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ACACE DE BÉRÉE 567 tous les adversaires de Jean (1). Nous n’avons pas à apprécier ici son rôle ecclésiastique. Pour juger de son talent littéraire, il nous reste quelques lettres, les unes conservées dans le texte grec, les autres seulement, dans - une traduction latine ; elles ne prouvent rien de plus qu’une culture normale et des qualités littéraires moyennes.
Antiochos de Ptolémaïs. — Au même groupe qu’Acace.
et que Sévérien, a appartenu Antiochos, qui fut évêque de Ptolémaiïs, l’ancienne Accô, dans le Sud de la Phénicie. Ce que nous savons de plus curieux à son sujet nous est rapporté par Socrate (2), dans le morceau où il le présente, avec Sévérien, comme l’ennemi le plus acharné de Chrysostome. Nous avons fait allusion déjà à ce morceau, qui nous montre que tous les prédicateurs du 1v® siècle ne furent pas des Apôtres. « Antiochos », nous dit Socrate, « était venu de Ptolémaïs à Constantinople, et pendant quelque temps il y enseigna avec beaucoup de zèle dans les églises. Il gagna ainsi beaucoup d’argent, et s’en retourna dans son pays ». Son exemple décida Sévérien à tenter la même chance. Gennadius lui attribue un gros livre Contre l’avarice ; un autre livre sur la Guérison . de l’Aveugle, à qui le Sauveur rendit la vue ; et une homélie «pleine de componction, inspirée par la crainte de Dieu, et d’'humilité ». Il ajoute qu’il mourut sous Arcadius (3). Quelques fragments, d'autre provenance, conservés dans un traité du pape Gélase (4) ou chez Théodoret, ne nous permettent guère de juger s’il a mérité que certains lui donnassent, à lui aussi, le surnom de Chrysostome (5). Théodore de Mopsueste. — Biographie. — Le représen-
(1) Cf. H. E., IV, 27; V,4;8; 23 ; 27; 36 ; — Acace fut aussi célébré par un des disciples d’Éphrem, le poète syrien Bazar (cf. Brexecr, Ausgesæhlte Gedichte der syrischen Kirchenvæter, Kempten, 1872).
(CHE NATAT,
(3) De Viris, XX.
(4) De duabus naturis in Chrisio (Tniez, Episiolæ Romanorum pontificum, I) ; Tnéoporer, Dialogue, II.
(5) Sozomuène, H. E., VIII, 10.
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tant e plus Rélébrsl de d'école à Antioche, après sai 1 Chrysostome, avec Diodore de Tarse, est Théodore, À qui fut évêque de Mopsueste, en Cilicie. I1 appartenait, comme l’un et l’autre, à une des familles aristocratiques 4 de la grande métropole syrienne, et il reçut la même formation qu'eux. Il était plus jeune qu'eux ; si l'on accepte les déductions de Tillemont et de Fritsche (1), ila dû naître vers 350. La date toutefois ne peut être considérée que comme approximative ; nous allons indine bientôt ce qui nous oblige à cette réserve.
En tout cas, selon Socrate et Sozomène (2), vers la même époque que Jean, en même temps aussi que Maxime, futur évêque de Séleucie, Théodore suivit l’enseignement de Libanios, dont il ne reste d’ailleurs que peu de traces dans son œuvre. Il pouvait s ’ouvrir alors aisément la carrière habituelle aux jeunes gens de +, classe ; mais, sous l’influence de Jean, il se laissa entraîner \vers la vie ascétique et, avec lui, il se retira dans cette sorte de monastère que dirigeaient Diodore et Cartérios ; puis, probablement, il fit une retraite plus sévère dans les dt montagnes qui avoisinent Antioche. Mais son ardeur ne se soutint pas longtemps, et il rentra dans le monde (3). Cette défaillance fut brève, et, sur la vie ultérieure de
(1) Ces déductions se fondent : 1° sur la date de sa mort, 428, semble-t-il, d’après Taéonorer, H. E., V, 40, qui la fait coïncider avec l’achèvement de sa propre pote et qui, d'autre part, lui donne 36 ans d’épiscopat ; on obtient ainsi, pour date de son élévation à cette dignité, 392 ; comme, d’autre part, JEAN D’ANTIOCHE, chez Facunpus L'HERMANE (IX, 2}, dit qu’il-« brilla par sa doctrine pendant 45 ans, et combattit les hérésies courageusement pendant envi- . ron 50 », on fait remonter son élévation à la prêtrise, avec quelque … 1 A embtants au plus tard à 382 /3 ; 2° d’autre pars, TILLEMONT et Monrraucon placent en 369, et Rauscmen en 371-78, les deux Épttres de Chrysostome à Théodore (cf. infra) ; ce Théodore était | jeune alors, et, s’il était bien notre Théodore, si des deux dates proposées, celle de Tillemont est exacte, on arrive, pour sa naissance, À
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à 350 environ. On voit que cette conclusion ne saurait être consi-
dérée comme certaine. , (2) Socrare, H. E., VI, 3; Sozomène, H, E,, VII, 2. (3) 7., 9.
