H. E., VIII, 37, 31 ; IX, 6,2; VIII
(3) Pendant la quatrième année de la persécution, dit-il lui-même dans le premier canon ; les textes sont chez LacanDr, Reliquiæ ‘uris eeclesiastici antiquissimi græce.
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L'ÉGIISEND ANTIOCHE AUS IVe SIÈCLE ‘| 40
aussi pleinement divin qu'humain. Ce qu'il disait de la création du premier homme, qui a été fait tout d’une pièce et qui s’est trouvé debout, animé du souffle de vie, dès que son corps a été formé, est manifestement une protestation contre les vues d’Origène sur la préexistence des âmes, leur chute et la formation de la matière. En somme, Pierre paraît avoir été un esprit net et une volonté ferme ; il écrivait avec clarté, sans recherche d’ornements ni affectation de purisme (1).
Donner une liste exacte de ses écrits est malaisé, vu les formules imprécises qui ont servi souvent à les citer. . Les textes syriaques qu’on trouve chez Pitra indiquent un traité Sur la Résurrection ; les citations de Léonce, un ouvrage, qui avait au moins deux livres, Contre la théorie de la préexistence de l’âme et de sa chute, et un autre sur l'Incarnation ; celles du concile d’Éphèse de 431, un. traité Sur la Divinité (peut-être identique au précédent ?) ; Jean Damascène a connu une Didascalie (2). L'écrit Sur la Pâque, d’où provenait le morceau résumé plus haut était, selon toute probabilité, une Lettre pascale. Ê
Après le martyre de Pierre, le siège d'Alexandrie demeura vacant pendant un an; Achillas, successeur de Pierre, ne resta en charge que quelques mois. Alexandre, au contraire, qui remplaça Achillas (3), gouverna l’Église pendant quinze ans (313 — 17 avril 328). Il fut le digne prédécesseur d’Athanase. C’est sous son épiscopat que commença la redoutable hérésie contre laquelle celui-ci devait livrer de si rudes combats.
L'Église d’'Antioche au commencement du IV® siècle. . — Nous avons vu que, dans le dernier tiers du 1° siècle, un évêque d’Antioche, dont les manières de grand sei-
(1) 11 y a des formes vulgaires, par exemple, dans le morceau sur ‘la Pâque : ésyooav.
(2) Heer, Ein neues Fragment der Didaskalia des Mærtyrersbischofs
1 P. von Alex., dans l’Oriens christianus, 1902.
(3) Gérase DE Cyzque, Hist. concil. Nic., 2, 1. ! kB, — t. TI
gneur avaient scandalisé la chrétienté, avait aussi avancé uñe doctrine suspecte. Paul de Samosate, dont il ne nous est pas très aisé aujourd’hui de pénétrer exactement la
pensée, a toujours, du moins, été cité par les conciles postérieurs, et dans les ouvrages des héréséologues, comme un des théologiens qui ont émis, avant Arius, les vues les plus périlleuses sur la divinité du Christ (1}0UR prêtre d’Antioche, Lucien, apparaît un peu plus tard en relation beaucoup plus directe avec les origines de l’arianisme. |
. Lucien. — Lucien (2) était, selon Suidas, originaire de Samosate, comme son homonyme, l’écrivain profane, et comme Paul. Né d’une bonne famille, il avait étudié l'Écriture à Édesse, à l’école d’un prêtre du nom de Macaire. Il avait d’abord mené une vie ascétique ; puis, après avoir reçu la prêtrise, il avait fondé à Antioche une école, cette école exégétique qui devait s'opposer si nettement à celle d'Alexandrie, en préférant le sens littéral à l'interprétation allégorique, ou tout au moins en n’immolant pas l’un à l’autre, et dont l'influence, en ce qu’elle a eu de bienfaisant, nous apparaît surtout dans les admirables homélies de Chrysostome. Il apprit l'hébreu, et il devint un des maîtres de la philologie sacrée. Il se proposait, dit encore Suidas, d’établir le meilleur texte possible de l’Écriture, en l’expurgeant de toute inexactitude, afin que les apologistes chrétiens ne prètassent pas trop facilement le flanc à la polémique de leurs adversaires païens. Le texte du Nouveau Testament qu'il avait constitué est devenu celui qui a prédominé à Constantinople, et a passé, après la découverte de . l'imprimerie, dans nos plus anciennes éditions ; il est.
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(2) Il n’y a pas de bonne monographie d'ensemble sur Lucien ; il. faut se reporter aux histoires générales ou aux encyclopédies. Pour les fragments qui subsistent de ses Lettres et de ses autres écrits, N cf. Rouru, Reliquiæ sacræ? IV, et Harnnacx, G. A. L:,.1?, 526 : | 112,138. 1
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Le renom Fi Lucien, comme e philologue et exégète, est TA |
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Pin même qu il a surpassé tous ses ‘contemporains par Le la pureté de ses dogmes. | #3 # Voici l’autre son de cloche : le ons advérsaire
du conflit, après avoir rattaché la doctrine nouvelle qu'i dénonçait à celles d’'Ébion, d’Artémon et de Paul, 1 & rattachait aussi à Penser de Lucien et dos
LME ADR de longues années » (2). Il ressort toutefois de ce texte même que, si Lucien avait été excom-. munié pendant un certain temps, il était ensuite rentré. . dans l’Église. Il est mort martyr, en 312, à Nicomédie, | pendant que Maximin y résidait, et unelégende se forma ‘autour de son souvenir (3). On racontait que son cadavre, qui avait été jeté à la mer, avec une grosse pierre au cou, ÿ
était remonté miraculeusement à la surface et. qu’ un. HE os l’avait rapporté à la côte, dans le voisinage de # Nicomédie. La mère de l’empereur Constantin, sainte d Hélène, qui avait pour le martyr Lucien une extrême dévotion, fonda sur l’emplacement une ville à laquelle elle donna son propre nom : Hélénopolis.
