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vie». Il reste de lui doix ou trois M mais ce que
de Cyzique, qui écrivit à la fin du ve siècle.
: précise : : « Homme extrêmement érudit, il a écrit, encor à
De Viris, qui doit être postérieure (4) ; on veut aussi lui ‘attribuer parfois celle de la Vie d'Hilarion qu’a publiée Papadopoulos Kerameus (5). Photios (6) parle d’une Apologie de Basile contre Eunomios, qui avait un Sophro- j nios pour auteur, mais sans préciser s’il s’agit de celui
‘de Bethléem.
cieuses — proviennent d’un ouvrage qui est ordinaire-
ou en 391.
Photios (1) dit de lui comme d’un historien ecclésiastique est obscur, et peut provenir d’une confusion avec Gélase
Sophronios. — Sophronios, qui date aussi de la fi : du 1v® siècle et paraît avoir vécu surtout à Bethléem, sf a été l’objet, dans le De Viris, d’une notice un peu pl
jeune, un Éloge de Bethléem, et naguère un livre rema quable sur la Ruine de Sérapis (2) ; 1l a aussi traduit très élégamment en langue grecque mes opuscules sur Le Virginité à Eustochium, et la Vie d’'Hilarion, ainsi que le Psautier et les Prophètes, que nous avons fait passer de l'hébreu en latin (3) ». Jérôme devait un mot aimable à son traducteur. Érasme avait voulu autrefois mettre Ke sous le nom de Sophronios une traduction en grec du
Hégémonios. — Les informations les plus précises que. nous ayons sur les origines du manichéisme et dont dé- : rivent principalement toutes les autres — informations mêlées d’ailleurs déjà de légende, mais cependant pré-
ment cité en abrégé sous le titre d’Actes d Archélaos, et
(1) Bb. codex 89 ; cf. l’article de Gzas, cité dans la Bibliographie. ’ (2) Il s’agit de la destruction du Sérapeum, qui eut lieu en RE mi
(3) De Viris, 134.
(4) Cf G. Wenrzez, T. U., XIII, 3, 1895.
(5) Dans ses Anecdota, V, p. 82 (Saint-Pétersbourg, 1898).
(6) Bb. cod. 5.
ve 4 1 : ? à 1 ÿ ta # ; se RE NE EE L 550 LA LITTÉRATURÉ GRECQUE CHRÉTIENNE
dont le titre véritable doit être tiré de la phrase initiale, qui est celle-ci : «Trésor véritable, ou controverse soutenue à Carchara, ville de Mésopotamie, par l’évêque Archélaus, contre Manès, en présence de Manippe, Ægialée, Claude et Cléobule, pris pour juges ». Les Manichéens, au témoignage du chapitre xzir1 de cet ouvrage, comptaient parmi leurs livres sacrés un Trésor ; le titre que nous venons de citer a été choisi pour faire antithèse au titre du livre manichéen.
De qui est l’ouvrage ? Saint Jérôme (1), dans son De Viris, écrit ceci: «Archélaus, évêque de Mésopotamie, a composé en syriaque un livre sur la controverse qu'il eut avec Manichée, sorti de Perse; son livre, traduit en grec, est en possession de beaucoup de gens. Il brilla sous l’empereur Probus, successeur d’Aurélien et de Tacite ». Notre ouvrage place sous Probus l'apparition de Manès (2); Jérôme l’avait-il lu, où en parlait-il d’après des renseignements indirects ? S’il l'avait lu, il n’est pas certain que ce fût sous la forme même où nous le possédons. En effet, dans -cette rédaction, les actes de la controverse sont encadrés entre un récit initial et une conclusion, qui ne sont point l’œuvre de l’évêque. Le dernier chapitre de la version latine, après lequel on lit, dans le seul manuscrit qui contienne l’ouvrage au complet, une liste d’hérésies qui n’est probablement pas de la même main, est encore suivi de la phrase que voici : «Moi, Hégémonios, J'ai écrit cette controverse, que j'ai recueillie pour que ceux qui le veulent puissent en prendre copie ». Il est dit expressément, au cours du livre, que les propos de Manès et d’Archélaos ont été notés, tandis qu’ils étaient prononcés (3). Hégémonios veut se donner pour un simple
(2) Ch. xxxr.
(3) Ch. xzur, après la première des deux séances dans lesquelles se décomposent les Actes, il est dit que Marcellus (cf. infra) trouva bon que cette discussion fût recueillie (excipi) et mise par écrit. Hégémonios reprend l’un de ces termes : seripsi dispulationem istam
exceplam.