bientôt reconquis, elle n’a pas eu de retentissement. Peut-on identifier notre Théodore avec celui pour lequel Chrysostome a écrit deux RO À intéressantes, et ces deux exhortations s ’adressent-elles d’ailleurs au même personnage ? Tillemont a bien montré que la première ne semble pas viser tout à fait la En. \ situation que la seconde, et le nom de Théodore, s’il figure dans le titre que lui donnent les manuscrits, n’est nulle PAC part prononcé dans le texte. Tenons-nous en par consé- - quent à la seconde, où le nom se trouve au contraire plusieurs fois. Elle a la forme d’une lettre, et toutes les. vraisemblances sont pour que le Théodore à qui elle est adressée soit le futur évêque de Mopsueste (1). S'il en est bien ainsi, en renonçant à l’ascétisme, Théodore m'avait __ pas seulement cédé à un retour d’ambition, au regret d’avoir abandonné la rhétorique et la vie active ; il s'était jh ‘ | épris d’une jeune fille et songeait à lanbness Léo . quence de Chrysostome, son intervention passionnée mirent fin à ce petit roman ou tout au moins contribuèrent à le dénouer ; car Jean ne fut pas seul à poursuivre son #4 ami de ses instances et ce fut — selon son propre té- | moignage — pour ramener l’infidèle, comme une cons-. piration touchante de tout un groupe d'amis, auquel ap. té partenaient un Valérien, un Florentin, un Porphyre. Théodore se consacra dès lors tout entier aux études pion et de théologie. L'œuvre qu’il laissa après lui était très considérable, et il a, semble-t-il, commencé de bonne heure à publier. Un de ses premiers écrits, probablement le premier, fut son Commentaire sur les # - Psaumes, un de ceux où apparaissent le plus librement À les tendances les plus caractéristiques de sa méthode, et à qu’il se crut obligé plus tard d’excuser, en invoquant son inexpérience (2). Nous avons peu d'informations sur la}
| (1) Au contraire, la réponse de Théodore à Jean (P. G., LXVI, 96),
doit être regardée comme apocryphe. “Ait | (2) Cf. la citation dans FacunDus p'HErmrANE, Pro defensione
| à trium capitulorum, 1IT, 6,
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suite de sa vie, et il ne semble pas avoir eu coutume de faire , 1 beaucoup de confidences dans ses propres ouvrages. On L
Je trouve cependant, au témoignage de Jean d’Antioche (1) dans l'entourage de Flavien, qui sans doute l’ordonna prêtre vers 383, et dont il semble être resté l’auxiliaire pendant une période de neuf années (2). Il apparaît dès
lors, ainsi que l’avait été avant lui Diodore, comme un chef d’école, entouré de nombreux disciples, et d’une grande autorité, bien que, selon le même Jean d’Antioche (3), il eût un jour trahi l’incorrection, d’ordinaire
voilée, de sa christologie, et que devant les protestations qui s’élevèrent, il eût été obligé de se rétracter quelques jours après (4). L’incident n’eut pas de conséquences, puisqu’en 392, à la mort de l’évêque Olympios, Théodore fut élu au siège de Mopsueste.
Mopsueste est une ville de Cilicie, située sur les bords du fleuve Sarus, aux abords de la région montagneuse du Taurus. Théodore en gouverna les fidèles jusqu’en 428. Deux ans après son élection, il se rendit à Constantinople, au synode dont l’occasion principale fut la dédicace de la magnifique église des Saints Apôtres, et qui eut à s’occuper en particulier de l'affaire d’un métropolitain de Bostra, Bagadios. Il fut invité par Théodose à prêcher devant la Cour, et l'Empereur, toujours s’il faut en croire Jean d’Antioche, se déclara plein d’admiration pour « sa science » (5).
Par la date de sa mort, Théodore dépasse assez largement les limites où s’enferme notre Histoire, et c’est seulement à partir du milieu du v® siècle que le caractère véritable de sa doctrine a été compris. Cependant la plus grande partie de son activité appartient encore
(1) Zb., IT, 2.
