‹ Histoire de la littérature grecque chrétienneChapitre 161 sur 200 · t. III · texte numérisé non relu

t. III

de Piolémais, qui nuls son ambition et le FAT à 4 tenter lui aussi la fortune à Constantinople. Après avoir \ entretenu d’abord ou simulé des rapports bienveillants avec le grand apôtre que son ardeur réformatrice compro-

mettait, il passa au nombre de ses adversaires les plus acharnés. Il a travaillé plus peut-être qu'aucun autre, — après Théophile — à sa déposition ; il alla, s’il faut en croire Palladius, jusqu’à réclamer qu’on le bannît de Cucuse, où il lui paraissait encore trop rapproché, jusqu’à Pityonte (1).

L'homme est donc peu sympathique. Que valaient le théologien et l’orateur ? Sévérien avait composé un commentaire sur l Épître aux Galates, que mentionne Gennadius (2), mais il avait surtout acquis sa renommée par son éloquence (3). Nous avons apprécié déjà l’homélie, assez médiocre, par laquelle il répondit à Chrysostome le jour de leur réconciliation. On lui attribue aujourd’hui, plus ou moins sûrement, une dizaine d’homélies qu’on trouve dispersées principalement parmiles apocryphes de Chrysostome (4). Outre ces discours, dont nous possédons

(1) Socrare, H. E., VI, 16 ; SozonÈèwe, H. E., VIII, 18 ; Parrapius, Dialogue, 11 ; F. Lupwic, Der heilige Chrysostomos in seinem Verhælinis zum byzantinischen Hof, Braunsberg, 1883 ; cf. supra, p. 472 et suiv.

(2) De Viris, ch. xxr. Sur quelques vestiges de ce commentaire, ci. Dürxs, loc. cit., p. 24. Gennadius parle aussi d’un libellus gratissimus de baptismate et epiphaniæ solemnitate, qui peut être identique à une des homélies.

(3) Socrate, VI, 11 ; SozomÈne, VIII, 10.

(4) Ce sont six homélies sur la Genèse (P. G., 56) ; une homélie intitulée : Comment Adam reçut une âme et sur la passion du Christ, sil’on accepte l'hypothèse de RezzinGer (Die Genesis-homilien des Bischofs S. von G., Munster, 1916), confirmée par le recueil des quinze homélies en arménien, où celle-ci figure ; une sur l’enfant prodigue, selon le même REzLINGER (P. G.,LIX, 627); une sur le serpent d’airain (P. G., LVI, 499) ; une sur Mathieu, 21, 23, pour laquelle TizLEmoNT a pensé à Sévérien ; mais j’ai beaucoup de doutes sur l’attribution ; (cf. Harnacrer, Zeitschrift für katholische Theologie, 1908) ; une sur les sceaux des livres (P. G., LXIII, 531) ; une sur Genèse, XXIV, 2 (P. G., LVI, 533), qui a plus de chances d’être authentique ; une contre les Juifs

SÉVÉRIEN DE GABALES 563

__ le texte grec, on en a sous son nom quinze en arménien, dont neuf, selon le critique qui les a le plus récemment examinés, seraient authentiques ; l’un d’entre eux est identique à un de ceux que nous avons en grec ; ces sermons semblent avoir constitué une série qui fut prêchée à

Jérusalem entre l’Épiphanie et Pâques. I! faut encore mentionner les fragments épars dans les Chaînes ou dans d’autres recueils,

Nous dirons quelques mots de la série qui est le plus sûrement attestée, celle des six homélies sur la Genèse qui figurent parmi les apocryphes de Chrysostome, au tome LVI de la Patrologie ; elles sont garanties comme provenant de Sévérien par Cosmas Indicopleustés (1). Elles sont aussi éloignées que possible de la manière de Chrysostome, et ni Savile ni Montfaucon ne s’y sont trompés. C’est un Hexæméron, mais bien inférieur à celui de Basile. La forme est celle qui est traditionnelle dans l’homélie ; elle a cette liberté d’allures qui mêle à l’exégèse la morale ou la polémique contre les hérésies. L’exégèse prétend parfois à la nouveauté, quoique Sévérien n’ignore pas qu'il a de nombreux prédécesseurs et! qu'il s'excuse de recommencer leur œuvre, puisqu’aussi bien, nous dit-il au début de la 17e homélie, le Saint-Esprit est impartial et inspire tous les prédicateurs qüi l’honorent. Sévérien répugne à l’allégorie, à moins qu’elle ne soit très simple (2) ; il reste fidèle au sens littéral, mais l’apph-

sur le serpent d’airain (P. G., LXI, 793) ; une sur la Théophanie (16., LXV, 15) ; une sur la naissance de N. S. J.-C. (1b., LXI, 763) ; une sur le Seigneur a régné (parmi les œuvres de CHrysosrome, éd. Savice, V, 680) ; une sur {a croix (1b.). — Pour les fragments dans les Chaînes ou autres sources, P. CHarces, Recherches de science religieuse, 1914 ; Dürxs, p. 67.

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