‹ Histoire de la littérature grecque chrétienneChapitre 41 sur 200 · NT S · texte numérisé non relu

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Principaux représentants de l'Arianisme, en dehors d’Arius. Eusèbe de Nicomédie. — Nous avons eu Occasion, en parlant d’Arius, de nommer la plupart des évêques qui l’ont soutenu, lors de ses premières difficultés avec Alexandre. Le plus influent d’entre eux, celui qui paraît avoir été le chef véritable du parti arien, fut Eusèbe, qui d’abord évêque de Béryte (1), passa ensuite au siège ? plus important de Nicomédie, et enfin, après le bannisse- 1 ment de Paul, en .338-9, à celui de Constantinople. Il paraît être mort à la fin de 341, ou au commencement de 342. Nous n’avons pas à apprécier ici l’action de cet habile manœuvrier dans le développement du conflit. Nous n’avons qu’à indiquer ce que l’on aperçoit encore , de son activité littéraire. | Il ne reste trace que d’écrits de circonstances, provoqués par le cours des événements. Théodoret (120) nous a conservé la lettre qu’il écrivit à Paulin de Tyr, pour l’attirer dans le parti arien et l’inviter à prendre la dé-

(1) Socrare, H. E., I, vr; sur Eusèbe, Licarensrein, Eusebius von Nicomedien, Halle, 1903,

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| L'ARTANISME, AS

Nianse d'Arns auprès d’Athanase, et Socrate (I, 14), une

rétractation envoyée par lui, de Nicée, au moment où

mander leur rappel. Dans la

qu'Eusèbe venait d’en rece

en commun avec Théognis

lettre à Paulin, écrite après voir lui-même une d’Arius, que nous avons précédemment citée, l’évêque de Nico- __ médie expose très crûment la thèse homéenne (1) testant que ni la tradition ni l'Écriture n’aut parler de deux inengendrés, i pu se diviser en deux ni s’ 4 :

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» en proorisent à que l'unique inengendré n’a incarner de quelque façon que . ce soit ; que le Fils (le mot de Fils n’est pas prononcé)

a été créé et fondé, et que sa ressemblance avec le Père ne peut être ni exprimée ni conçue.

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la part des critiques du xvrre siècle que de ceux d’au- Jourd’hui. On ne saurait affirmer qu’elle soit authentique. Ni la Lettre ni la rétractation n’indiquent qu’Eu- . sèbe fût doué d’un talent original :

imprudent de le Juger sur un si petit nombre de * données. : .

Astérios. — Nous sommes encore moins bien renseignés » sur l’activité littéraire des autres évêques syriens ou palestiniens qui.ont montré de la sympathie pour l’aria- . nisme. À travers les écrits d’Athanase, après Arius et Eusèbe, c’est un rhéteur originaire de Cappadoce, Asté- - rios, qui apparaît comme le principal porte-parole de la » secte. Athanase l’accuse d’avoir sacrifié pendant la per- - sécution de Maximin (2), mais il semble lui reconnaître - une certaine habileté dialectique. Il a cité quelques morceaux d’un petit traité (cwræyudrio) postérieur au . concile de Nicée, où Astérios en faisait montre, en trai-

. tant de l’inengendré, etoüilsoutenait qu’il convenait mieux à la divinité de créer par un acte volontaire que de produire

(1) Les Homéens sont ceux qui déclarent le Fils semblable (homoios}

eu Père, et rejettent le consubstantiel (homoousios). É

(2) De synodis Arim. et Sel., 18.

ils étaient bannis, pour de-

La rétractation a été l’objet de jugements contradictoires, aussi bien de :

Maïs il peut être

par génération (1). C'était cette doctrine que visait pal AA ticulièrement Marcel d’ 335, traité qui resta célèbre et qui est souvent cité, | sans que nous en sachions le titre exact (2). Jérôme ]

Romains, les Évangiles et les Psaumes « avec beaucoup

‘et Eunome, sera étudiée avec plus de profit quand nous

Ancyre dans un traité publié en

attribue à Astérios des commentaires sur l'Épitre aux

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d’autres ouvrages (3) ». ; | 1 La génération postérieure, celle des Anoméens, Aèce

parlerons de Basile et de Grégoire de Nysse, qui ont défendu contre eux l’orthodoxie et qui nous les ont fait

connaître.