(2) Ibid. ; cf. supra, p. 480,.
(3) Dont le témoignage n’est pas suspect, puisqu'il fut un de ses plus fidèles disciples et un de ses plus ardents défenseurs, ,
(4) Maxsr, Conc., t. TV, 106 ; t. IX, 240,
(5) Facunpus p’Hermiane, Il, 2,
THÉODORE DE MOPSUESTE 571
au rv® siècle ; il est un de ces écrivains de transition que nous ne pouvons nous dispenser d'étudier.
La condamnation de Théodore. — Infatigable tra-
vailleur, Théodore n’a cessé d’accumuler volume sur - volume. Il est mort sans que son enseignement ait été suspecté, et en 428, il pouvait apparaître comme un des maîtres de l’exégèse, et comme un des défenseurs efficaces de l’orthodoxie contre l’arianisme, ou contre l’apollinarisme. Mais, cette année même, Nestorius, qui avait été son élève, montait sur le siège de Constantinople, et les discussions auxquelles la christologie de Nestorius donna bientôt lieu firent apparaître clairement que cette christologie était, pour l'essentiel, celle même que n’avait cessé de professer Théodore. En 431, le concile d’'Éphèse condamne et dépose Nestorius. Cyrille d'Alexandrie, qui avait été d’abord un admirateur de Théodore, s’aperçoit du lien entre la doctrine de Nestorius et celle de Théodore; il ouvre contre lui une campagne, qui, avec des péripéties diverses, se continuera jusqu’au cinquième concile œcuménique. La controverse est particulièrement violente, à partir de 543, sous la forme où elle a reçu le nom de controverse des trois chapitres. Théodore trouve dans Jean d’Antioche, dans Facundus d'Hermiane, des apologistes habiles et dévoués. Il est finalement condamné à Constantinople, en 553, et, après une assez longue résistance, le pape Vigile accorde sa sanction aux décisions du concile (1).
Cette condamnation explique la disparition presque complète, dans l’empire grec, de son œuvre dogmatique, et la mutilation de son œuvre exégétique. Pour les Nestoriens au contraire, Théodore resta l’ancêtre vénérable ‘et l’exégète par excellence (2). Une bonne part de ce
(1) Sur le détail de l'affaire, cf. le chapitre 1x du livre de l’abbé
Prror, ; (2) Sur la destinée de l’œuvre de Théodore chez les Syriens, cf. Puncxs Duvar, La Littérature syriaque, 22 éd., p. 316 et BauMsrTaRK,
Geschichte der syrischer Literatur, p. 102-104.
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du syriaque. C’est par un Syrien, Ébed- Jésu, que nou avons conservé un catalogue complet de ses écrits. Son œuvre. — Cette œuvre comprend deux grandes ê divisions : traités exégétiques ; traités dogmatiques. î Commençons par la première. Outre le Commentaire sur … … les Psaumes, dont nous avons déjà parlé, Ébed- Jésus (1): mentionne : pour l'Ancien Testament, trois tomes sur. 1: la Genèse, dédiés à Alphée ; — deux tomes sur les Douze | petits prophètes, à Mar Tyrius (ou Martyrius ?) ; — cinq tomes sur David (c'est le commentaire sur les Psaumes, déjà cité), à Cerdon et à son frère; — un tome sur Rois I et II, à Marmarianus ; — deux tomes sur Job, à Cyrille d'Alexandrie ; — un tome sur les Proverbes, à Porphyre (2) ; — quatre tomes sur les grands Prophètes 54 — pour le Nouveau Testament, un tome sur Mathieu, dédié à Julius ; — un tome sur Luc, à Eusèbe ; — un
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ÿ tome sur Jean, à Eusèbe (3); —un tome sur les Actes, à
Basile ; — un commentaire sur l'Épitre aux Romains, è Eusèbe ; — deux tomes sur les Épîtres aux Corinthiens,
à Théodore; — un, sur les Épîtres aux Galates, aux Éphésiens, aux Philippiens et aux Colossiens, à Eustratius ; — un commentaire sur les deux Épêtres aux Thessaloniciens, dédié à Jacques ; — un sur les deux Épîtres à : Timothée, à Pierre ; et un sur les Épîtres à Tite et à Phi-. lémon, à Cyrianus ; cinq t tomes sur l’Épître aux Hébreux, au même Cyrianus. | LT
Théodore avait done commenté à peu près tous les.
