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ou des écrits prophétiques. Le sens historique que l’appli- Fe
- été épris de clarté, mais il n'avait pas au même degré
“ de la forme proprement dite, il n’a pas procédé à cette
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578 LA LITTÉRATURE GRECQUE CHRÉTIENNE | l'hypothèse que Salomon, ayant épousé une princesse î égyptienne et noiraude, quoique belle — nigra sum, sed formosa — avait été en butte aux railleries de ses sujets ; il défend contre eux son mariage, en célébrant
sa (1) fiancée.
Nous avons insisté sur les commentaires de l'Ancien
Testament, qui sont naturellement les plus significatifs, quand on veut juger l'exégèse de Théodore. Les commentaires des Évangiles ou des Épîtres sont plus utiles pour contrôler ou compléter ce qui a survécu de ses ouvrages | dogmatiques. Il n’est pas inutile de remarquer toutefois que, comme pour les Psaumes ou les Prophètes, Théodore a soin de mettre en tête de son étude une introduction historique. C’est ainsi que le commentaire du quatrième Évangile était précédé d’une préface où il résume, telle du moins qu’il la conçoit, la première propagation du Christianisme :; la part qu'y ont prise Pierre et Paul d’abord, mais aussi Jean, tout cela pour expliquer comment, ce dernier ayant gagné la confiance des Asiates par son séjour prolongé à Éphèse, ils lui présentèrent les trois premiers évangiles, et, comme il les approuvait, mais en les déclarant incomplets, ils lui demandèrent d’en rédiger un autre. Théodore a noté assez justement . que le caractère essentiel de cet évangile nouveau est que Jésus y démontre lui-même sa divinité, mais, tandis que Renan s’en est montré choqué (2), il met au contraire beaucoup de soin à expliquer que Jésus a pris les plus: grandes précautions pour éviter de paraître mettre sa personne en avant avec une indiscrétion dont le public pourrait se scandaliser (3). Enfin, il a considéré formellement le dernier chapitre comme une addition, consacrée * finalement par « le temps et l’habitude ».
. (1) L’ouvrage auquel on peut comparer le plus pertinemment le Cantique, dit Théodore en terminant, c’est le Banquet de Platon.
(2) « La rose qui se fait disputeuse pour prouver son parfum » ; cf. t. I, p. 148.
(3) Cf. particulièrement ch. 1x, 8. f
ER Ve 1 REV VOCE DE MOPSUESTE ce . 579 1 ME Cf
Le commentaire des Épîtres de Paul très soigné et très détaillé, peut servir très efficacement à montrer une fois de plus les mérites de l’exégèse de Théodore et ses limites. Prenons par exemple celui de l’Épître aux Romains : il abonde en remarques de détail précises et souvent justes ; il ne fait guère qu’effleurer le sens profond des questions si graves que Paul s’est posées et qu’il s’est efforcé si vigoureusement de résoudre. De même, à propos de la même Épître, les remarques (1) sur la concision et les idiotismes du style de Paul sont assez justes, sans qu’on puisse dire que Théodore ait véritablement senti l'originalité de cette éloquence si puissante. Son introduction à à l’Épiître aux Éphésiens, sans nous satisfaire, atteste cependant 4 qu’il ne s’est pas dissimulé certains des caractères parti- » culiers de cette lettre. Il en a accepté sans difficulté » l’authenticité, comme celle de l’Épttre aux Colossiens, celle des deux Épiîtres aux Thessaloniciens, des épîtres « dites pastorales, du billet à Philémon, et même de l’Épitre ‘ aux Hébreux. 1 a cru à une double captivité de Paul, … la première suivie d’une libération, la seconde couronnée … par le martyre, toutes deux sous Néron.
À L'œuvre dogmatique. — Elle à naturellement souffert » plus encore que l’œuvre exégétique. Déjà Ébed-Jésu dans son catalogue, se montre, quand il y arrive, moins * détaillé et moins précis. Il mentionne un livre sur les - Sacrements, — celui qui a pour titre : sur la Foi ; — un Biome sur le Sacerdoce ; — deux sur le Saint-Esprit ; —
» un sur l’Incarnation ; — deux contre Eunomios ; —
deux contre celui qui assure que le péché est inhérent à ÿ: notre nature (2) ; — deux contre la magie (3) ; — un aux
"w / ‘ (4) Ch. 1x, 22-4.
£. (2) Selon Photios, le titre était : contre ceux qui disent que les hommes se pèchent par nature et non par volonté, et Jérôme y était principale- ” ment visé (B. 6, cod. 177) : Marius Mercator parle de saint Augustin. L (3) Titre selon Photios (cod. 81) : sur la doctrine magique en Perse, … trois livres.
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moines ; — un sur le style obscur 1. Me un surila: per-
fection des œuvres (?) ; — cinq tomes contre les AE
sants ; — un pour la défense de saint Basile ; — un sur. celui qui revit et celui qui est revenu; (2) — enfin un recueil à
. d'Épitres, réunies sous le titre général de Livre des Perles,
et une homélie sur la Législation. Si l’on note la place ; importante que tiennent dans cette liste les écrits polé- : î miques dirigés soit contre Eunomios, soit contre les : ; Pneumatomaques (3), soit contre Apollinaire (4), ou tel k écrit apologétique comme la Défense de Basile, on séra moins surpris que Théodore ait pu être compté au nombre des plus précieux défenseurs de l’orthodoxie. Cependant L
sa doctrine christologique était certainement en désaccord ,
avec le sentiment le plus général de l’Église, dès. le. 1ve siècle même, et il ne put subsister à ce sujet aucun doute, quand, au siècle suivant, la controverse sur les deux natures eut pris tout son développement. 11 ne nous reste intégralement aucun ouvrage dogma-. tique de Théodore. Mais les délibérations des conciles nous ont conservé un certain nombre de morceaux signi-. ficatifs. Du reste la pensée essentielle de Théodore appa-. raît, même dans ses écrits exégétiques,avec une suffisante clarté (5). Ce n’est qu’en apparence qu'il peut professer. la doctrine : une seule personne et deux natures. Il revient. constamment en effet sur cette idée que celui qui est. né de la Vierge Marie ne saurait être le Verbe de Dieu, et. c’est pourquoi, il répugnait à employer le termes de) Théotocos (Mère de Dieu). Il croyait à la naissance virgi- 4
{ hi:
(1) Sans doute s’agissait-il surtout du style prophétique.
