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Et
les Apollinaristes (1). Si ces fragments ont un intérêt assez
grand pour les théologiens, ils n’en ont qu’un médiocre pour l’historien de la littérature (2). Il nous reste (3) en entier un certain nombre d’homélies qui lui sont attribuées. Parmi celles qu’a publiées Combefis, il faut mettre à part celles que Holl a défendues, c’est-à-dire une sur la Nativité, une sur la Présentation au temple, une sur la résurrection de Lazare, une sur la pécheresse de Luc (VII, 36); une sur le samedi saint. Si l’on compare ces homélies à la leitre synodique, qui est ce que nous possédons de plus sûrement garanti sous le nom d’Amphiloque
et dont le ton est sobre, la quatrième, la plus longue, |
celle sur la pécheresse, ne saurait éveiller beaucoup de soupçon. Les quatre autres, beaucoup plus courtes, sont aussi d’une rhétorique beaucoup plus exaltée (4). Il est vrai qu’elles ont des thèmes assez différents, du moins
(1) Voici quelques exemples des sujets indiqués : sur le Fils ; sur la naissance selon la chair; sur Proverbes, VIII, 22 ; sur Marc, XIII, 32; sur Jean, V, 24 ; sur Jean, XNI, 17 ; sur Jean, XX, 17.
(2) Voir à leur sujet Hozz, p. 43 et p. 91 et suiv., la liste des écrits d’où ils proviennent.
(3) Pour les autres, cf. Hozr, p. 58-59.
(4) Titzemonr a déjà fait une remarque analogue, mêlée à d’autres
‘qui sont moins justes. Hozr écarte peut-être un peu vite ces argu-
ments « esthétiques ». Il me semble aussi qu’il a un peu surfait la manière dont Amphiloque commente les textes sacrés (p. 262), et je suis très peu porté à penser avec lui qu’elle ait pu avoir une influence
sur Chrysostome. — Il faut reconnaître, d’autre part, que la tradi-
tion manuscrite paraît favorable à l’authenticité des homélies sur lesquelles je fais des réserves (Hozz, p. 631); Derenaye (Analectu Bollaridiana, 1905, p. 144), a émis des doutes sur Phomélie pour la
Mesopentecosté..
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les trois qui célèbrent trois grandes fêtes. Il est vrai aussi qu'Amphiloque avait été élève de Libanios et que, si, dans l’homélie sur la Pécheresse, il y a moins d’exclamations et de figures violentes, on y retrouve un usage de la prosopopée ou du dialogue qui semble avoir été sa caractéristique (1). Je n’ose pas cependant adhérer avec une sécurité parfaite à l’apologie que Holl a présentée de ces quatre discours. Il faut joindre aux homélies que nous venons de citer celle que Matthæi a publiée pour la première fois (2), sur la fête du Milieu de la Pentecôte, qui ne me paraît pas particulièrement suspecte, et celle qu’a fait connaître Holl (3), qui n’est pas faite pour rehausser notre opinion sur l’éloquence d’Amphiloque.
Les Épitres. Le Amphiloque avait, comme tous les Pères du 1v® siècle, composé des Épîtres. La lettre synodale déjà mentionnée est un document officiel, écrit, comme je l'ai dit, avec une simplicité grave : elle commence par un éloge de Basile « le très admirable évêque qu’on ne peut nommer qu’avec une entière vénération » et que la maladie a empêché d’assister au synode. Mais, faisant allusion au Traité du Saint-Esprit que l’évêque de Césarée lui avait dédié l’année précédente, Amphiloque déclare ausitôt qu'il va s’en inspirer, en sorte qu’on pourra croire que Basile parle en même temps que lui et ses confrères. En effet les déclarations qui.suivent sont tout à fait empreintes de l'esprit cappadocien. Les Pères de Nicée, dit le Synode, n’ont pas eu l’occasion de s’exprimer en détail sur le Saint-Esprit, mais ils en ont dit assez pour ceux qui savent comprendre. Leur règle était la formule du
(1) CF. Hozr, p. 65, et Ficxer, p. 159. 1e:
(2) Avec les homélies de GRÉGoOIRE DE THESSALONIQUE (Moscou, 1776) ; cette homélie figure aussi parmi les apocryphes de Carysos- TOME (P. G., LXI). |
(3) P. 91. Hozz l’identifie avec l’homélie : etc vo: ndtep, ei duvarév, napehëte &n’ Euod Tù rorépiov todro, citée par THéoporér, Dial. III. Elle contient une longue prosopopée du Sauveur, où (p. 98-102) ‘est exposée bien crûment l’idée que son angoisse n’est qu'apparente et a pour objet de duper le diable. ‘
AMPHILOCHIOS D'ICONIUM 619
baptême, telle que la donne Mathieu, et cette simple. formule condamne, avec Sabellius et les Anoméens, les Pneumatomaques.
