SAINT ATHANASE, CONTRE LES PAÏENS
triomphe de la vie sur la mort — atteste avec une évidence irrésistible la divinité du christianisme. Presque tout le corps du traité est employé à exalter avec enthou-
siasme cette œuvre. Dans les derniers chapitres, Atha-
nase s’adresse aux Juifs, pour combattre leur obstination à refuser l'interprétation chrétienne des prophètes, et aux Grecs, pour leur.montrer la vanité de leurs sarcasmes contre l’idée d’une incarnation de la divinité. Il termine en invitant son lecteur à étudier les Écritures et à purifier son âme ; car la vérité ne peut trouver accès que dans une âme purifiée des passions.
Les deux livres sont écrits avec une éloquence vigoureuse et entraînante. La forme est très oratoire, mais sans ralfinements sophistiques (1). La période est ample, bien construite ; elle a quelque chose de cicéronien. Il y a peu d'images, mais de fréquentes comparaisons, déve-
loppées et détaillées, où le détail n’est jamais de pur
ornement ; il est significatif. Le vocabulaire et la syntaxe sont d’un bon écrivain, sans recherche particulière d’atticisme, par conséquent sans proscription impitoyable des formes, des expressions ou des tours post-classiques; mais
les vulgarismes ne sont ni trop nombreux, ni trop cho- quants. Le bon sens d’Athanase, son équilibre, sa vigueur
aussi et sa décision plaisent au lecteur. Les idées ne sont point très originales. Le caractère le plus intéressant de l’œuvre est dans l’alliance d’une foi profonde avec des éléments philosophiques importants, mais qu’Athanase considère comme si bien incorporés — depuis Origène — à la doctrine chrétienne, qu’il paraît en oublier la provenance. La théorie du Verbe présente les aspects essentiels que nous lui verrons revêtir dans les ouvrages de polémique anti-arienne (2).
(1) Un ou deux jeux de mots (par exemple avédoue zxuxAeouaty odovs (I, fin de 23) ; l'emploi, par endroits, de côla, avec assonances ou anaphores, ne modifient pas le caractère de l’ensemble.
(2) Les doutes sur l’authenticité émis par V. Scaurrze, Geschichte des Untergangs des griechisch-rœmischen Heidentums, Téna, 1887,
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.nase a été dirigée contre HR Cat LE ouvrage D où il a exposé la doctrine de Nicée avec une ampleur et une clarté admirables et discuté la thèse adverse avec autant de précision que de vigueur, a pour titre Discours contre les Ariens ; mais le mot de discours a, en grec, un sens très large ; discours ne doit pas plus s’entendre ici * au sens propre que quand nous parlons du Discours sur | . l'Histoire universelle de Bossuet ; ce sont des traités, de 1 … forme ‘oratoire. Il nous en est Ste quatre ; les trois HS seuls sont vraisemblablement authentiques (1). L