‹ Histoire de la littérature grecque chrétienneChapitre 63 sur 200 · livre VIII de l'Histoire (13, 7). En fait, il ne s’est guère · texte numérisé non relu

livre VIII de l'Histoire (13, 7). En fait, il ne s’est guère

écarté de ce principe qu’exceptionnellement, par exemple

pour Saint Romain, qui fut martyrisé à Antioche, mais qui était diacre de Césarée, et pour Ædesios, qui périt

Alexandrie, mais qui était le frère consanguin d’un martyr de Césarée. Dans le plan du livre, on reconnaît la méthode familière à Eusèbe ; les martyres sont classés par années, la durée totale de la persécution ayant été de huit ans ; le contenu des édits est sommairement indiqué, quand il ya lieu ; les périodes d’accalmie relative ou de recrudescence sont notées aussi d’un mot. Le récit est vivant, précis ; il laisse bien voir la figure individuelle de chaque martyr ; les circonstances de son arrestation — souvent provoquée par une mani-

festation volontaire, au cours d’une crise où les âmes

s’exaltaient ; l’attitude des juges ; parfois, en quelque: mesure, celle de la foule ; la nature du supplice et les détails de l’exécution. À mesure qu’il avance, il devient moins simple et fait une place de plus en plus grande à la rhétorique. Faut-il en être surpris, en pensant à la manière habituelle de l’Histoiré ecclésiastique ? Ce

serait oublier qu’il s’agit d'événements contemporains, et

(1) Éditée par Cureton, Londres, 1861 ; cf. B. Viouer, T. U. XIV, k, Leipzig, 1896.

(2) Analecta Bollandiana, 1897, et éd. ScHwarTz. — J. Nes AUs De Eusebii Caæsariensis duplici opusculo nepi vriwv èv [alaativn LLAPTLONTAVTOV, Paris, 1893.

ST FRET à RAS ÉCRITS SUR LES PERSÉCUTIONS 10 ESA

crise fut longue et violente. Eusèbe, a-t-on dit fois, ne mentionne, pour une période de huit ans, ‘un nombre assez restreint de condamnations à mort. N la est vrai, mais, outre qu'à part un très petit D oubre de cas il ne porte pas ses regards hors de la Palestine, derrière. les suppliciés il nous montre aussi a foule beaucoup plus considérable des confesseurs 24400 aux Rene et He Ce Ho du pied

martyrs lyonnais ou viennois. Entre Ro devenue forte et l'État UE se livrait un duel où l'Église

arrestation. Ces raisons expliquent ue peu à peu sage Eusèbe hausse le ton, et, quand il s’agit notamient de Pamphile et du groupe qui l’entourait, on ne ut douter qu’il ne s’exalte sous le coup d’une émotion pese A sa rhétorique est artificielle et

Don LAN par exemple son récit du supplice de Romain au poème que ERUBeRSE a consacré au même artyr. (2).

Géographie historique. — Aux travaux historiques d’Eusèbe, on peut rattacher son traité de géographie

biblique, qui appartient aux dernières années de sa Le

(1) Comme exemple d’un morceau particulièrement monté de ton, on peut citer, au chapitre IX, 10 (p. 929, Scnwanrrz), le développement QUE le cadavre d’une femme, livré aux bêtes. L’indignation d’Eusèbe est sincère et légitime ; le style est déclamatoire. Eusèbe paraît même 1 s’être souvenu (je ne crois pas qu’on l’ait remarqué) d’un morceau

fameux d’Antigone (1080-84).

(2) Péristéphanon, X. Eusèbe ne fait pas parler Romain après que le bourreau lui a coupé la langue. Les miracles qu’il rapporte, par exemple celui du cadavre d’Appien, jeté à la mer et ramené à la cité par un raz de marée, sont beaucoup plus simples, ::

