‹ Histoire de la littérature grecque chrétienneChapitre 29 sur 200 · ÉCRITS POLÉMIQUES ET APOLOGÉTIQUES · texte numérisé non relu

ÉCRITS POLÉMIQUES ET APOLOGÉTIQUES

sans cesse, aussi bien que sa démonstration de l’orthodoxie nicéenne, sa défense personnelle. Chacune des crises essentielles de sa carrière est marquée par un écrit

qui s'intitule Apologie. Dans ces plaidoyers, son argu-

mentation s'appuie le plus possible sur des documents ; il avait grand soin de conserver tous ceux qui pouvaient lui servir, qu’ils provinssent des conciles, des empereurs ou des papes. Il en constituait des dossiers, et la première de ses Apologies, l'Apologie contre les Ariens (1), en est presque exclusivement composée. Écrite vers 348. (2), quelque temps après qu'Athanase était revenu de son

second exil, elle n’a que peu d'intérêt pour l'histoire litté-.

raire, puisque la part de l’auteur se réduit à une introduction et à quelques raccords. Mais elle est d’une très grande importance pour l’histoire religieuse et pour la biographie d’Athanase. C'était le moment où les Ariens remettaient en circulation les vieilles accusations qu’avaient values à Athanase la vigueur avec laquelle il avait traité les Mélétiens : le bris d’un calice consacré, dans la demeure d’un prêtre mélétien, Ischyras, par son envoyé, le prêtre Macaire ; l'assassinat ou la mutilation de cet Arsène, qu'Athanase fit reparaître vivant et intact durant le concile de Tyr (3). La première partie de cette Apologie contient tous les documents relatifs

aux événements qui s'étaient accomplis depuis le pre-

(1) Texte P. G., 25.

(2) Sauf les deux derniers chapitres, cf. infra.

(3) Le schisme mélétien, qui remontait au temps de l’évêque Pierre, s'était apaisé sous Alexandre. Il semble bien qu’Athanase, surtout en sa jeunesse, ait eu parfois la main rude. C'était déjà le sentiment de Mgr Ducursne (H. de l'Église, 11, 169) ; il a trouvé une confirmation dans certains des textes publiés par Ipris Berr (Jews and Christians in Egypt, Londres et Oxford, 1924 ; voir le n° 1925 et les observations de K. Hozx, Sitzungsberichte de l’Académie de Berlin, 1925, III, 1v, p. 18) ; il faut, d’ailleurs, ne pas oublier que nous y entendons parler des adversaires. — M. Bell a cru reconnaître, parmi ces papyrus, un autographe même de l’évêque d'Alexandrie (cf. n° 4929) ; mais il est plus probable que la lettre est d’un autre Atha-

na$#e.

A PEU PS ei HP LA LITTÉRATURE GRECQUE C

: £ : L! x + \ VAE - » sn ne mier exil d’Athanase ; mais ces événements eux-même s’expliquaient par ceux qui s'étaient passés dans les pre- __ mières années du règne de Constance et les dernières du | règne de Constantin ; la seconde partie (59-88) contient les documents qui concernent celles-ci ; une sorte d’appendice, postérieur d’une dizaine d’années au corps de l’ouvrage, est formé par les deux derniers chapitres. | Nous avons à tenir plus de compte ici de la seconde Apologie, l’Apologie à Constance. L'activité des Ariens reprenait de plus belle. Athanase avait reçu, le 22 mai 353,. une lettre impériale l’avertissant que « sur sa demande », il était autorisé à comparaître devant Constance. Comme il n'avait rien demandé, il ne se laissa pas duper par une invitation qui était un piège; mais il prépara, pour le jour où l’on insisterait et où il serait obligé de déférer à l’appel, une Défense qui, en fait, n’a jamais été prononcée (1). Elle a même été, sinon commencée, du moins terminée, après qu'Athanase avait cru prudent, de s'éloigner de nouveau d'Alexandrie (2). Les griefs qu'il se proposait de réfuter, sont, outre celui de s'être dérobé à l’ordre de comparaître, d’avoir, quand il était exilé en Occident, intrigué auprès de l’empereur Constans contre son frère Constance ; d’avoir entretenu une correspondance avec le tyran Magnence ; d’avoir, après son retour à Alexandrie, réuni le peuple le dimanche dans la grande église que Constance y faisait construire, avant que Constance en eût célébré la dédicace. Sur tous ces points, il se défend avec sa fermeté habituelle, avec habileté aussi.

(1) Cf Ducnesswe, ib., 256. Le livre qu’il avait écrit vers le même temps contre les deux évêques ariens Ursace et Valens, et qui est mentionné par saint JÉRÔME (De viris, 87), a disparu sans laisser aucune trace,

(2) Fin 26, il promet de n’y pas revenir, sans une autorisation impériale ; 27, il avait quitté le désert et s’était déjà mis en route pour se présenter devant empereur, quand il apprit les mesures prises contre Libère, Hosios, etc., ensuite le bannissement des évêques ariens d'Égypte et de Libye ; 29, il sut enfin qu’ordré avait été donné de le rechercher et de l'arrêter,

. se. Sodre à LA SAME RS pouvait [RUTAEE: ‘otre a Mn teepret es comme un refus d’obéissance; il insiste sur le me | fait que l’émissaire chargé de lui communiquer l’ordre n’était pas porteur d’une lettre impériale, et qu’ ainsi il. 4 Ÿ avait lieu pour lui de se défier. Il rejette l'acéusation

d’avoir comploté contre Constance, soit auprès de Ma:

‘4 gnence, soit auprès de Constant, en alléguant surtout | 4 des vraisemblances morales. Il s’excuse d’avoir célébré

l'office dans l’église nouvelle, avant son inauguration, Se È expliquant qu’il y a été contraint par une raison de force

majeure : : l'insuffisance des autres édifices, trop étroits pour une foule dont l’entassement produisait des accidents regrettables (1). Toute cette argumentation est . exprimée en termes respectueux, sans aucun ton de flatterie, peut-on dire, si on tient compte des exigences Ni de l'époque et du caractère de Constance, infatué, plus A que ne le fut aucun autre empereur, de sa dignité. Comme dans les écrits que nous avons précédemment étudiés, le ton est très oratoire, mais sans aucune recherche d’ornements sophistiques. Athanase évite, parce qu'il est à homme d’action avant tout, la déclamationet la verbosité où tombent trop souvent même les meilleurs orateurs du ÿ ve siècle, et l’on sent chez ce lutteur infatigable En L HF ‘d'un tempérament fait pour le.combat : « Je. L m'étonne », dit-il en parlant de ses ennemis, « qu ile ne. se lassent pas de me calomnier ; mais, pour moi, cependant, je ne me lasse pas davantage, ou plutôt je me réjouis de me défendre. Plus je multiplierai mes apologies, e … plus il faudra qu’on les condamne (2). » Toute la partie du discours où sont décrites les violences qu'il accuse les Ariens d’avoir exercées contre les Nicéens, notam- ment contre les Vierges, est d’une véhémence ÉTE ot

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