(2) On suppose avec vraisemblance que ce traité visait Apollinaire ; F4 il était peut-être identique au livre Sur Apollinaire et son hérésie que | mentionne Facundus d'Hermiane, et. qui était, dit-il, postérieur de trente ans au grand traité sur l’Incarnation (III, 6, 10).
(3) Qui ne pouvaient manquer d’être visés dans le traité sur le Sainte Esprit.
(4) Cf. note 2.
(5) Le symbole qui porte son nom n’a peut-être pas été rédigé par lui-même ; mais il représente bien sa doctrine,
chair de
ésus ne > fût qu’une apparence, et ï a formelle-
. ment le docétisme. Mais son Jésus n’était guère qu’un
homme supérieur dont l’union avec le Verbe s ete sait progressivement et ne devenait parfaite qu'avec la résurrection. Cette union ne pouvait être selon lui ni
substantielle (xat' obaiav), ni mode d’action (évéoysx). Pour la définir, Théodore empruntait à la voix divine qui
s’est fait entendre lors du baptême de Jésus : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui j'ai mis ma complaisance », ce terme de complaisance (eddoxiæ). Le Verbe s’était complu en Jésus, dont Dieu avait prévu la vertu
impeccable. Théodore en arrivait ainsi à dire qu’il y avait
deux personnes et deux natures, toutes deux parfaites, quand on se plaçait au point de vue de la distinction ; mais
il ajoutait subtilement qu’on pouvait dire qu'il n’y avait
qu’une personne, si on se plaçait au point de vue de leur
adaptation (ouvaqux).
Facundus d’Hermiane a déployé une ; grande habileté pour défendre la christologie de Théodore, en insistant d’ailleurs sur la date du traité de l’Incarnation, comme il a noté ailleurs celle du Commentaire des Psaumes. Nous
sommes aujourd’hui plutôt surpris que cette christologie … n’ait pas soulevé plus tôt des protestations violentes.
De même que Théodore a été le prédécesseur de Nesto-
rius, 1] a émis, à la fin de sa vie, des vues tout à fait ana-
logues à celles de Pélage, et, comme il avait fait en matière de christologie, il leur a donné une forme tranchante.
’école d’Antioche a toujours montré beaucoup d’attachement à la doctrine du libre arbitre, et il suffit de lire n’importe quelle série d’homélies de Chrysostome pour s’en convaincre. Mais il serait injuste de traiter le grand orateur de pélagien. Théodore ne paraît pas avoir eu assez de sarcasmes contre « le misérable inventeur du péché originel » — Saint Jérôme ou Saint Augustin ? — ét il faut, # son gré, n’avoit pas la moindre familiarité avec l’Écriture, pour avancer de pareilles inepties. C’est
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582 LA LITTÉRATURE GRECQUE CHRÉTIENNE Lo < ! È
une ineptie en effet de croire que Dieu ait créé Yhomael ê immortel, pour qu’il le restât «tout juste six heures (1) », 1 et, par la transgression du commandement preserit, transgression que Dieu n’a pu manquer de prévoir, changeât ainsi de nature. Adam a été créé mortel comme nous tous. Si du reste il avait été créé immortel, le péché | n’aurait rien pu là contre ; le diable, après sa chute, estil devenu mortel ? Dieu a créé, en prescrivant le commandement, la possibilité du bien et du mal ; la loi suprême, . c’est le libre arbitre. Il est immoral de croire que Dieu
ait pu châtier toute l’humanité future pour la faute du. premier homme. Théodore recommence, à la suite de
saint Paul et d’Irénée, mais à sa façon, le parallèle
entre Adam et le Christ ; le Christ, s’il est venu inau-
ourer une nouvelle période de l’histoire, celle de « l’état d’immortalité », comme Adam avait inauguré « l’état. de mortalité », n’est pas plus venu guérir une nature foncièrement corrompue, qu' Adam n'avait, par sa faute, produit et étendu à l’avenir cette corruption. Tout cela encore, on le voit assez, va assez loin.
La liberté d’esprit, souvent hasardeuse, dont Théodore a donc fait preuve,aussi bien dans sa doctrine du librearbitre que dans sa christologie, apparaît même parfois, | sous une forme moins grave, dans les morceaux assez rares où il traite des questions de morale. C’est ainsi qu’il a commenté dans l'esprit le plus indulgent la règle” donnée dans le 17° Épitre à Timothée, que l’évêque doit être «le mari d’une seule femme » (1) ; il entend simplement qu'il ne doit pas être bigame, et ne veut pas que les secondes noces soient proscrites.
Le caractère littéraire de l’œuvre de Théodore. — On vient de voir que l’importance du rôle joué par Théodore est: grande, dans le double domaine de la théologie et de l’exégèse. Sa valeur littéraire est médiocre. J’ai dit que l’enseignement de Libanios n'avait pas laissé sur lui de
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