LA
ae, CT PA TER re 4 D LP ON
HÉGÉMONIOS
rédacteur, qui les met à la disposition des curieux. Mais, en limitant ainsi sa part propre, n’avait-il pas surtout pour intention de certifier l’authenticité de la controverse? Ne se pourrait-il pas qu'il eût aussi composé le cadre dans lequel les Actes se trouvent présentés ? Or, un écrivain que cite Photios (1), Héraclien de Chalcédoine, lui attribue précisément ce rôle, tandis que Socrate (2) dit seulement avoir lu « le dialogue d’Archélaos, évêque de Carchara », et qu’Épiphane, qui a utilisé un texte analogue au nôtre et nous en a conservé en grec un morceau étendu (3), ne précise pas comme nous le souhaiterions la nature du document où il puise.
Il est assez naturel, comme on le fait généralement aujourd’hui, de suivre l’opinion d’Héraclien, dont nous ignorons d’ailleurs s’il s’est borné à faire, d’après la phrase finale, la déduction qui s’offre d’elle-même à notre esprit, ou s’il avait quelque raison supplémentaire de voir dans Hégémonios plus qu’un simple scribe. Mais nous ne saurions aflirmer qu'il n’a pas existé une forme plus ancienne et plus simple du texte, qui rendait plus facile d’en faire remonter la paternité à Archélaos lui-même. Il faut d’ailleurs reconnaître que nous ne savons rien sur Archélaos ; que nous ne pouvons pas affirmer qu’il ait été un personnage historique ; que l’on ne peut pas aisément identifier cette ville de Carchara dont il est donné pour évêque, ni les autres localités dont il est parlé. L’auteur ne paraît pas connaître personnellement la région où il a placé la scène, et sa géographie est assez vague.
C’est pourquoi la majorité des critiques écarte aujourd’hui le dire de saint Jérôme, et, en rejetant l’idée
(1) Bb., cod. 85. Photios dit qu’'Héraclien « énumère tous ceux qui, avant lui, ont écrit contre l’impiété des Manichéens et, en particulier, Hégémonios, celui qui a rédigé les répliques d’Archélaos contre lui. »
(2) Dans son Panarion, Haær. 66, ci infra, p: 657.
(3) Voir l'introduction de BEEsoN à son édition,
‘un évêque Archélaos oit re ré effec F4 nl A 4 U Le F1 EU Lei s +2 ART 7 PAT | avec Manès, non loin de la frontière perse, et qu’il ait Ê
tenir procès
du caractère primitif de la rédaction grecque ne nous
fa
sue
semble très peu probable qu’il ait lui-même inventé la mise en scène grâce à laquelle il a pu donner à l'exposé et à la réfutation du manichéisme un intérêt drama-
Il nest pas prudent de nier absolument la possibi-
| tique.
TO quelques savants ont cru ne Nous ne possédons un morceau du texte grec que grâce
à saint Épiphane. Une version latine, qui ne semble pas f très postérieure , à la rédaction d'Hégémonios, vient heureusement à notre aide ; elle n’est conservée intégralement que dans un seul manuscrit, qui fut signalé par Traube (2). Le plan général du livre est le suivant : le | personnage qui met en branle la petite action que l’auteur va imaginer ou qu'il tient d’une tradition antérieure est pe un homme riche, pieux et charitable, du nom de Marcellus (3). Sa charité, qui se manifeste avec une générosité g extraordinaire par le rachat d’une nombreuse troupe de |! .captifs, parvient à la connaissance de Manès qui rêve de Je convertir, d’abord par l’envoi d’un de ses disciples
(A) C£, ib., p. x1v ; dès le temps qui a suivi immédiatement la pu- | 'Zacacn: croyait à une relation primitive d’Archélaos, et BEAUSOBRE
syriaque, et NœLpexe l’a contestée. | (2) Dans les Sitzungsberichte de l’Académie de Munich, 19083.
3) Sur le rapport avec les Actes de Pierre, cf. BEESON, p. xv IRAN à HE .