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(2) Lettre d’ Alexandre, dans Taéonorer, H. E., I, 4, 36. ue
(3) Voir les textes relatifs au martyre de Ducien dans l’édition de : Prirosronce de M. Binez, t. XXI des Griechische chrisiliche Schriftsteller, Leipzig, 1913. Les Actes ne se sont conservés que dans le remaniement de Syvméon Mérapnraste ; voir, à leur sujet, l'étude de P. Barriroz, La passion de saint Ebcioh d’Antioche, dans le Ms k rendu du Congrès scientifique international des catholiques, Paris, 1891 (Sciences religieuses, p. 181).
Il ne nous reste de Lucien que quelques fragments. Sozomène (H. E., I, 5 ; VI, 12) lui attribue le symbole adopté par le concile d’Antioche de 341. Ce symbole comporte quatre formules : la seconde, dans la Bibliothèque des Symboles de Hahn, est celle que vise Sozomène ; elle n’est pas nettement arienne, mais elle ne contient ni l’homoousios ni rien d’exactement équiva-
Jent. Il est très difficile de dire aujourd’hui quelle peut
être la part qui reviént à Lucien dans les termes employés (1).
Eusèbe, en racontant le martyre de Lucien, nous dit seulement que, devant le juge, il avait présenté sa défense (2). Rufin, dans sa traduction de l'Histoire ecclésiastique, insère le texte d’une longue harangue qu'il aurait prononcée en réponse à une question de Maximin ; l’idée générale qui l’inspire est familière aux apo-
logistes : on ne peut tenir la connaissance de Dieu que de Dieu lui-même. Les morceaux les plus intéressants sont relatifs à l’incarnation et à la nature du Verbe ; aux faux Actes de Pilate ; au témoignage que rendent en faveur des Épangiles les lieux mêmes (le Golgotha). Malheureusement, on ne peut avoir qu'une confiance médiocre dans l’authenticité d’un discours qu'Eusèbe n’a pas connu ; même en admettant qu’une tradition orale se fût conservée sur l’Apologie de Lucien, il est évident
” que le texte donné par Rufin a été reconstitué par lui ou par l’auteur dont il dépend.
Il est naturel que l'embarras ait été grand pour juger un homme dont tout le monde admirait la science, et qui était mort héroïquement pour le Christ, mais dont la doctrine était au moins suspecte. Les Ariens ont fait de Lucien un saint ; on ne saurait être surpris qu’'Eusèbe
(1) Voir la formule chez Haun, 3° éd., $ 153, où elle est donnée d’après Socrate. Pour avoir une idée des hésitations de la critique, cf. G. Barpy, dans Recherches de Science religieuse, 1912 ; et Loors dans les Sitzungsberichte de l’Académie de Berlin, 1915.
(2) Eusèee, IX, 6, 3.
avenir one ads comme prouve de panêg # > IN rique que Chrysostome lui a consacré en 387, le j jour. son anniversaire, le 7 janvier (2), LE REU
Dorothée. - — Vers le même temps que Lucien, vivait Antioche un autre exégète qu ‘Eusèbe a entendu ; c ét Die prêtre Dorothée. Tout ce que nous savons de Fe t . dans quelques lignes de l’Histaire Se.
D ‘était, nous dit l'historien, Pie pe choses us et qui avait bien appris l'hébreu ; ; ilav
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ce Mie Tyr, qu Ve: des ue des apôtres, des soixante dix disciples (4) ; mais il ne semble pas qu’il eût écr ou au moins qu'aucun ouvrage de lui ait survécu.
DL (1) Eusère; 20. et VIII, 15, 2.
% RU) Pr GG; +1.
… (3) VII, 32,2 et 3; j’omets un détail Fe assez curiet ; Dper lequel Eusèbe termine.
Bu: (4) CE Ts. Hi Re TIRANT SS Leipzig, 1917;
pars sé =
en ns
ographie : : — Sur les origines de l’Arianisme : Ducnesne, Hisire de l'Église, t. II, ch. 1v. — Junpr, article Arianisme, dans Encyclopédie des Sciences religieuses de LicHTENBERGER. — GWATKIN, Studies in Arianism, Cambridge, 1892. — SNELLMANN, Her Anjfang des arianischen Streites, Helsingfors, 1904. — RocazA, e Anfaenge des arianischen Streites (Forschungen zur chrisilichen leratur und Dogmengeschichte, 7), Paderborn, 1907. — E. ScHWARTZ dans les Nachrichten de l’Académie de Gœættingen, 1905. — Vane d Le dogme de Nicée, Paris, 1926. | Ep voir “re les indications données à propos de chacun des
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ë F anime à : Arius. — Arius était bbyen d’ origine. ee : CU devint LE à Alexandrie et fut chargé de l'adminis- 4
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poles, lévéaue administrait encore directement toute la communauté, dans la capitale égyptienne, il y avait des églises locales, qui jouissaient d’une. certaine indépen- .
dance (1). Arius, commence par se compromettre dede de
(4) L’affaire de Colluthus,* au début de l’épiscopat diAlerandies est Aa E caractéristique. Ce Colluthus s’arrogea le pouvoir d’ordination et fit des prêtres et des diacres sans l'intervention de son chef.
# (2) Évêque de Lycopolis, qu’il ne faut pas confondre avec le Mélèce d’Antioche. Le schisme avait eu pour origine la question des lapsi ; | Mélèce était un rigoriste, et l’évêque Pierre tenait plus de ape de lopportunité.