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Les origines du monachisme égyptien. — Le grand à mouvement qui, dès les premières années du 1ve siècle, entraîne vers l’ascétisme l'élite intellectuelle et morale des chrétiens, a eu des causes multiples. L'espèce de. sécularisation qu’a subie l’Église, après son triomphe, en est une. À mesure qu’elle était obligée de s’ouvrir à des.

foules de plus en plus nombreuses, parmi lesquelles se trouvaient beaucoup de nouveaux fidèles d’une qualité médiocre, dont les uns obéissaient à l'intérêt, les autres | à l'ambition, d’autres à l'exemple, le relâchement sy. introduisait, et, par une réaction naturelle, les âmes yaillantes se sentaient portées à exiger davantage d’elles- |

: 4 1 (1) Orat. I ctr. Arianos, 30-34 ; II, 37 ; III, 60 ; De decr. Syn. Nic., 8, 28-31 ; De Syn., 18-20, 47. 3% (2) Cf. Zaun, Marcellus von Ancyra, Gotha, 1867 ; et l’article plus écent de Loors dans le Realenzyklopædie für protestantische Theo-= logie und Kirche.

(3) De Viris, 94. —Les Chaînes ont conservé peut-être quelques fragments du commentaire des Psaumes, que Cotelier a mis sous le nom d’Astérios d'Amasée : ef. Brerz, T. U., XXXIX, p. 23. Eusèbe en a cité un dans son Commentaire sur les Psaumes (Psaume IV, P. G., 23, colonne 112). Li 4

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mêmes. On se faisait moine, © tien autrefois, par dégoût pour la médiocrité de la vie commune et par désir de perfection. L’esprit général du temps était d’ailleurs favorable à l’ascétisme ; la philoÿ sophie néo-platonicienne, aussi bien que la spiritualité chrétienne, habituait à mépriser le corps, à considérer | ses exigences comme le principal obstacle au progrès . moral et à cette ascension vers le royaume des essences, vers le monde divin où doit tendre toute âme bien née et où elle ne peut parvenir qu’en se détachant de la matière. Les conditions économiques et sociales d’un temps qui devenait dur pour les sujets de l’empire favorisaient aussi l’élan vers la solitude. Peut-être, pour, expliquer que le mouvement ait pris son origine en Égypte et y ait atteint son maximum d'intensité, faut-il tenir compte du tempérament égyptien et de certaines tradi-. tions locales. ut La plupart des premiers ascètes de la Thébaïde ont été des illettrés et ne parlaient que le copte ; il n’y a donc pas lieu de leur accorder une place ici. Tel est le cas d'Antoine ; bien qu’il soit question de Lettres de lui (1), : et que ces lettres eussent été traduites en grec, nous. devons nous contenter de ce que nous avons dit à son sujet en parlant de sa Vie écrite par Athanase. L’organisateur des établissements cénobitiques, Pachome, qui fonda vers 318 le monastère de Tabennisi, et plustardhuit autres couvents d'hommes et deux de femmes, mort de * : la peste en mai 346, s’est servi également du copte ; A1" mais sa règle fut mise en grec presque immédiatement, è et c’est du grec que Jérôme la traduisit en latin en 404 (2).

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- (1) Cf. notamment Jérôme, De Viris, 88 ; il nous est parvenu, sous d le nom d'Antoine, deux recueils, l’un de sept, l’autre de vingt-cinq 2 lettres. La règle dite de saint Antoine est apocryphe. Pour ces textes, $ + cf. P. G., XL. — AMÉLINEAU, Histoire des monastères de la Basse- A À Égypte (Annales du Musée Guimet, 25, Paris, 1894). — Conrzen, Die

Regel des heiligen Antonius, Metten, 1896.