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A | arr (1). Le rite A ‘en subsiste ne tte sous 14 nt tee d’Onomasticon (Liste des noms de lieux bibliques). Elle est dédiée à l’évêque Paulin de Tyr et a été PAR conséquent composée avant 331 (2). Elle représente seulement le dernier élément d’un ouvrage plus considérable, qui comprenait : 1° une traduction en grec des noms de peuples qui se trouvent dans l’Ancien Testament ; 29 une description de l’ancienne Palestine, avec sa division en douze tribus ; 39° un plan de Jérusalem et du temple a 40 une étude nepi Toy TomxGy Oyoudroy Tüy y Tÿ Bei

ypapñ; sur les noms des lieux qui sont dans la Sainte Écri- Re ture. C’est notre Onomasticon. Les noms y sont classés 8 en groupes, selon l’ordre des lettres de l'alphabet grec ; à l’intérieur de chaque groupe, l’ordre n’est plus alphabétique, mais conforme à celui de leur apparition dans le texte biblique. À chaque nom sont ajoutés, “après l'indication du livre et du chapitre, celle de sa situa— tion géographique, et, s’il y a lieu, quelques renseigne- var ments historiques, pour lesquels Eusèbe fait appel non "a seulement à l’Écriture, mais à Josèphe. Ce dictionnaire | a eu beaucoup de vogue, en Occident comme en Orient, : et nous en possédons, outre le texte grec, une traduction latine de Jérôme ; il est encore précieux aujouRe tra d'hu. é Ne

Écrits apologétiques. — Les écrits historiques d’ Eusèbe $ ont une tendance apologétique très marquée. Une partie très importante de son œuvre relève de l’ Apologétique proprement dite. Il ne pouvait, en cette matière, se présenter comme un initiateur, ainsi qu'il l’a fait dans la préface de son Histoire ecclésiastique, maïs il a

(1) Edition princeps par J. Bonrnère, S. J. Paris, 1631.—P. DE LaGarDe : Onomastica sacra, Gœttingen, 1780-1887. — Kziosrer- MANN, dans la première partie du tome [LT de l'édition d'Eusèbe, collection des Griechische christliche Schriftsteller, 1904. — Études PE, P. Taomsen (Zeitschrift des deutschen Palæstinavereins, 1903 ; soi et de Würz, Onomastica sacra, T. U., XLI, 1914.

(2) CavazcerA, Le schisme d'Antioche, Paris, 1915, p. 66.

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eu l’ambition de compléter le système de preuves de toutes sortes que ses précédesseurs avaient commencé à construire, de lui donner une forme plus régulière, et surtout de l’appuyer sur une documentation aussi riche que possible, derrière laquelle lui-même s’efface, cette fois encore, le plus souvent. Il lui suffit de marquer ses intentions dans une introduction, de relier par quelques remarques les extraits qu'il accumule, et de tirer ses conclusions, clairement, brièvement. Telle est la méthode qu’il n’a cessé d'appliquer dans une série d'ouvrages qui se distribuent entre les diverses périodes de sa vie ; c'est exactement celle qu’on peut attendre de l’auteur de l'Histoire.

Apologies particulières. — Il faut cependant faire une place à part à deux d’entre eux, qui avaient un sujet plus particulier. Ce sont des réfutations de deux des attaques les plus redoutables qui eussent été dirigées contre le christianisme depuis Celse. Le premier, le traité contre la thèse (1) de Hiéroclès sur Apollonios de Tyane. nous aété conservé; le second, en vingt-cinq livres, était dirigé contre Porphyre, et nous n’en avons que des . bribes insignifiantes (2).

Hiéroclès, præses de la province de Bithynie dans les premières années du rv® siècle, avait pris pour son pamphlet un titre destiné à rappeler celui de Celse. Celse avait écrit un Discours véridique, "A?nôñe Aoyoc ; Hiéroclès appela le sien avec plus de modestie : Discours ami de la Vérité, Aoyos Dire. Aussi bien Eusèbe commence-t-1l par dire qu'Hiéroclès dépend de Celse

(1) Conservé dans le manuscrit d'ArÉTrAs auquel nous devons les Apologistes (Parisinus græcus, 451) ; édition Gaisrorp avec le Contre Marcel et la Théologie ecclésiastique, Oxford, 1852 ; éd. L. Kayser, dans le tome I de son édition de Philostrate, Leipzig, 1870 ; ce dernier texte a été reproduit (avec une traduction en anglais) dans le Philostrate de la collection Lors (éd. Conybeare, Londres, 1912). Le titre reproduit supra est celui que donne Photios.

(2) Cf. PreuscHEN dans HarNAcK, G. A. L, I., 564, et von per Gozrz, T, U., XVII, 4.

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