‹ Histoire de la littérature grecque chrétienneChapitre 34 sur 200 · ÉPÎTRES THÉOLOGIQUES · texte numérisé non relu

ÉPÎTRES THÉOLOGIQUES

drie dans la querelle du le bee avait inquiété quelque peu le pape Denys de Rome ; comment, sur la demande de ce dernier, l’Alexandrin ot présenté son apologie, en reconnaissant qu'il avait pu employer quelques expressions imprudentes, et, comment, en les expliquant ou en les atténuant, il persistait à rejeter, comme non scripturaire, l'emploi du mot homoousios. C'était assez pour que les Ariens se réclamassent de lui, et 1l a fallu une certaine complaisance à Athanase pour présenter comme absolument irréprochable une doc- » trine dont Basile avouera plus tard, dans une de ses lettres et dans son traité sur le Saint-Esprit, qu’elle donnait quelque prise à la critique (1). Il a toutefois le D droit de réclamer qu’on n’oublie pas que c’est au courant » d’une controverse contre Sabellius que Denys s’est laissé entraîner à trop pencher du côté opposé, et qu ‘ensuite f ba a fait certaines concessions aux ob$ervations du pape . de Rome.

La Lettre aux évêques d Égypte et de Libye est d’un ton 1 assez différent. Elle à été écrite à un moment critique, - quand Athanase, après le coup de main dirigé contre lui - par Syrianus dans l’église de saint Théonas, avait quitté - Alexandrie (9 février 356), et avant que l’évêque arien » Georges eût été installé (24 février 357). Elle débute par J | de longues généralités sur l’œuvre du diable dans la pro- 3 duction des hérésies, qui s'expliquent parce qu’Athanase ne se sentait pas assuré de trouver également crédit … auprès de tous ceux à qui il s’adressait : « J’ai appris », » dit-il au début du chapitre v, « au cours de mon séjour en ces régions, par des frères véritables et attachés à la . bonne doctrine, que certains partisans d’Arius y sont » venus, ont écrit comme il leur a plu sur la foi et veulent “vous mander que vous contresigniez leur opinion ou

1 (1) Athanase reconnaît d’ailleurs, CHE IV, que Denys à été un jour maladroit, mais il réclame qu’on interprète sa pensée d’après

l’enserable de ses écrits, au lieu is 2 les expressions téméraires. E a CNP à

not celle dde leur a Ron le diable : ou | celui qui les contredira soit banni.» Il sie donc à ù Hope de ne pas se laisser duper ‘par les ruses qu’on emploiera avec eux et de se souvenir que le véri-. table enjeu de la controverse, c’est la foi de Nicée 351 leur nomme les Ariens dont il faut le plus se défier et. leur indique aussi les défenseurs de l’orthodoxie. Pourquoi Arius a-t-il été chassé par Alexandre ? Pourquoi le concile de Nicée a-t-il condamné sa doctrine ? La dis- cussion qui suit vise à rapprocher l’Arianisme du Ma- nichéisme (ch. xvi), critique la distinction des deux Verbes, explique le fameux verset des Proverbes. He tout cela est assez rapide ; il s’agit moins d’ engager une. controverse approfondie et détaillée que d’agir sur. l’âme des évêques libyens et égyptiens. C’est au senti-. ment que font appel le récit de la mort d’Arius (ch. x1x), st et l’exhortation qui termine la lettre, exhortation où les Mélétiens sont aussi bien visés que les Ariens, l’encyclique étant destinée à des Égyptiens. 1 La Lettre à Sérapion sur la mort d’Arius reprend, avec. plus de détails, le récit fait en abrégé dans la lettre pré-. cédente. Elle est contemporaine de l'Histoire des Ariens pour les Moines (358) (1). Athanase s'excuse de n° avoir pas raconté dans celle-ci la fin de l’hérésiarque, de PERS « de paraître insulter à sa mort ». Mais il importe qu'on sache qu’Arius n’est pas mort réconcilié avec l’Église ï du reste, la soudaineté tragique avec laquelle il a été frappé prouve bien « que son hérésie est haïe de Dieu D. Ces considérations remplissent à peu près toute la missive, avec la recommandation de communiquer l'His- toire pour les Moines aux fidèles, mais de bien se garder de la laisser tomber aux mains des Ariens. Le récit luimême vient du prêtre Macaire, qui assistait l’évêque de Constantinople, Alexandre, au moment où les Eusébiens menaçaient de ramener de force à l'Église Arius, qui

