E SACRÉE
quante exemplaires sur parchemin, bien lisibles, com-
modes pour l’usage, qui doivent être confectionnés par
des artistes calligraphes, et sachant exactement leur art (1) ».
Grand travailleur, Eusèbe savait combien le temps est précieux et quelle reconnaissance les érudits ou les simples curieux doivent à ceux qui facilitent leurs recherches. Il s’est préoccupé de rendre aisée la compa-
raison entre les récits des quatre évangélistes, par un
ingénieux système de division des textes en chapitres et de renvois à ces chapitres, qu’il a exposé dans sa Lettre à Carpianos. L’Alexandrin Ammonios avait composé une sorte de Diatessaron en insérant dans le texte de Mathieu les parallèles pris aux trois autres évangélistes ; ce qui avait le grand inconvénient, dit ‘Eusèbe, de « détruire la suite du récit » pour ces derniers. Le procédé qu'il a imaginé lui-même a pour objet d’éviter cet éparpillement. Certains manuscrits nous ont conservé les Canons qu’il avait établis en conséquence (2).
Ouvrages historiques. La Chronique. — C’est l’œuvre
historique d’Eusèbe qui le recommande surtout à la pos-
térité. Elle est double, historique à proprement parler, et plus spécialement chronologique. Ni sous le premier aspect, ni sous le second, elle n’est parfaite. Mais, plus on l’a étudiée avec précision, plus on a été conduit à constater que le travail immense accompli par lui a été conduit avec une conscience scrupuleuse, avec une méthode aussi sévère qu'en général on pouvait l’exiger en ce temps, avec une érudition extraordinaire et puisée aux meilleures sources. Pour tout historien du christia-
(1) Vie de Constantin, IV, 36.
(2) Voir le texte de la lettre et les canons dans Grecory, Textkritik des Neuen Testaments, t. II, p. 863 et suiv,
Eusèbe est
nisme et surtout de la littérature Érétane, aujourd’ hui pour nous la bibliothèque de Césarée. Ses
doctrinaux, ne sont qu’un tissu d'extraits; c’est précei-
un exercice oratoire. Comme tous ses contemporains, 1l a sacrifié beaucoup à la déclamation dans ses propres discours, et dans sa Vie de Constantin qui est un panégyrique plutôt qu’une biographie. Mais quand il faisait de l’histoire, il disait adieu à l’éloquence. Il redevenait ce qu'il était plus que tout, ce qui est le trait ori-
nom né se satisfait pas des on-dit et des apparences, mais poursuit son enquête aussi avant qu'elle peut, par tous les moyens dont elle dispose.
di La première préoccupation d’Eusèbe ‘a été d’étabhir ; une chronologie. En cela, il faut reconnaître aussi qu’il obéissait à une pensée apologétique. Presque dès l’ori- gine, depuis Tatien, les Apologistes ont voulu montrer l'antiquité de la religion révélée par rapport au paganisme. Après Tatien, Clément, et surtout Jules Africain, avaient donné plus d’étendue et plus de solidité au système que Tatien n’avait fait qu'ébaucher (1). Eusèbe a pris la suite directe d’Africain, mais en apportant à son
’être plus sûr, et en renonçant à l’idée générale qui avait dicté à Africain le plan qu'il avait suivi, c’est-à-dire à déterminer la durée totale du monde, depuis la création jusqu au jugement dernier, par rapport au moment présent.
L'ouvrage avait pour titre : Canons chronologiques et | Abrégé de l’Histoire universelle des Grecs et des Barbares
(Xpoysxol nayoves rai émiroun ravrodanñs ioropias Evwy te rai
(1) Cf. t. II, p. 178-9 ; 946 ; 471-2.
devenu lui-même la source indispensable. Il remplace #
écrits, non seulement historiques, mais apologétiques et
sément ce qui en fait le prix. Remercions-le surtout d’avoir rejeté bien loin de lui l’idée que l’histoire est
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ginal de sa nature: un curieux, un curieux insatiable du passé, est qui savait bien qu’une curiosité digne de ce %
entreprise un savoir beaucoup plus étendu et qui tâcha
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