LA VIE DE CONSTAN
TIN | reconnu que le premier finissait avec le chapitre xt (EEE Son cas est plus singulier. Au chapitre xzvi du livre IV en de la Vie, Eusèbe, qui vient de parler du concile de Tyr et de raconter comment 1l s’est transféré à Jérusalem
pour l'inauguration de l’église du Saint-Sépulcre, continue 14 ainsi : « Comment est le temple du Sauveur, comment est l’antre du salut, quels sont les monuments du goût de l’empereur pour le beau, quelle est la multitude de ses offrandes, faites d’or, d'argent ou de pierres précieuses,
nous l’avons dit, selon nos moyens, dans un écrit spécial que nous avons présenté à l’empereur lui-même ; thème fé | que, l’occasion venue, nous exposerons, après avoir achevé le sujet du livre actuel, en y joignant le discours du Trentième anniversaire, que peu après, nous étant rendu dans la ville qui porte le nom de l’empereur, nous avons prononcé devant lui... » Cela fait attendre une description des édifices élevés sur l’ordre de Constantin à Jérusalem ; or cette description se trouve maintenant au livre III de Aa è la Vie, ch. xxv et suiv. Quant à l’écrit qui, dans notre | tradition manuscrite, fait suite au discours des Tricennales, il commence ainsi : « Allons (2), très grand vainqueur “à Constantin, nous voulons t’exposer, dans cet écrit royal, le secret de la doctrine mystique sur le Souverain __ maître de l’univers, non pour t’initier, toi qui as été instruit par Dieu, ni pour te découvrir les mystères, puisque avant nos discours, Dieu lui-même, non de la (6 part des hommes ni par la bouche d’un homme, mais par à le Sauveur même de tous et.par la vision divine qui t’a | plusieurs fois illuminé (3), t’a montré et révélé les choses saintes les plus cachées, mais pour éclairer les ignorants et faire comprendre à ceux qui ne les connaissent pas les
(1) CE WEnDLAND, Berliner philologische Wochenschrift, 1902, 232 et suiv. ; et ScawarTz, loc. cit., col. 1428.
(2) Le début est abrupt comme celui du Discours trentenaire ; et comme celui du Contre Hièroclès. Cf. supra, p. 14. É
(3) On voit qu'Eusèbe — ici et ailleurs — fait de Constantin un sorte de prophète. 4
| motifs de tes œuvres pies et ddr causes. » il continue en disant que les païens de la Palestine se scandalisent de voir les chrétiens, qui refusent de rendre un culte aux
Dieux et aux héros, élever à des morts (1) des tombeaux
aussi somptueux. Il veut donc leur expliquer pourquoi
Constantin a bâti la magnifique église du Saint-Sépulcre, et, au lieu de la description que semblait promettre le
chapitre xzvr du IVe livre, il nous donne un ouvrage apo- Jogétique et dogmatique, qui ne nous apporte d’ailleurs à
peu près rien de nouveau ; car la plus grande partie en est
simplement empruntée aux trois premiers livres de la
Théophanie (2). La conclusion, brève et simple (ch. xvin),
est que Constantin a donc eu raison d'élever cette magnifique église, « pour figurer en caractères royaux le Verbe
céleste, vainqueur et triomphateur, et prêcher à toutes
les nations, en un langage éclatant et sans ombre, en acte
et en parole, notre confession pieuse et religieuse. » Évidemment, le plan primitif d’Eusèbe a subi, sur ce point au
moins, une modification assez profonde.
Conclusion. — Il est difficile de porter un jugementd’en-
semble sur un homme dont le caractère et le talent, la doctrine et la conduite nous paraissent tour à tour méri-
ter l’éloge et la critique. Nous comprenons la joie d’Eusèbe après le triomphe de l’Église et l'avènement d’un empereur chrétien, mais nous le trouvons trop attentif parfois aux avantages matériels que cette révolution apporte aux
__ évêques et aux fidèles. Nous nous rendons compte que le
dogme de Nicée et les formules d’Athanase ont pu déconcerter un théologien de capacité médiocre et qui avait d’ailleurs été formé à l’école d’Origène, mais nous regrettons qu’il n’ait pas su mettre plus de vigueur à éclaircir lui-même le problème qui se posait à la conscience chrétienne, et que son attitude ait souvent manqué de netteté, sinon de franchise. Nous ne pouvons avoir qu’une estime médiocre pour le prédicateur et le panégyriste, bien que
ses discours paraissent avoir été fort applaudis, et, si nous
sommes plus indulgents pour l'écrivain, c’est que, dans
bandits
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œuvre d'art. Le ete titre d' Eustbe Abies 4e à postérité est dans son Histoire ; je veux dire dans partie de cette Histoire qui traite des événements anté rieurs à la période de Dioclétien. Formé à à vos de Par
pas nécessaires à l’historien, la curiosité ; ; il avai souci du document. La bibliothèque de Césarée metta à à sa disposition les documents les plus précieux sur ; christianisme de la fin du ref siècle, du 1r et rrre. Il nous : ne conservé une bonne part de ces trésors, et nous pouvons oublier ou dédaigner le controversiste, l’homme de cour et l’orateur ; mais nous devons garder notre. >gratitude à l’érudit babe à l’archiviste zélé, à l’annaliste qui a eu la sagesse, quand il possédait de bons textes, AT
de s’effacer derrière eux et de les laisser parler.
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PAR AIU TRES ÉCRIVAINS A TENDANCES ARIENNES : ACACB, DE CÉSARÉE ; | BuSÈBE D’ÉMÈSE; GEORGES DE LAO- DACÉES THÉODORE D’'HÉRACLÉE.
; Bibliographie. — Acace : Il n’y a pas d’étude spéciale à signaler ; cf. Jérôwe, De Viris, 98 ; Ep., 119, 6; Parcosrorcr, H. E., NAULE ÉrIPuANE, Panarion, Hær. 12 ; Socrate, H. E., If, 4 ; 40 ; III,
Eusèse D’Émèse : Recueil des fragments par J. Car. W. Auausri, Elberteld, 1829 ; reproduit dans P. G., LXXXVI ; mais à contrôler par J.C. Tuino, Ueber die Schriften des Eusebius von Alexandrien © und des Eusebius von Emesa, Halle 1832, et A. WrzmanrT, Le souvenir d'Eusèbe d’Émèse, dans les Analecta Bollandiana, 1920.
Acace de Césarée. — On peut rattacher à Eusèbe
lui, eurent dans les controverses théologiques, une attitude assez flottante. Son successeur à Césarée, Acace, fut aussi un prélat politique, qui, sous Constance, fut à la tête des Homéens, parut revenir à l’orthodoxie sous
déposé par le Concile de Lampsaque de 365 (1). Ce qui nous intéresse ici plus que ses variations, c’est qu’il fut un érudit utile et un écrivain assez fécond. « Acace », dit saint
(1) Voir dans la Bibliothek der Symbole der HAxn, $ 165, le symbole Acacien de Séleucie, en 359. Les Actes du synode homéen de Constantinople, auquel il avait pris la part principale, en 360 (cf. Prizostorce, IV, 12) sont perdus.
quelques évêques qui ont subi son influence et qui, comme
Jovien, fit une nouvelle volte-facé sous Valens, et fut
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