ÉPÎTRES THÉOLOGIQUES
entière devrait ressentir la même indignation qui saisit
alors Israël. Il raconte ensuite les faits, dans des pages qui annoncent déjà les morceaux les plus véhéments de
l'Histoire des Ariens : scènes brutales que nous verrons se
reproduire à Constantinople, sous l’épiscopat de Gré-
goire et sous celui de Chrysostome, et qui, au 1v° siècle, :
n’ont été épargnées à aucune des grandes cités chrétiennes de l’Empire, mais qui prenaient un caractère particulier de gravité et de scandale quand s’en mélait la plèbe alexandrine, parmi laquelle il y avait encore
beaucoup de païens, empressés à profiter de ces dis-
cordes. L’objet propre de la lettre est de prévenir les évêques que Grégoire est Arien ; que les hérétiques espèrent, grâce à lui, s’installer plus solidement à Alexandrie qu’ils n’avaient réussi auparavant à le faire avec Pistos ; qu'Eusèbe de Nicomédie est le chef qui dirige toute la manœuvre, et que les bons catholiques doivent être sur leurs gardes, si Grégoire ou Eusèbe font, auprès d'eux, quelque démarche hypocrite.
Cette Épître peut passer pour une lettre de circonstance. L’'Épître à un ami sur les décrets du synode de Nicée est, au contraire, une Épître théorique. Elle a été écrite à un moment plus calme, après la mort de l’évêque arien Grégoire, quand Athanase était revenu dans sa ville épiscopale, en 350 ou dans l’une des années qui
ont immédiatement suivi. Elle a pour point de départ une réponse à l’objection que les Ariens ne cessaient pas
de faire à l'emploi du mot consubstantiel, parce que ce terme n’est pas emprunté à l’Écriture ; mais elle fournit à Athanase l’occasion de rappeler ses souvenirs personnels sur le rôle joué au concile par des hommes comme
Eusèbe de Césarée ou Acace. Il insiste sur l’immuable
unité de la vraie tradition chrétienne (1), en l’opposant
(1) En commençant (ch. x1) par citer le Pasteur, qui n’est pas un excellent garant pour le dogme de la Trinité ; mais Athanase ne paraît jamais s’en être aperçu (cf. encore, ch. xvxrt).
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ue et la ini ÉTue ens nt à uner “ nce que les Ariens veulent maintenir entre le Fils et les autres créatures. « Si vous croyez vraiment, Ô Ariens, que le Fils de Dieu a commencé d’être, il ne peut différer “Eu en rien des autres par nature, selon vous, tant que vous ! maintiendrez qu’il y a eu un temps où il n'était pas, qu ‘il a été produit, et que c’est en considération de son 4 mérite qu’il a obtenu en naissant la grâce du nom qu'il porte (2). » Il ne manque pas d’expliquer le verset vin, 22, des Proverbes, autour duquel, dit-il, les Ariens font | un bruit de moucherons (3). Qu'ils prouvent, à leur tour, La que leurs formules sont autorisées par l'Écriture ! Après avoir rappelé (4) par quelles subtilités Eusèbe et Astérius ont essayé d’esquiver les décisions nettes de Nicée, il s'applique à montrer que si les termes consubstantiel et de la substance du Père ne sont pas textuellement dans l'Écriture, ils en rendent le sens ; il fait appel au témoignage de Denys, évêque de Rte dont il cite un frag- 3 ment important, et à celui d’ Origène, à propos duquel il \ soutient, non sans raison, qu'il faut savoir distinguer | M entre les idées qu’il avance sous forme d’hypothèses et di celles qui sont pour lui des définitions précises de la foi. ‘à Enfin il leur reproche, comme un RUN à la philoso- 14 mi profane, l'emploi de ce terme dyénres qui devait : fournir encore l'essentiel de leur argumentation à Euno- | mios et à ses disciples, au temps de Basile et de Grégoire. Il y a quelque probabilité que la Lettre sur l'opinion de Denys appartient à la même époque (5). Nous avons dit déjà (6) comment l'intervention de Denys d'Alexan-
(1) En citant, au chapitre vur, le Cappadocien ae (auquel 5 il reproche d’avoir sacrifié au temps des persécutions), et Arius lui- même.
(2) Ch. 1x.
(3) Début de 14.
(4) Ch. x1x-xx. x 14 (5) Voir l'introduction des Bénédictins.
ie ) T. II, p. 449-560. ;