‹ Histoire de la littérature grecque chrétienneChapitre 23 sur 200 · SAINT ATHANASE. SES ŒUVRES · texte numérisé non relu

SAINT ATHANASE. SES ŒUVRES

parvenu à l'empire, s’empressa, pour des motifs assez complexes, d'autoriser le retour de ceux que son prédécesseur avait bannis. Le 21 février 362, Athanase reparut à Alexandrie, y tint peu après un concile, et il y rétablissait l’ordre, avec un plein succès, quand Julien, dont il ne réalisait pas précisément le souhait, le bannit à son tour, pendant l’automne de la même année. En octobre, il se retira de nouveau dans la Thébaïde, jusqu’à la mort de l’empereur (26 juin 363). Dès le 5 septembre, il avait repris possession de son siège, et trouvait sans peine auprès de Jovien une faveur à laquelle il n’était plus habitué depuis longtemps. Mais le règne de Jovien fut très court. Avec Valens, les mauvais jours de Constance recommencèrent. Dès 365, le nouvel empereur prononça le bannissement contre tous ceux que Constance avait jadis chassés. Athanase reprit le chemin de lexil, le 5 octobre ; c'était la cinquième fois. Mais le peuple d'Alexandrie, lui aussi, se fâcha encore. Valens eut des inquiétudes. Rappelé en février 366, Athanase put administrer en paix, Jusqu'à sa mort, qui arriva le 2 mai 373, l'Église à laquelle il avait montré le dévouement le plus fidèle, et qui ne lui avait pas été moins attachée. L'œuvre d’Athanase. — Le grand homme d'action dont nous venons de résumer (1) la vie, l’infatigable lutteur qui n’a jamais faibli dans son intrépide défense de l’orthodoxie, a trouvé le moyen de laisser à la postérité une œuvre littéraire considérable ; il est vrai que ses longs exils lui ont, à plusieurs reprises, accordé des loisirs qu’il ne souhaitait pas. Cette œuvre se compose, pour une part, de traités dogmatiques ; pour une autre, d’homélies ou de lettres, issues de l’exercice de ses fonctions épiscopales ; et, pour une troisième, la plus considérable, d’écrits de circonstance, provoqués par les événements auxquels Athanase a été mêlé, et presque tous de nature

(1) Très brièvement, parce que l’examen des œuvres nous amènera nécessairement à revenir avec plus de détail sur la biographie.

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cn … apologétique ou polémique. Comme nous serons toujours obligés de le répéter, à propos de chacun des Pères du

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iv® siècle, un grand nombre d'ouvrages apocryphes se sont glissés, à diverses époques, à côté de ceux qui ne

peuvent soulever aucun soupçon ; le jugement hésite

à propos decertains autres ; un examen approfondi de la tradition manuscrite, d’où pourrait sortir une édition qui remplacerait l'édition bénédictine, d’ailleurs méritoire, pourrait fournir à la critique d’utiles données.

Les deux livres contre les païens. —, Nous commencerons notre étude par un traité qui a un caractère plus général que les autres et que Jérôme, dans son De Viris (1), intitule : Deux livres contre les Gentils. Un manuscrit donne un titre spécial à chacune des deux parties : à la première, celui de Discours contre les Grecs ; à la seconde, celui de Discours sur l’incarnation du Verbe. On y voit généralement une œuvre de jeunesse d’Athanase, antérieure à son épiscopat; on se fonde sur des vraisemblances, en alléguant le caractère très général de cette

Apologie et l’absence de toute allusion à la controverse

arienne (2). Elle se donne pour adressée à une personne qui n’est désignée que par des termes assez vagues ; en réalité, elle a été écrite pour le public.

Le premier livre se rattache assez directement à la

manière de Tatien ou de Théophile ; mais la méthode Y—

est plus régulière, l’argumentation plus complète, et l'accent est autre, comme il est naturel après que

(2) On n’a cependant peut-êtré pas accordé assez d’attention à l’exorde du 1€7 livre. Athanase s’y excuse de ne pas juger qu’on puisse se contenter des Écritures, ou, si elles ont besoin d'interprétation, « des nombreux traités que nos maîtres bienheureux », c’est-à-dire défunts, « ont composés à cet effet ». Il ajoute: « Mais, puisque nous ne les avons pas en ce moment sous la main... », ce qu’il ne peut mani-

festement avoir dit qu’à un moment où il n’était pas à Alexandrie : :

est-ce pendant un de ses exils, à Trèves, ou plus probablement en Thébaïde ? Serait-ce, au contraire, puisque nous ignorons tout de sa jeunesse, au début, maïs avant son épiscopat, pendant quelque retraite ascétique ? Il peut y avoir doute.

rotin La tique DRE dite contre le paganisme ne pouvait guère être originale et: reproduit sou-

vent les railleries traditionnelles contre la mythologie et

3 les rites scandaleux ; la philosophie, dont il sera davan-

tage question dans le second livre, est généralement . laissée de côté (1). Cependant, Athanase se préoccupe, dans sa critique de l’idolâtrie, des arguments que cer-

tains néoplatoniciens avaient avancés pour défendre le culte des images (2). D’autre part, lui-même apparaît

* assez accessible à l'influence du néoplatonisme, à celle

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