(1) Cf. le début,

ae raison sérieuse de contester que le fond en soi exact, les termes dont se sert Athanase sont empruntés avec intention à celui de la mort de Judas (Actes, I, 1

Les quatre lettres à l’évêque de Thmuis (Sérapion) sur le NAME ms ont rie coques D mass

sonne, mais qui restent transiooauts au sujet dei L

troisième (2). Il pose avec fermeté les fondements de la doctrine qui sera consacrée un siècle après lui, en disue les textes Les un texte d’'Amos et un

es sous le nom d’ Fe mais que ce nom est accom-. pagné d’une détermination qui en précise le sens ; en expliquant que toute l’économie de la Trinité est com- | re promise si on ne reconnaît pas sa divinité, et que l œuvre à de sanctification dont il est l’agent devient impossible AR en rappelant enfin la véritable tradition ecclésiastique, qui a commencé avec la formule du baptême, intimée par Jésus lui-même (Math, xxvir, 19), et qui est toujours restée identique. kÿ « Je croyais », dit Athanase au début de la II Épare, | «n'avoir écrit qu'une lettre brève; et je me reprochais ma grande insuflisance, m “accusant de n’avoir pas été con

tHacher et XXXII. | l (2) Le nom qu’Athanase leur donne (10 et 32) et qu'ilssemblent s’être donné eux-mêmes est celui de Tropiques (Tpoxtxol) ; il n’est

pas très aisé de voir quel sens il faut donner à l'expression. ü OT ï s

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pable d’écrire tout ce qu’on peut dire contre ceux qu

blasphèment le Saint-Esprit ; mais puisque tu me dis que quelques frères ont exprimé le vœu de me voir abréger mème ce résumé, afin qu’ils puissent facilement et en peu de mots répondre à ceux qui les interrogent sur notre foi, et réfuter les impies, J’ai accompli cette nouvelle tâche, avec l’assurance que toi, qui as bonne

conscience, tu suppléeras à ce qui pourra manquer 1ci. »

On s'attend, après cet exorde, à lire un sommaire de la lettre précédente ; mais Athanase est un de ces esprits actifs qui n'aiment pas retoucher une œuvre déjà faite et se laissent entraîner plutôt à en faire

une nouvelle, tout au moins dans la forme ; car 1l est

l’homme de quelques idées simples, qu’il répète obstinément en les variant. En fait, la seconde lettre est plutôt un résumé des Discours contre les Ariens ; elle ne touche qu’incidemment à la doctrine du Saint-Esprit, et, reprenant l’hérésie arienne à sa source, elle traite presque uniquement de la relation entre le Fils et le Père. Athanase s’est aperçu lui-même qu'il avait dévié de son plan, et au début de la IIIe lettre — qui n’est peut-être, comme le pensent les Bénédictins, que la seconde moitié de la deuxième, détachée à tort de la première par les copistes — il dit à Sérapion : « Tu seras peut-être surpris, quand j'ai été invité à abréger la lettre que J'avais écrite sur le Saint-Esprit et à donner un exposé sommaire, de me voir abandonner en quelque sorte ce thème et écrire contre ceux qui blasphèment le Fils de Dieu et le traitent de créature. » Mais 1l explique que les deux questions sont étroitement liées, et reprend son argumentation en mettant au premier plan la personne du. Saint-Esprit, quoiqu’en l’associant toujours à celle du Fils.

La quatrième lettre (ou la troisième, si les deux précédentes n’en faisaient qu'une) paraît avoir été écrite après un certain intervalle. Elle est une sorte d'appendice, où, sur la demande de Sérapion, Athanase réfute certains propos des Ariens auxquels il a déjà fait allusion, dans

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