‹ Histoire de la littérature grecque chrétienneChapitre 21 sur 200 · ALEXANDRE D'ALÉXANDRIE · texte numérisé non relu

ALEXANDRE D'ALÉXANDRIE

port chronolôgique entre l’une et l’autre est assez délicat à établir. Je suis, pour ma part, disposé à considérer comme la plus ancienne la plus courte, celle qui vient en second lieu dans la Patrologie de Migne, et qui nous a été > conservée par Socrate (I, 6) (1). Évoquant d’abord l’unité de l’Église, dont le corps tout entier souffre quand un de ses membres est atteint, Alexandre obéit au devoir de faire connaître à ses collègues le mal dont souffre Alexan- drie. « Dans notre Église donc (2), voici que se sont manifestés des impies, des adversaires du Christ, qui enseignent une apostasie et que l’on peut considérer à bon droit > comme un prodrome de l’Antéchrist. » Il aurait préféré : garder le silence, mais Eusèbe de Nicomédie a pris la défense d’Arius,et l’appui qu’il lui donne oblige Alexandre à exposer exactement les faits à ses collègues, pour qu’'Eusèbe ne le prévienne pas en les altérant. Il donne ensuite les noms des apostats, six prêtres (3), dont Arius, sept diacres, deux évêques. Il expose leur doctrine, selon laquelle cl fut un temps où le Verbe n’était pas ; le Verbe “ est une créature (rotua) ; il n’est pas le vrai Verbe ; il “ n'existe pas par nature ; il est capable de changement ; * GCtranger à la substance du Père, « séparé d’elle comme par une corde » ; il ne connaît pas parfaitement le Père. Scandalisé par ces blasphèmes, quelqu’un leur a demandé s’il pouvait changer comme a changé le Diable ; ils ont répondu affirmativement. Alexandre réfute alors cette doctrine, qui contredit celle de l'Évangile de saint Jean. I raconte qu’il a souvent montré leurs erreurs à Arius et à ses partisans, mais qu'ils ont fait «les caméléons ». Il en éprouve plus de peine que de surprise ; car l’hérésie est aussi vieille que l’Église, et Paul connut déjà des

(1) Rogala, suivi par Bardenhewer, soutient l'opinion contraire. Le texte est donné aussi par GÉLASE DE Cvzique, Il, 3.

(2) Alexandre se sert du terme de raootkla. Cette phrase est celle qui ine donne l’impression que nous avons ici la première communication faite par Alexandre à ses frères.

(8) Selon Gélase ; la mention de leur dignité manque chez Socrate.

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Dre de la Marat ; À cette lettre se rattache un morceau intitulé Déposition d’Arius et des siens (1). Alexandre s’adresse au de clergé d'Alexandrie et à celui de la Maréotide, réuni à ; l'effet de donner son assentiment aux mesures qu'il a (2). pe La lettre la plus ie (3) commence par des consiion sur les dangers que les grandes Églises courent | plus gravement que les petites ; l'ambition, la cupidité | ii? y déchaînent. Empêchez donc que ceux qui ont suscité |

des troubles ailleurs ne prennent aussi pied chez vous.

Tels Arius et Achillas, qui sont pires que n’a été Collu- thus (4), et qui ont formé récemment une conjuration.

Ils mettent le Christ d'égalité avec les autres créatures (5). Ils parlent comme des Hellènes ou des Juifs. Lentement éclairés, nous les avons chassés. Ils cherchent maintenant leur appui auprès d’autres évêques qu'ils dupent et flattent. Ils disent « qu’il y eut un temps où le Fils de Dieu n’était pas, et que celui qui n’était pas d’ abord est né ensuite, né quand ïil est né, comme est né tout.

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A (1) Cf. Souwanrz, Nachrichten de Gættingen, 1904, et RoGara, . p. 29 et suiv. : | (2) Hexiste, en outre, des fragments en syriaque publiés par P, Mau TIN, dans DIR, Analecta, IV, p. 196 ; selon Roca, p. 19 et suiv. Fa ce seraient des extraits du +6:0ç mentionné par Alexandre à la fin de la 172 lettre, et ce tops lui-même ne serait qu’un autre exemplaire de l’encyclique, adressé, celui-là, à Mélitios (Mélèce) de Lycopolis. (3) Le début, tout en indiquant que les troubles sont récents, ressemble moins que celui de l’autre lettre à une première annonce. (4) 1 s’agit du Corruraus schismatique dont nous avons parlé; Rogala lui attribue, avant sa brouille avec Alexandre, un rôle de premier rang dans la condamnation d’Arius. a (5) C’est une exagération : cf, la Lettre d’Arius à Eusèbe, supra.

& tar pas. n di par nature tes de ho ÿ ii peut admettre la vertu comme le vice ; nous pourrions, nous aussi, disent ces scélérats, dédie nous- némes Dieu comme lui. Dieu l’a choisi, entre tous, parce qu “ht a prévu qu'il resterait parfait, par la pratique et l'exercice de la vertu. Alexandre réfute alors Arius, avec des textes scripturaires, en montrant que sa doctrine ruine la foi au Père comme la foi au Fils-et en la rattachant à ‘celles d’ Ébion, d’'Artémas, de Paul dé Samosate et de. so Lucien. Il parle des évêques qui le soutiennent, des

attaques qu’il dirige contre lui, Alexandre, et contre les : fidèles d'Alexandrie, de son orgueil satanique. Arius prétend que nous enseignons deux inengendrés. Cette accusa-

tion est fausse, et, pour le prouver, Alexandre expose sa propre foi, en condamnant la doctrine de Sabellius ELA celle de Valentin. Il se déclare prêt à mourir pour cette | -foi et reproduit les anathèmes de- V'Épître aux Galates contre ceux qui enseigneraient autrement que le Christ. Les deux lettres d'Alexandre sont écrites sans recherche, avec clarté, avec une passion qui est surtout violente

dans la seconde. Ce ne sont pas des œuvres littéraires ; ‘es ce sont des actes (2). Elles ne représentent qu’une faible partie de la correspondance qu’il entretint au cours du débat, même si l’on y ajoute celles que nous avons pér- Le dues, mais dont il a subsisté une mention, par exemple celle au pape Silvestre (3) ; celle à l’empereur Constantin (4) ; celle à Aiglon, évêque de Cynopolis, dontilreste même deux fragments (D). Les Encycliques d'Alexandre

(1) On ne peut dire que cela soit faux, mais la pensée d’Arius a d’autres aspects encore, que révèle sa lettre à Eusèbe. À (2) Il nous est impossible de savoir si Athanase, comme quelques à modernes l’ont pensé, a eu une part quelconque dans la rédaction 4 et Pinspiration de ces lettres.

4 (3) Hizarme, Fragm. ex Ap. hist., 5, 4.

h. (4) Éripnane, Hær., 69, 9.

4 (5) Cités par Maxime Le Conresseur, P. G., 91 (277, 280); le Le

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