; -verbal de leur conférence, conteste également 1] di * que derrière le texte grec il ait jamais existé un original sémitique. Les arguments que l’on fait valoir en faveur ! paraissent pas décisifs. Nous ne savons rien de précis au. t des sources d’Hégémonios ; il est seulement évident qu'il en possédait qui étaient riches et précises et il.
lité d’une rédaction en araméen ou en syriaque, à laquelle
(Histoire du Manichéisme, I) n’a vu, dans toute la controverse, qu’une fiction. De nos jours, Kesscer a défendu l’hypothèse d’un original
du nom de Turbon, puis en venant lui-même prècher sa
blication des Actes, le désaccord entre les critiques s’est manifesté ;
k èque A hdaos qui obtient. d’abord de Turbon un premier exposé du manichéisme ; puis, après l’arrivée | de Manès, réfute le maître dans Tee séances successives, Ke après que celui-ci a d’abord pris la parole. Les discours” . de Manès ont du reste moins d'intérêt que le premier exposé fait par Turbon ; car, à partir du moment où __ l’évêque entre en scène, le beau rôle lui est réservé ; Mar | est sacrifié, tandis que Turbon a été ménagé, parce q
au récit. | L’ HECREUr d’ Archélaos consiste tout U abord à
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l’homme, 1 n’y a pas d opposition de nature, le corps et 4 l’âme étant l’œuvre du même Dieu créateur. Il explique d’autre part que la lumière seule a une existence réelle, les ténèbres n'ayant qu’ une signification négative ;1l explique aussi l'impossibilité de concevoir un partage entre deux principes, un mur de séparation entre eux, une attaque du principe mauvais contre le bon. Il réfute la prétention 1: qu’affiche Manès d’être le Paraclet promis par Jésus, et, à cette occasion, l'opposition qu'il établit entre l’ancienne et la nouvelle Loi. Cette première séance se termine par | le succès complet d’Archélaos auprès des juges et de la 14 foule, et par la fuite de Manès, tandis que Turbon, converti, S 2 est ordonné diacre. Manès, réfugié à Diodoris (1), y renou- } velle ses tentatives auprès du prêtre Diodore, qui fait appel à Archélaos. Archélaos lui fournit d? UE dans une lettre, des armes pour la discussion, puis, à à limproviste, se rend lui-même à Diodoris. Une seconde discussion
s'engage, qui porte principalement sur la naissance de Jésus et sur l’incarnation, en général. Lorsqu'il croit avoir
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4) La version latine parle (XLIII) d’un vicus… qui appellabutur Diodori ; Épiphane appelle la localité Atoôwpts,
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WMEERLE res LA LITTÉRATURE GRECQUE eu raison de Manès, l’évêque expose à son auditoire, pour achever. de confondre son adversaire, l’histoire légendaire de l’hérésie dualiste, qu’il fait remonter jusqu’au temps des Apôtres, où elle a eu pour principal représentant Scythianus. Manès s’enfuit de nouveau pour se réfugier au château d’Arabissos. Capturé par le roi de Perse, il est écorché vif. Les deux derniers chapitres (Lxvir et Lxvrrt) sont une sorte d’appendice assez mal venu, où cette fois le dualisme de Manès est rapproché de la doctrine de Basilide, que l’auteur fait vivre chez les Perses.
Les Actes d'Archélaos n’ont pas une grande valeur littéraire. À juger par le morceau dont Épiphane nous a conservé le texte grec, la langue et le style sont sans prétention (1). La composition, tout en étant assez claire, n’évite pas la surcharge, et on peut soupçonner parfois des remaniements ou des additions . La principale qualité est que l’œuvre est assez vivante, tout au moins dans le corps de la discussion ; ce qui nous incline à croire qu’'Hégémonios non seulement n’en a pas inventé le fond, mais ne lui a pas donné partout à lui seul la forme. La fin de la première controverse, avec l’apostrophe passionnée à Manès qui remplit le chapitre x, ne manque pas d’une certaine éloquence.
Il n’y a guère de doute qu'Hégémonios ait écrit vers la fin du rv° siècle, et il y a quelque vraisemblance qu’il résidait en Syrie (1).
Titus de Bostra. — Biographie. — La ville de Bostra est située dans le Hauran ; c’était un poste militaire important qui était devenu, au 1v® siècle, une grande ville, et qui n’est aujourd’hui qu’un village (2). Elle avait des traditions chrétiennes qui remontaient assez loin. Nous avons vu qu’au commencement du vi siècle, un synode
(1) La version latine, qui paraît assez littérale, confirme cette impression. )
(2) Cf. SrckenBERGER, loc. cit., p. 1. AmmiEen MarcezziN appelle Bostra : ingens oppidum (XIV. 8, 13).