‹ Histoire de la littérature grecque chrétienneChapitre 49 sur 200 · CE) ET · texte numérisé non relu

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it est purement chrétienne, et sans analogue € païens ; d’autre part, que le rôle de l'Esprit est le ême dans l’Ancien et le Nouveau Testament. La docrine qui suit est, en somme, celle que nous retrouverons dans son ouvrage capital, dans le traité Sur la Trinité. | Elle dérive d’Athanase et présente des points de rapport avec celle des Cappadociens, soit que Didyme, leur contemporain, ait été simplement amené comme eux, en . développant les vues d’Athanase, à des précisions analogues aux leurs, soit que, comme il est possible, il ait subi | A en une certaine mesure leur influence (1). Le Saint-Esprit | n’est pas une créature ; s’il est dit que tout a été fait par

ment de l’essence divine ; il est immuable ; non seulement il est supérieur aux anges, qui sont saints parce qu'il se communique à eux, mais il en est radicalement distinct. Les dons divers qu’il distribue forment une unité. Différent du Père et du Fils, il leur est consubstantiel. Tout en repoussant énergiquement le modalisme, et en condamnant à plusieurs reprises nominativement Sabellius, Didyme insiste sur l’unité de la’ Trinité, dans | son essence comme dans ses opérations, et c’est l’hérésie arienne ou macédonienne qui paraît le préoccuper, plus | encore que l’'hérésie sabellienne. À partir du chapitre xxx, k l'exposé est moins rigoureusement didactique, et Didyme, tout en complétant ou précisant à l’occasion ses défini- | tions antérieures, se préoccupe, avant tout, de les confirmer par la discussion des textes scripturaires. |

Ÿ Nous ne pouvons apprécier exactement le style, l’ori- ginal étant perdu. L’allure générale du développement est assez libre, comme dans le grand traité Sur la Trinité, et doit probablement en partie ce caractère, qui est com- mun à tous les catéchètes de l’école d'Alexandrie, à la

(1) Voir, sur ce point, les études de Lerpozpr et de Barpy. Basile est cité avec éloge dans le Traité sur la Trinité (III, ch. xx), Où il Le est fait allusion à son Ep. 236 (adressée à Amphiloque).

* le Fils, il n’est pas, lui, compris dans ce tout. Il est un élé-

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| pratique journalière de l'enseignement rh Elle Hoat LURPE ’expliquer aussi par l'infirmité de Didyme, obligé de dicter et incapable de se relire. L’ argumentation garde ordinairement le ton de l’homme d’étude ; abondante, riche, elle reste calme et vise, avant tout, à la clarté. Didyme apparaît ici, ainsi que dans toute son œuvre, comme épris ardemment de vérité et convaincu que la foi doit être éclaircie par toutes les ressources de la science, mais aussi comme conscient de la faiblesse de l'esprit 54 humain et de son impuissance à parvenir à une compréhension complète de l’essence divine. Il s° excuse, à la fin de son livre (ch. Lxur1), d’avoir osé traiter une matière | aussi difficile. Il croit cependant que la vérité a chance de se révéler à ceux qui savent purifier leur âme par la … vertu. Voici, en effet, les paroles qu’il adresse en terminant à ses lecteurs : « Si quelqu'un entreprend de lire ce volume, nous le prions de se purifier de toute œuvre mauvaise et de toute pensée pervérse, afin qu’il puisse, d’un cœur illuminé, entendre ce qui s’y trouve dit, et. que, plein de sainteté et de sagesse, il sache nous par-. donner, si parfois l’effet n’a pas répondu à notre volonté; qu’il considère seulement l'esprit qui l’a inspiré, non les termes employés. Autant, en effet, nous revendiquons audacieusement le sentiment de la piété, au nom de notre conscience, autant, quand il s’agit de l’exprimer, nous confessons avec simplicité que nous manquent absolument, dans l’allure et le texte de l’exposé, la grâce et l’éloquence de la rhétorique. Notre soin a été, en discourant sur les Saintes Écritures, de comprendre pieusement ce qui y est écrit, et de ne 1 oublier l'inexpérience et les limites de notre talent.

L’âme droite et simple de Didyme se révèle dans ces derniers mots, dont il ne faut cependant pas abuser. Didyme est un théologien et un exégète qui se propose uniquement d’instruire avec méthode, et qui parle une langue sans affectation, un peu surchargée parfois de mots abstraits ou de termes techniques, maïs sans abus

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d’incorrections ou de vulgarismes. Bien qu’il observe le plus souvent dans la discussion une modération que ses

derniers interprètes ont cependant parfois exagérée,

et’ qu’il soit, par goût, un savant, non un polémiste, il

s’échauffe parfois et trouve des accents touchants. Nous en verrons des exemples dans le Traité sur la Trinité,

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qui nous est parvenu dans le texte grec à peu près intégralement ; le manuscrit qui nous l’a conservé est cependant mutilé en quelques endroits (1).

Ce grand ouvrage, qui résume tout le travail de la pensée chrétienne au rv® siècle sur le dogme trinitaire, est une des dernières œuvres de l’auteur. Basile y est cité en termes qui supposent la connaissance de sa mort (en janvier 379) ; les adversaires de la divinité du Saint- Esprit y sont désignés sous le nom de Macédoniens, que le concile de Constantinople, tenu en 381, ne leur donne pas encore. Est-il même postérieur à la date de 392, où Jérôme écrivit son De Viris ? Il semble bien que Jérôme, quoiqu'il n’ait donné, de son propre aveu, qu’une liste très incomplète, n'aurait pas dû omettre un écrit aussi important, s’il l'avait connu ; mais il serait imprudent d'interpréter trop rigoureusement son silence. (

Le traité a trois livres, dont le premier, est particulièrement consacré au Fils et vise les Ariens ; le second, consacré au Saint-Esprit, réfute les Macédoniens ; le troisième, après une récapitulation des deux premiers, examine les textes scripturaires utilisés par les uns et les autres. Comme dans le Traité du Saint-Esprit, Didyme développe la doctrine de Nicée et d’Athanase, en y apportant les précisions que les discussions postérieures avaient rendues nécessaires et en se rapprochant beaucoup du point de vue des Cappadociens. Son originalité prin-

(1) Ce manuscrit du x1° siècle a été publié pour la première fois par I. Azoysrus-MixGarEL LT, à Bologne, en 1769 ; il appartenait au cardinal Passionei et est aujourd’hui coté à la Bibliotheca Angelica, n° 116.

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