aient été interpolées.
{1) Loc. cit., p. 85.
Trois Spa d'homélies, dont deux sont x pmme provenant d’une homélie sur le miracle des Noces de Cana, l’autre d’une homélie sur le verset 28 du chapitre XVI de Jean ne sont pas au-dessus de tout soupçon. L’homélie sur l’hypapanté (fête de la Purification de la Vierge) est encore plus suspecte, et la lettre au pape Jules, avec la réponse du pape, ainsi que la lettre de saint Augustin à Cyrille et la réponse de Gris sont apocryphes sans aucun doute.
Euzoios de Césarée. Gélase de Césarée. — Un neveu de Cyrille a occupé le siège de Césarée. Il y avait été précédé | par un Euzoios qu il ne faut pas confondre avec celui qu' futundes premiers disciples d’Arius; mais cet autre Euzoios fut arien lui aussi. Malgré cette tare, saint Jérôme, quiavait Krà certaines heures de l’ indulgence pour les érudits, quels qu’ils fussent, du travail desquels il avait profité, lui a fait une place dans son De Viris : «Euzoios », nous dit-il, «fut instruit, pendant sa jeunesse, à Césarée, auprès du rhéteur Thespésios, avec Grégoire, évêque de Nazianze ; AT devint plus tard évêque de la même ville, et, avec un grand labeur, il s’appliqua à restaurer en parchemins la bibliothèque d’Origène et de Pamphile, qui avait déjà souffert ; finalement, sous le règne de Théodose, il fut = chassé de son église. On a de lui des traités divers et = nombreux, qu’il est très facile de connaître (1) ». Cette formule, analogue à quelques autres avec lesquels saint Jérôme se débarrasse assez lestement des écrivains dont il fait une revue trop rapide, nous laisse dans l'ignorance sur la nature et le mérite des œuvres d’Euzoios. « Gélase », dit-il un peu plus bas, «successeur d’Euzoios dans l évêché ‘de Césarée de Palestine, écrit, dit-on, certaines choses d’un style soigné et limé, mais il les cache (2) ». Nous voilà bien moins informés encore sur un homme que Théodoret (3) cite en bonne compagnie comme l’un des