P. G., LXXX VIII
(2) Par exemple, dans l’Homélie IV, 2, la parole : «que les eaux produisent les reptiles d’âmes vivantes, et les oiseaux qui volent sur - terre sous le firmament du ciel », est la figure du baptême ; mais l’orateur a soin d’ajouter que cela n’est pas une allégorie ; c’est une considération que suggère trécit : « Autre chose est de faire violence
ation qu I Faitide (cettel méthode sage est loin d’être t ours heureuse, parce qu’il a en matière de physique une grande ignorance qui lui permet des lubies singulières. I rejette absolument la sphéricité du monde et de la terre, et donne à ses auditeurs l’explication la plus naïve de la marche du soleil (1). Il tient à démontrer que la lune, qui, créée le 4° jour, aurait dû avoir la forme que suppose . le quatrième jour de ses phases, devait être créée pleine, à cause de la différence entre les années solaires et l’année lunaire (2). Certains de ses auditeurs étaient plus raison” PA nables que lui ; car ils se plaignaient de sa physique (3). Mais il les rabrouait et recommençait.
C’est à la fin de ses sermons qu’il plaçait régulièrement re la morale, ou les conseils de piété. Comme les homélies __ sur la Genèse ont été prèchées en temps de carême, il insiste particulièrement sur le jeûne, et développe froide- ment, mais sagement, le thème familier que l’abstinence n’a aucune valeur si elle ne s’associe pas à la pratique de Ja charité et des autres vertus chrétiennes. Les digressions polémiques ou dogmatiques sont assez fréquentes. Le premier jour de la création lui offre une occasion de viser les Manichéens, sans les nommer. La seconde homélie est consacrée presque tout entière à réfuter un sectaire qui jetait feu et flamme contre la doxologie : Dominus Dominus Sabaoth. En matière de christologie, et plus généralement de dogme trinitaire, Sévérien, quoiqu'il ne s'exprime pas avec la précision et la sûreté d’un théologien de premier rang, est fermement attaché à la foi de Nicée, et combat rte les Ariens ou les Pneumatomaques(4). Il part dans ses discussions — sans savoir toujours en tirer parti — du principe que c’est dans l’Écriture même
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au récit pour le tourner en allégorie ; autre chose, de conserver È récit et d’y superposer une considération. ».
(1) Homélie III, 4.
(2) Ib., 2-3.
(3) Homilie PA
(4) C£. par exemple, Homélie IV, 7.
que ‘80 lève l'Écriture.
JA Comme Sévérien était absolument dénué d’ nl Ye philosophique et de connaissances scientifiques, les plus . médiocres de ces six homélies sont les premières. Il est un peu plus à son aise quand il en arrive à la création de l’homme. La sixième homélie est celle qui se laisse lire ue avec le moins d’impatience ; avec un certain bon sens, en Lu ; mettant en œuvre sa méthode exégétique habituelle, d’une sagesse un peu plate, il s’applique à tourner le récit de la faute d'Adam et Eve, l'intervention du serpent dans cette faute, à une interprétation aussi rationnelle
que ne
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Dove sacrée, et se à l’occasion citer une variante Ne à d’Aquila. Mais, dans ce domaine encore, il trahit la faiblesse de son, esprit. Dans le même développement, il explique le 44 d'Adam d’après l’hébreu, en lui prêtant la signification de feu, et il trouve, dans les quatre lettres qui le composent, les initiales du nom des quatre points ee cardinaux, mais de leur nom en grec (1). Il avait peut-être 2 eu la curiosité de lire Porphyre, dont il parle avec horreur, he FE propos du récit de la première faute (2). Il avait o probablement aussi une certaine culture profane ; ia exprime le remords d'Adam après la chute en une formule qui reproduit un mot d'Eschyle (3), tombé d’ailleurs dans ip le domaine public. he te Le style de Sévérien n’est pas supérieur à sa pensée. ie Il a surtout des qualités négatives. Bien qu’il n’ignore pas les procédés de la rhétorique, l’évêque de Gabales en use avec une grande sobriété. On serait tenté de l’en louer, et sa simplicité relative paraîtrait reposante, quandonsort
(1) Homélie V, 3.
(2) Homélie VI, 8.
@) "Euañev & &v Enabev, Homélie VI, 6,
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de la lecture d’autres homélies trop rehaussées de couleurs vives ou trop secouées de pathétique violent, si elle ne provenait beaucoup plus de l'impuissance que de la sagesse, La langue n’est ni plus ni moins incorrecte qu'il n’est habituel en ce temps et n’appelle guère d'observation
particulière (1). Nous ne pouvons douter d’ailleurs que
ce prédicateur médiocre n’ait joui d’une assez grande vogue. Non seulement les historiens ecclésiastiques (2) en témoignent ; mais lui-même parle dans son homélie sur le Serpent d’airain « d’applaudissements qui ont empêché d’entendre sa pensée » et l’obligent « à reprendre ce qu’il vient de dire (3) ».
Acace de Bérée. — Parmi les ennemis acharnés de Chrysostome, deux autres évêques orientaux furent encore au premier rang : Acace et Antiochos. Acace avait été consacré évêque de Bérée, ville de Syrie, située à peu près à mi-chemin entre Antioche et l’Euphrate. Il a vécu
très longtemps ; il serait devenu plus que centenaire, si
les traditions que les historiens ecclésiastiques du v® siècle ont recueillies àson sujet sont exactes. Il gouverna son évêché pendant cinquante ans, dit Théodoret (4) ; une grande partie de son activité dépasse la période qui nous occupe. Il ne finit pas beaucoup plus heureusement qu’il avait commencé. En sa jeunésse, il était, au concile du Chêne, l’auxiliaire d'Eudoxie contre Chrysostome ; plus conciliant, dans sa vieillesse, il défendait Nestorius contre Cyrille ; cependant, son autorité dans l’église d'Orient a été grande. Théodoret le comble d’éloges, et,
pour ne pas avoir à le blâmer, préfère taire les noms de
(1) Une particularité cependant est l’emploi constant d’aoristes moyens en «a (sihaunv au lieu de etAdunv ;yevauevos, au lieu de yevéuevos, — si l’on peut se fier à nos éditions.
(2) Gennaprus (loc. cit.), dit de lui qu’il fut & in divinis scripturis eruditus et in homiliis declamator admirabilis » ; mais, selon SocrATE (loc. cit.), il prononçait mal le grec, |