F (2) Patrol. latine, XXII. — Labeuzez, Essai sur le Cénobitisme

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268, lue font pas MR (4)

Les deux Macaire. — Les deux nn ascètes. tétabres

“HN sous le nom desquels nous ayons conservé en grec des 4 HUE ee dignes d'intérêt, mais d’attribution plus que sus- $ |. pecte, sont les deux Macaire, que l’on distinguait en

“ donnant à l’un le surnom d’Alexandrin, à l’autre celui Â

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d’'Égyptien (qui désigne les indigènes nés ailleurs qu’à Alexandrie). Tous deux sont au nombre de ces héros de la vie spirituelle sur lesquels Palladius a recueilli les anecdotes dont il a composé son Histoire Lausiaque,

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et ils sont de ceux qui lui ont fourni quelques-unes des D plus Isavoureuses. L’Égyptien (2) vécut quatre-vingt- M 3 dix ans, dont soixante au désert, où il arriva déjà si st ag proche de la perfection, qu’on l’honora tout de suite | DU du titre de Jeune vieillard (paidariogéron). Devenu | __ prêtre, et fameux par ses miracles et ses prophéties, de ne ‘il avait creusé une longue galerie qui allait de sa cellule Le 4 jusqu’à une petite grotte, où il se réfugiait quand il

avait envie de fuir les importuns. L’Alexzandrin (3), qui À fut aussi prêtre et que Palladius fréquenta trois ans, au ; lieu dit les Cellules, passa pour un prodige d’abstinence

dans un milieu où les plus dures privations étaient un jeu, et, pour se punir d’un accès de mauvais humeur qui lui avait fait écraser un moustique, se condamna à rester six mois nu dans un marais, où d’autres mous-

pakhomien pendant le IV® siècle et la première moitié du Ve, Louvain, 1898. — J. Bousquer et F. Nav, Patrologia Orientalis, IV, 5 ; P. G., XL. — Argens, S. Pachomii abbatis Tabennensis regulæ monasticæ, » Bonn, 1923. — G GRÜTZMACHER, Pachomius und das ælteste Klosterleben, Fribourg-en-Brisgau, 1896.

AN (1) P. G. XL, et les ouvrages déjà cités d’ AMÉLINEAU et de La- DEUZE. — Les écrits attribués à Acarmonicos, publiés par Cru, non seulement appartiennent à la littérature copte, mais sont pseudé- … pigraphes et datent du vie siècle (A. Enrmarp, Schriften der Wis- senschaäftlichen Gesellschaft in Strassburg, 18).

\ ue. #s (2) Histoire Lausiaque, ch. xvrr.

é (3) 76. xvur.

1 De. M

ES & argèrent de venger leur congénère. Il revint au monastère si boursouflé qu’on ne le reconnut qu’au

son de sa voix. C’est à lui aussi qu’une hyène vint apporter son petit, qui était aveugle et qu’il guérit en lui crachant

sur les yeux ; elle vint le lendemain lui offrir en récompense une belle peau de brebis, qu’il donna un jour à Mélanie. | Tout cela justifie certes l'extraordinaire renommée des deux Macaire. Mais Palladius ne fait aucune allusion à

une activité littéraire, ni de la part de l’un, ni de la

part de l’autre. Gennadius (De viris, 10), plus tard, connaît une Lettre de l’Égyptien à de jeunes moines, une seule, précise-t-1l (1). N #

Il nous est parvenu sous le nom de l'Égyptien des apophtegmes, quatre leitres, deux courtes prières, et un

imposant ensemble de cinquante homélies spirituelles. Les

apophtegmes, dont on a divers recueils, ont dû provenir

d’une tradition orale, comme ceux que rapporte Palladius, et le huitième du premier recueil, qui en contient dix, n'indique pas que Macaire ait dû perdre beaucoup de temps

à écrire; car le sens en est qu’il vaut mieux une bonne

vie sans la culture littéraire, que cette culture sans une bonne vie. Le second recueil, plus considérable (quarante numéros), est, à sa façon, aussi curieux que l'Histoire Lausiaque. Le troisième et le quatrième sont très brefs, et ce dernier est attribué à l’Alexandrin (roluTuos).

Il est assez difficile de se prononcer au sujet des prières. L’une des lettres aux moines, vu ce que dit Gennadius, peut sembler avoir des titres. Mais laquelle ? Nous en avons une, assez courte, en latin ; une autre en grec, beaucoup plus longue, assez mal composée, qui développe, avec beaucoup de démonologie à l’appui, l’idée que le mal vient du mauvais usage que nous faisons de notre libre arbitre, quand nous écoutons les suggestions des esprits

(1) Cf. Fremminc, De Macarii Ægypti scriptis quæstiones, Gœttin-

gen, 1917,

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