‹ Histoire de la littérature grecque chrétienneChapitre 182 sur 200 · ATEET / APOLLINAIRE DE LAODICÉE · texte numérisé non relu

ATEET / APOLLINAIRE DE LAODICÉE

Un morceau intitulé Récapitulation (1), — bien que * la forme, condensée en série de brefs syllogismes, ne soit peut-être pas primitive — donnera cependant une idée de la dialectique qu’Apollinaire aimait à employer. En voici le début : « Quand Dieu agit (2) en un homme, on a un apôtre ou un prophète, non le sauveur du monde. Or le Christ est le sauveur du monde ; le Christ n’est donc point issu de l’action de Dieu en un homme. — Tout homme est une partie du monde et aucune partie du monde ne peut enlever le péché du monde, auquel l’homme luimême est soumis. Or le Christ l’enlève ; le Christ n’est donc pas un homme. — Tout homme est soumis à la mort, et personne, s’il est soumis à la mort, ne peut anéantir la mort. Or le Christ l’anéantit. Le Christ n’est donc pas un homme ».

Écrits exégétiques. — Ils étaient, dit saint Jérôme, « innombrables (3) ». Le même Jérôme mentionne en particulier, des commentaires sur l’Ecclésiaste (4), Isaïe (5), Osée (6), Malachie (7), L'Évangile de Mathieu (8), la Ire Épître aux Corinthiens (9), l’'Épître aux Galates (10), l'Épiître aux Éphésiens (11). Tout en les utilisant, Jérôme les juge assez superficiels (12). Ce n’est pas seulement parce qu’Apollinaire pratiquait une exégèse assez raisonnable et n’abusait pas des allégories forcées. C’est, dit expressément Jérôme, parce qu’il passe rapidement

(1) P. 242 et suiv. LIETZMANN.

(2) Par inspiration.

(8) De Viris, 104.

(4) Com. in Eccl. ad IV, 13.

(5) Com. in Isaiam, prolog.

(6) Com. in Hos., prolog.

(7) Com. in Mal. prol.

(8) Com. in Matth. prolog.

(9) Ép. XLIX, 3.

(10) Com. in Gal. prolog.

(11) Com. in Gal. prolog.

(12) Com. in Is. prolog. — Un mérite d’Apollinaire, selon Philostorge, est qu’il savait l’hébreu (H, E., VIII 11).

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634 LA LITTÉRATURE GRECQUE CHRÉTIENNE F+ L sur tout. et semble moins écrire des commentaires qu’une table des chapitres (1) ».

Écrits apologétiques et polémiques. — La grande réputation qu'avait atteinte Apollinaire, avant que sa doctrine . sur l’incarnation l’eût irrémédiablement compromis, était due surtout à cette catégorie d’écrits. Saint Jérôme nous a fait connaître partiellement son grand ouvrage contre Por- phyre, quicomptait trente livres ;il nous apprend que dans Een le singt-sirième, Apollinaire discutait le deuxième et le troi- __ sième livres de celui de Porphyre contre les Chrétiens,

livres consacrés à la critique de Daniel, que Porphyre

avait reconnu comme un exemple de ce que nous

appelons les pseudépigraphes ; il y traitait aussi des

appendices de Daniel (Suzanne — Bel et le Dragon). C’est

ù sans doute par la même occasion qu’Apollinaire, en

! donnant son interprétation des semaines d’années, fut

amené à exposer les raisons pour lesquelles il avait adopté

le millénarisme, auquel il fit retour, en un temps où cette doctrine était assez démodée.

Le second écrit apologétique d’Apollinaire, plus célèbre ne encore peut-être, était intitulé Pour la périté. C'était, dit È Sozomène (2), une défense du christianisme, adressée à | fe Julien, « ou aux philosophes grecs ». Le même historien HER raconte ensuite l’anecdote célèbre, — dont la tradition sa comporte certaines variantes — selon laquelle Julien, & après avoir lu ce livre, aurait prononcé cette sentence, : inspirée du Veni, vidi, vici de César : « J’ai lu, j’ai compris,

j'ai condamné (3) » ; à quoi, du côté des chrétiens, il aurait été fait cette réponse : « Tu as lu, mais tu n’as pas compris ; car, si tu avait compris, tu n’aurais pas condamné ».

Les poèmes. — Mais ce qui, avec son hérésie, a contribué le plus à la réputation d’Apollinaire chez les anciens et

(1) Sur l’idée que nous donnent de cette exégèse les fragments connus par les Chaînes., cf. le livre de Voisin.

(2) Voir les textes dans Lisrzmann, p. 265-7.

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