ÉCRITS POLÉMIQUES ET APOLOGÉTIQUES
exemples, qui abondent dans l’Écriture, de justes auxquels il n’a pas paru que ce fût une lâcheté de fuir devant la persécution. Il aceumule d’abord ceux de l’Ancien Testament, pour en venir enfin à ceux du Nouveau, selon lequel Jésus lui-même, en plusieurs circonstances, s’est retiré au désert, après que déjà, dans son enfance, sur une inspiration divine, ses parents l'avaient emmené en Égypte. « Ainsi donc les Saints, en s’exilant, étaient préservés avec un soin providentiel, comme des médecins nécessaires aux malades. Quant aux autres, aux simples mortels tels que nous, la loi veut qu'ils fuient quand on les persécute et se cachent quand on les recherche, et qu’ils ne tentent pas témérairement le Seigneur. Ils doivent attendre, comme je l’ai déjà dit, que vienne le temps fixé pour leur mort, et que leur juge statue sur leur sort, comme il lui semblera bon. Mais il faut qu'ils soient prêts, dès que le moment les réclame, et que, quand on a mis la main sur eux, ils luttent pour la vérité jusqu’à la mort. C’est ce qu’observaient les bienheureux martyrs, au temps des persécutions ; poursuivis, ils fuyaient ; dans leur retraite, ils restaient forts ; quand on les avait trouvés, ils rendaient témoignage. Si quelques-uns d’entre eux s'offraient aux persécuteurs, ils n’agissaient pas même alors à la’légère ; leur martyre était immédiat, et tout le monde pouvait se rendre compte que le zèle qu’ils montraient en se livrant leur était inspiré par l'Esprit (1). » Les chapitres qui suivent donnent un récit pittoresque et pathétique des événements à la suite desquels Athanase s'était résolu à fuir, après qu’une foule d’Ariens, qui s'étaient joints aux soldats de Syrianus, avaient envahi l’église, de nuit, pour l'arrêter : « Je me levai », dit Athanase, « et je donnai l’ordre de faire une prière, en demandant que tous les autres se retirassent d’abord; car je préférais m’exposer moimême plutôt que voir souffrir quelqu'un d’entre vous.
(4) Ch. xxnr.