Amphiloque recommandait particulièrement, en termi-
nant, d'associer sans aucune réserve l'Esprit au Père et au Fils dans les doxologies.
La lettre à Séleucos (1) est une lettre privée, mais qui traite de matières dogmatiques. Les fragments conservés contiennent notamment une interprétation intéressante de l’homoousios (2), et des précisions au sujet des deux natures, qui ont donné de l'inquiétude à certains sur l’authenticité (3). C'était aussi une épître dogmatique, que la Lettre à Pancharios, diacre de Sidé.
La polémique contre les hérésies. — Ficker a publié, d’après un manuscrit de l’Escurial, un fragment anonyme assez long d’un traité contre des hérétiques qui sont désignés sous le nom d’Apotactites ou d’Encratites. Il semble bien, que, comme Ficker l’a compris, Iconium y soit désignée par l’expression de notre ville, et dès lors, il est bien vraisemblable que l’auteur est Amphiloque (4). Il s’agit de sectaires moins répréhensibles par des opinions dogmatiques que par des pratiques : condamnation du mariage, abstinence du vin, des œufs, de la chair des animaux ; ces abstinences avaient pour corollaire qu’ils ne communiaient que sous la forme du pain, et se refusaient à participer « au sang du Christ ». Ils s’appelaient aussi
{1} Séleucos était le petit-fils d’un grand personnage, Trajan, et le neveu d’Olympias, qui avait été élevée par Théodosie, une sœur d’Amphiloque.
(2) Où Amphiloque emploie dans la définition des personnes par rapport à l'essence le terme de : manière d'existence (rpôros Ündpkews qu’il a popularisé, sinon créé (Hozr, p. 240 et suiv.).
(3) Cf. Sarrer, loc. cit., et la réplique de Cavazrrera (loc. cit.) ; il semble que la lettre dans l’ensemble soit authentique.
(4) I1 me semble — contre le sentiment de Ficxer — que le traité ne devait pas être très long, et qu’il ne nous manque guère que l’introduction et la conclusion. Ficxer en place la composition entre 373 et 381.
Gemellites, et l’auteur du traité veut les rattacher à un Gemellos, que les Actes de Pierre mettent parmi les dis-
ciples de Simon le Magicien. Il les réfute par l'exemple des
patriarches, par celui du christianisme, et, voyant dans leur hérésie une inspiration du démon, il les conjure de cesser « de combattre contre Dieu », de « vouloir corriger Dieu ».
Les iambes à Séleucos. — Ho poème de 333 trimètres tambiques figure aussi parmi ceux de Grégoire de Nazianze, mais beaucoup de manuscrits l’attribuent à Amphiloque ; les relations qu’atteste entre celui-ci et Séleucos la Lettre que nous avons citée inclinent à le préférer à Grégoire, et ce qui confirme ce sentiment, c’est que la liste des livres sacrés qui se trouve à la fin ne concorde pas avec celle que Grégoire a donnée dans un autre poème.
Dans une langue facile, un peu terne, l’auteur fait
entendre à Séleucos de sages conseils. Dans un esprit assez large, il l'invite à rechercher une instruction classique, étendue, à lire les livres des poètes, les écrits des histo-
riens, des philosophes et des rhéteurs, en y choisissant ce qui est utile pour les mœurs, et en rejetant les fables. Qu'il fuie au contraire les théâtres et les arènes, contre lesquels Amphiloque s’emporte avec plus de verve qu’il n’en montre dans ce qui précède et ce qui suit. Après avoir recommandé à son disciple de prendre la voie moyenne entre Sabellius et Arius — définition de l’orthodoxie qui est conforme à maintes déclarations de Basile ou de Grégoire — il revient à l’utilisation de la culture grecque, en employant l’exemple de Moïse, qui s’est approprié la sagesse des Égyptiens. La foi sera la mattresse et l'instruction classique la servante. La liste des livres sacrés, qui commence au vers 251, a, si l’on ne considère que la difficulté vaincue, tout au moins un mérite : Amphiloque a réussi à la mener jusqu’au bout sans se départir du mètre qu'il avait choisi, tandis que Grégoire dû mêler des mètres divers.
Si la versification est par conséquent assez adroite, la
ia. 2:
ES 1e