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(1) Ebed-Jésu, métropolitain de Saba, est mort en 1318. Sa liste se trouve dans AssemAnt, Bibliotheca Orientalis, III, I, ch. x1x. Le nombre des tomes indiqué par lui paraît correspondre aux divisions de l’édition syriaque, non reproduire des divisions provenant de. Théo-. dore lui-même.
(2) Cf. supra le nom de Porphyre, cité par Jean Chrysostome, parmi les amis de Théodore.
(3) Nous avons quelques morceaux sur Marc, mais qui peuvent | provenir de comparaisons faites dans les trois précédents traités :% un commentaire spécial sur (a n’est pas bien attesté, à
les livres dits A sauf D Ecolésiaste ns parmi les protocanoniques - même, les Paralipomènes, Esdras et Néhémie, Job et le Cantique des Cantiques ; il excluait aussi, avec l’ Apocalypse, les Épitres dites | catholiques, sauf la Ire de Pierre et la Ire de Jean. Cette te discrimination est en partie personnelle, en partie con- rie forme aux traditions de l’Église d’Antioche (1). p E. L’exégèse de Théodore. — Malgré l’état fragmentaire où elle nous est parvenue, l’œuvre exégétique de Théodore, telle que nous pouvons encore la connaître, nous permet … de pénétrer sans difficulté l’esprit de sa méthode. Nous possédons à peu près intégralement le commentaire des nu douze petits prophètes, dans le texte original. Si l’on y joint ce qui nous est resté du commentaire sur les Psaumes, et ce que nous savons du Jugement qu'il portait sur Job et sur le Cantique, on est parfaitement éclairé sur son interprétation de l’Ancien Testament. Nous pouvons . nous rendre compte, sinon aussi complètement, du moins . avec une exactitude suffisante, de ses vues sur celle des Évangiles et des Épîtres de Paul. y:
* L'école d’Antioche, on le sait, s’opposait à celle d'Alexandrie par son attachement au sens littéral, et “ une défiance, au moins relative, à l’égard du sens allé- 14 gorique. Ces deux tendances sont aussi celles qui prédominent dans l’exégèse de Théodore, mais il applique avec une rigueur qui lui est personnelle des principes 4 qu’il n’a point inventés. Son mérite est d’abord dans la … régularité d’une méthode qui consiste à faire précéder, | l'étude de chaque livre sacré d’une introduction qui détermine la date et les conditions historiques où il
(4) Cf. Prror, ch. 1v. J’exprime ici mes remerciements à mon confrère M. l’abbé Chabot et au P. Vosté, à l’obligeance desquels j'ai dû de pouvoir connaître en manuscrit la traduction que ce der-
É nier doit publier du commentaire sur le quatrième Évangile,
ere
successive, s'impose de tenir toujours compte de ces
conditions ; qui prend en considération la langue et le
a été composé ; qui, dans l’examen de chaque partie.
style particulier de l’auteur, ainsi que les caractères
généraux du vocabulaire et de la syntaxe bibliques. Pour que cette méthode, excellente en elle-même, pût donner tous ses résultats il eût fallu, il est vrai, que Théodore fût capable, quand il s’agit de l'Ancien Testament, de
remonter au texte original. Or il semble bien qu'il ait
ignoré l’hébreu ou n’en ait eu qu’une connaissance extrêèmement superficielle. Il avait au contraire une confiance absolue dans la traduction des Septante, tandis que, originaire de Syrie et connaissant sans doute l’araméen, il avait pour la version syriaque un dédain absolu et préconçu. L’auteur de cette version, disait-il, et sa date exacte sont ignorés ; comment la préférerions-nous à celle des Septante, sur l’origine de laquelle il acceptait la légende généralement reçue de son temps ? Il eût été bon, tout au moins, à défaut de la connaissance du texte hébreu, que Théodore eût la formation philologique d’un Origène ou des élèves d’Origène, et sût comparer les différentes versions grecques. Or c’est à peine si, dans sa première œuvre, le Commentaire des Psaumes, il cite parfois Aquila ou Symmaque; dans ses écrits postérieurs, presque jamais 1l ne soumet à un contrôle le texte de la Septante (1).
Parti de ces principes, très soucieux de s’éloigner le moins possible de la tradition exégétique juive et d'éviter
(1) Les textes abondent sur tous ces points ; on en trouve un choix dans le ch. 111 de M. Pirot; pour la Septante, Théodore se servait d’un exemplaire dérivant de la recension antiochienne, celle de Lucien. Pour la confiance qu’il avait en la Septante, cf. notamment le commentaire de Sophonie, I, 46.
