‹ Histoire de la littérature grecque chrétienneChapitre 46 sur 200 · PIERRE II D · texte numérisé non relu

PIERRE II D

‘que la langue ; la rhétorique n’en est pas absente et elle

y apparaît assez souvent sous l’aspect de l’asianisme (phrases courtes ; parallélisme ; antithèses ; assonances ou rimes, etc.). Dans quelques morceaux où l’auteurs’échaufle, — par exemple dans le chapitre xxrtr où 1l déplore la défaillance de Pierre — il y a mieux que de la rhétorique ; il y a des accents émus. Cela est rare, et, dans l’ensemble, l’argumentation, assez habile, manque de

vigueur. Il y a plus d’ampleur et de sonorité dans les

périodes, d’ailleurs assez banales, de l’Épître aux Moines, où la langue offre aussi certains vulgarismes. Le nom de Sérapion était commun ; un examen plus détaillé, au point de vue du ton et des procédés, une comparaison plus exigeante entre le Traité et les Lettres ne seraient peut-être pas inutiles.

Évagrios, dans un morceau cité par Socrate (H. E., IV, 23), rapporte un mot de Sérapion qui ne se retrouve pas dans ce que nous possédons de lui — et qu’il n’est d’ailleurs pas nécessaire de supposer extrait d’un de ses

ouvrages. « L’ange de l’Église de Thmuis », dit-il, « disait

que : l'esprit qui s’est abreuvé de la science (gnose) spirituelle est purifié parfaitement ; que la charité guérit les par-

ties irritées du cœur ; et que la tempérance arrête le flux des

mauvais désirs ». Toute brève qu’elle est, cette parole exprime peut-être avec plus de force la doctrine d’un ascète éprouvé que les généralités parfois ampoulées de la Lettre aux Moines.

Pierre II d'Alexandrie. — Quand Athanase fut mort, le 2 mai 373, le clergé et le peuple catholique d’Alexandrie élurent, pour lui succéder, Pierre. Valens, lui, entendit profiter de l’occasion pour installer un Arien sur ce grand siège. Il fit choix de Lucius. Le préfet Palladius, renouvelant l’agression jadis commise contre Athanase, envahit, avec ses agents et la lie de la plèbe, l’une des églises de la ville, l’église de Théonas, et en chassa Pierre. Le comte des Largesses, Magnus, et l’un des premiers disciples d’Arius, le vieil Euzoios, venu d’Antioche où il

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LR Aa NT TA détenait er one et Lucius (1). Des prêtre k et d’autres membres du clergé furent arrêtés et expédiés Héliopolis, en Syrie (Baalbeck), l’une des rares villes de l'Empire qui fussent demeurées, en leur totalité. obsti- . nément Phone On mit aussi à la raison un certain mombre de moines, qu’on Pare sans: ménagements aux mines, en leur adjoignant jusqu’au diacre romain que le 3 pape Damase avait envoyé féliciter Pierre. En dehors sa d'Alexandrie, onze évêques furent saisis et bannis à Diocésarée, en Palestine, qui, si elle n’était pas païenne comme | Baalbeck, n’avait guère qu’une population juive. Une délégation d’'Égyptiens alla protester auprès de ont ; . qui était à Antioche ; elle ne reçut d’autre réponse qu’un ordre d’exil. Pierre s’était caché en Égypte ; il se décida bientôt à imiter l'exemple que lui avait donné son prédécesseur et alla chercher un asile d’abord à Damas. En 375, il assistait à Rome à un concile contre les Apollinaristes, et il écrivait aux membres de cette délégation que Valens avait si mal reçue — évêques, prêtres et diacres — une lettre sur cette secte, dont Fa- cundus d’Hermiane nous a conservé quelques extraits (2), en latin. Il rentra à Alexandrie en 378, et mourut au commencement de 381 (3).

Outre les quelques fragments sauvés par Facundus, nous possédons, grâce à Théodoret (4), presque intégralement, l’Encyclique par laquelle Pierre avait fait connaître aux évêques catholiques les événements dont il avait été victime. Sa narration des scènes brutales ou

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(1) Ce Lucius fut lui-même un écrivain ; JÉRÔME (De Viris, 118), parle de lettres pascales de lui, et de quelques livres sur des sujets divers. La Doctrina Patrum de incarnatione Verbi (éd. DrekamP, Munster, 1907), contient un fragment de Lucius.

(2) Pro defensione trium capitulorum, II, 2 ; reproduits, avec la lettre que nous citons ensuite, dans P. G., XXXIII.

(3) La date est très discutée; nous suivons RaAuscHEN, Jahrbücher der christlichen Kirche unter dem Kaiser Theodosius, p. 116.

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