‹ Histoire de la littérature grecque chrétienneChapitre 180 sur 200 · APOLLINAIRE LE JEUNE · texte numérisé non relu

APOLLINAIRE LE JEUNE

comme RL ;il se FOUR à Alexandrie, sous la direction d’Aèce, fut ordonné diacre par Eudoxe d’An- | tioche, et devint évêque de Re en 360, mais dut … bientôt renoncer à ses fonctions. Il s’ établit à Chalcédoine, dans une propriété qui lui appartenait, et il a participé en 383 au concile de Constantinople. Théodose l’a banni quelque temps après. Il se retira en Mésie, à Halmyris ; puis en Cappadoce, d’abord à Césarée, ensuite à Dakora, localité voisine où il avait aussi un bien. On peut croire qu’il a vécu jusqu’à 394 au moins. | Son principal ouvrage était son Apologie, qui fut suivie, après l’attaque de Basile, d’une Apologie de l’Apologie. - Nous en avons parlé avec assez de détail, dans nos cha- - pitres sur Basile et sur Grégoire de Nysse (2), pour être dispensés d’y revenir. Nous avons parlé de son Exposition … de la Foi, et nous avons défini sa doctrine et sa manière. Ajoutons seulement que, parmi ses autres écrits, qui sont perdus, figuraient un Commentaire sur l'Épitre aux Romains en sept livres (3) et un recueil de Lettres, fort estimées de Philostorge (4).

A Apollinaire de Laodicée. — Quand les discussions … soulevées par l’arianisme, sans s’apaiser encore, commencèrent à perdre leur intérêt de nouveauté, un problème nouveau s’offrit à la curiosité des théologiens ; ce fut - celui de l’union des deux natures, divine et humaine, + dans la personne du Christ. Il ne devait être résolu qu’au ve siècle. Dans la seconde moitié du 1v®, l’ancien docé- tisme, dont les Gnostiques avaient abusé, était passé de . mode, quoiqu'il eût quelques survivances. Tous ceux

(1) Purrosrorcs, loc. cit, (2) C£ p. 279 et 411.

(3) Socrare, H. E., IV, 7, 1.

(4) Æ. E., X, 6 ; cf. le jugement de Paortos, Biblioth. codex 138, * selon qui le recueil contenait environ quarante lettres. Voir aussi, sur l’ensemble de l’œuvre d'Eunome, Azserz, dans le livre cité supra, p. 53 et suiv,

dont la doctrine dérivait plus ou moins directement de celle d’Athanase étaient trop convaincus que le salut de l'humanité — sa divinisation — n'avait pu s’opérer . que par l’incarnation du Verbe, pour réduire cette incarnation à une apparence. Mais il n’était pas aisé d'expliquer l'union du Verbe avec l’homme Jésus, qui était tout autre chose — c’est encore un point sur lequel on était généralement d'accord — que son action sur l’âme d’un prophète. Comme l’a dit Mgr Duchesne, «ces choses, s’il est possible d’en parler en langue religieuse, sont difficiles à exprimer en style philosophique (1) ». Deux tendances se firent jour, qui toutes deux eurent leurs périls : l’une fut représentée par Diodore de Tarse, et l’autre par Apollinaire de Laodicée, et ce fut principalement à Antioche que ces deux dovreus firent connaître leurs thèses.

Biographie. —Le père d’Apollinaire — qui portait le même nom que son fils — était un grammairien d’Alexandrie qui alla chercher fortune en Syrie. Il enseigna d’abord à Béryte, puis remontant vers le Nord, dans la direction d’Antioche, s’arrêta à Laodicée, où il se maria ; 1] était chrétien et devint prêtre. Son fils, formé à bonne école, et. qui, au savoir que lui transmit son père, joignit un talent plus personnel, se fit rhéteur, et fut, ainsi que son père, l’ami dévoué d’un sophiste illustre, un de ceux qu’Eunape a célébrés (2), Épiphane. Les deux Apollinaire, selon Socrate, étaient au nombre de ces admirateurs zélés dont un rhéteur célèbre ne pouvait se passer et qui formaient ce que nous appellerions « sa claque ». Ils fournirent ainsi à l’évêque de la ville, Théodote, qui avait été un Arien de la première heure, l’occasion de frapper deux partisans d’Athanase (3). Épiphane récita un jour, dans une des séances qu’il donnait, un hymne de sa composition en.

(1) Hist. anc. de l'Église, II, p. 596.

(2) Vie va Sophistes.

pe IE IT, 46, (ouvexpétouv aùrév). Épiphane mourut jeune, L fut uu . rivaux de Prohæresios,

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