Ces pages étaient déjà écrites, quand j'ai pu lire le second article de M. Devreesse (Revue biblique), 1€ janvier 1929, p. 35 : cf. pour le premier, ib. 1928, p. 340-66) sur le commentaire des Psaumes. Ses conclusions (p. 62) sont les suivantes : on peut reconstituer la plus grande partie de ce commentaire ; une ancienne traduction latine
goristes, Théodore ne nie pas l'existence d’un sens typique à côté d’un sens littéral. Mais il ne concède que dans un nombre de cas très restreint que le texte biblique puisse recevoir, au sens littéral, une RÉ nen messianique. Du sens Vire même il ne fait qu’un emploi très réservé. Il n’est vraiment à son aise, pour appli-
… par un texte du Nouveau Testament où l'application se trouve déjà faite. Encore admet-il sans difficulté
4 certains rapprochements qui ne sont Justifiés que par une analogie tout extérieure et n’ont guère qu'une … valeur d’édification (1). Cette prudence a pour effet que Théodore, dans son Commentaire des. Psaumes, n’en reconnaît que quatre qu’on puisse qualifier de messiaà niques au sens littéral (le second, le huitième, le qua- 4 rante-quatrième, et le cent- -neuvième). Dans la Genèse, il ne paraît avoir trouvé non plus qu’une seule prédic- “ tion directement relative au Christ : c’est le fameux » morceau XLIX, 11. Qu'on lise seulement, dans son “ commentaire de Michée, l'explication des versets non moins célèbres par lesquels commence le chapitre y (les versets 1 et 2, sur Bethléem) ; Théodore reconnaît bien sans doute, comme il le fait en maintes autres occasions, que la prophétie n’a trouvé sa réalisation parfaite que lors » de la venue du Christ ; mais il l’applique d’abord
Zorobabel. C’est le même Zorobabel et, avec lui, Ezéchias,
en a conservé l’explication du Ps. LXVI, 11, et des fragments sur XVII-XL, 13 ; on trouve dans différentes chaînes grecques des morceaux sur II, TL, V-XIII, XV-XVII, XXVI-XXX, et à peu près intégralement ce qui concerne XXXII-LXXX, 17 ; en dehors des éléments indiqués ci-dessus, il n’y en a pas d’autres qui soient certains : les fragments de Cordier sont tous dépourvus d’authenticité ; on ignore si l’ouvrage allait au delà du Ps. LXXX.
(1) Le texte le plus frappant à ce sujet dans le commentaire de l’Épitre aux Romains, ch. xtr, 12.
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léciens, que les rabbins n° épargnaient pas aux allé-
quer l’un ou l’autre au Christ, que quand il est couvert
que les Apôtres eux-mêmes ont parfois, comme le font, dit-il, couramment les prédicateurs de son temps, risqué
ire méthode historique de Théodore est assurémen léite pour plaire à la critique moderne, et ses interpré- tations sobres et rassises nous reposent des subtilités où les Allégoristes se sont trop souvent complus. C’est une constatation d’un grand intérêt que l’accueil tolérant qu’elle a reçu en plein rv° siècle, malgré la véhé- mence avec laquelle Théodore qualifie fréquemment les tenants de l’école allégorique (2), et malgré les diffi- |. cultés qu ‘elle pouvait créer à l’apologétique. C’est cerje | tainement un grand mérite, de la part des Antiochiens, joue d’avoir maintenu qu’un texte doit d’abord être éclairé à la lumière du milieu où il a été produit, et c’est ainsi que Chrysostome a procédé, lui aussi, dans ses homélies. © Mais, tout en se gardant d'oublier que Théodore, dans ses commentaires, fait œuvre scientifique goes et non œuvre pratique de prédicateur, on ne peut s’empou non plus de reconnaître combien ses écrits sont dénués de la riche substance religieuse tue le texte | aurait pu leur fournir. Quand Théodore n’a point à. donner une explication historique ou une interprétation | grammaticale, il se borne d’ordinaire à une paraphrase … À sèche et froide. Il s’attarde trop souvent à des détails À de forme ; il ne fait pas revivre pour ses lecteurs l'esprit de ÉUitars i D’autres vues de Théodore ont un assez vif intérêt pour la critique moderne, et sont en harmonie avec ce demi-rationalisme — assez extérieur d’ailleurs — qui. caractérise sa manière. Théodore a beaucoup réfléchi à la nature de l'inspiration prophétique, et il s’est appliqué, à plusieurs reprises, dans ses introductions, à en définir les formes. Mais surtout, frappé par la difiérence que présentent certains livres de la Bible par à