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Bibliographie. — Fragments réunis dans Rerrserc, Marcelliana, Gœættingen, 1794, et KLosTERMANN, dans son édition du C. Marcel d'EusÈBe (tome IV, d'Eusèse, dans les G. C. L.) Leipzig, 1906.
Érunes : Ta. Zann, Marcellus von Ancyra, Gotha, 1867. — F. Loors, dans les Sitzungberichte de l’Académie de Berlin, 1902, et dans la Realenzyklopædie für protestantische Theologie und Kirche. Avec le traité d'Eusèse, la source la plus importante au sujet de MarceL est dans le Panarion d'Éripaane, Hérésie LXXVI ; Épi- PHANE cite, outre d’autres textes mentionnés infra, des fragments étendus d’un traité d'Acace contre Marcel.
Paorin : ZAaun, Marcellus von Ancyra (cf. supra) ; article de Loors dans la Réalenzyklopædie für protestantische Theologie und Kirche.
Basize D’Ancyre : ScaLcapeBacn, Basilius von Ancyra. Leipzig, 1898 ;: — Gummerus, Die homæousianische Partei bis zum Tode des Constantius, Leipzig, 1900.
La Cappadoce a produit, dans la seconde moitié du ve siècle, les plus ardents défenseurs de l’orthodoxie après Athanase, et ces grands théologiens furent en même temps des écrivains, des orateurs d’un talent excep-
< ol, L'activité intellectuelle fut alors très intense ARE toute l'Asie intérieure, considérée auparavant comme arriérée et demi-barbare. A côté des Basile, des Grégoire de Nazianze, des Grégoire de Nysse, Cappadoce ou Galatie ont aussi donné le jour à plus d’unsectaire. Nous avons déjà parlé d’Astérios, et nous réserverons Eunomios pour le moment où nous étudierons son adversaire, saint Basile. Disons un mot de Marcel d’Ancyre, de Photin et de Basile d’Ancyre.
Marcel d’Ancyre. Biographie. — Les Pères du rv® siècle, dans leurs polémiques contre l’arianisme, considèrent toujours l’orthodoxie comme une doctrine intermédiaire entre deux erreurs contraires : celle d’Arius, et celle de Sabellius. Le sabellianisme trouva un défenseur, quelques années après le concile de Nicée, dans un évêque galate, l’évêque d'Ancyre, Marcel. Il avait été des plus ardents à Nicée contre Arius, ce qui lui donna bonne réputation auprès des Occidentaux et rendit sa condamnation assez malaisée,
quand elle devint nécessaire. Il était déjà âgé (1) en 335:
quand il entra en campagne, pour son malheur, contre Astérios, le sophiste Cappadocien (2). Il se croyait bien ‘inspiré, et alla offrir lui-même son traité à l’empereur, au moment où se tenait à Constantinople une réunion d’évêques partisans d’Eusèbe de Nicomédie. C'était tomber dans la souricière : il fut déposé et remplacé (3). En 337, après la mort de Constantin, il rentra dans sa ville épiscopale, pour être de nouveau condamné à Constantinople en 338 ou 339. Il n’ignorait pas qu’en Occident on le connaissait uniquement comme adversaire de l’arianisme, et qu’en conséquence on lui était fort sympathique. Il se rendit à Rome en 340 et il présenta au pape Jules une profession de foi assez discrète (4). Un concile romain
(1) Cf. Eusèse, De Eccl. theol., 11, 22. (2) Cf. sur Astérios, p. 133.
(3) Sozomène, H. E., 11, 33.
(4) Il est dans ÉPIEBANE, Hær.,,72, 2-3,
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le réhabilita en 341. Cette sentence favorable fut confirmée
à Sardique, en 343, et Marcel rentra de nouveau à Ancyre, d’où Constance le chassa quatre ans plus tard (347) (1). Épiphane, vers 376 (2), date sa mort d'environ deux ans
auparavant. Îl aurait donc vécu jusqu’en 374, sans faire
désormais parler de lui, du moins à notre connaissance.
Le traité contre Astérios. — Dans l’ouvrage qu’il a com- posé contre Marcel, Eusèbe, fidèle à ses habitudes, a fait de
ce traité de nombreuses citations. Il ne nous en donne pas
le titre exact, et il est peu vraisemblable que, d’une phrase 2
de saint Hilaire (3), on soit autorisé à conclure que ce
titre fût : Sur la subordination du Seigneur Christ : la
formule eût été trop provocante. Il n’est guère possible, non plus, de reconstituer le plan d’après les extraits fournis par Eusèbe. Mais il ne reste guère d’obscurité sur
la doctrine. Marcel, en s’aidant souvent d’une exégèse
hardie, condamnait sans doute du bout des lèvres Sabellius (4), mais il est facile de voir qu’il était fort proche de lui, quand il écrivait (5) : « Avant que le monde fût, le Verbe était en le Père. Mais lorsque le Dieu tout puissant se proposa de créer tout ce qui est dans les cieux et sur la terre, la production du monde réclama une activité opératrice (évepyelas doaotuxñs) ; et c’est pourquoi, alors qu'il n’y avait rien d’autre que Dieu (car on est d’accord que tout a été fait par lui), alors le Verbe préalablement issu devint le créateur du monde, ce Verbe qui, auparavant à l’intérieur, le préparait intellectuellement, comme nous l’enseigne le prophète Salomon, en
disant : « Quand il préparait le ciel, j'étais auprès de Jui », et « quand il rendait inébranlables les sources de l’eau sous le ciel, quand il établissait solidement les fon-
dements de la terre, j'étais auprès de lui pour organiser ;
(1) Selon Socrate, H. E., 11, 26, et SozomÈne, IV, 2.
(2) Ib. 1.
(3). Ex. op. hist. fret. 11, 22.
(4) N° 44 de la collection du fragment de KLOSTERMANN. (5) Ib., n°60.
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j'étais celui dont il se réjouissait ; car le Père se réjouissait naturellement avec sagesse et puissance, en créant tout par le Verbe. » Il n’y a visiblement là guère plus que l'exercice par Dieu d’une de ses facultés. On n’a plus de doute quand on lit un peu après (1) : « Dieu dit à Moïse : Je suis celui qui est » (Exode, 3, 14), afin de lui apprendre qu’il ny a aucun autre Dieu en dehors de lui. Il est facile, j'imagine, aux gens de bon sens, de s’en rendre compte par un exemple modeste et bas, tré de nousmêmes. Il n’est pas possible, non plus, de séparer le Verbe de l’homme en puissance et en substance (duvaue vai vroctdoa) ; car le Verbe fait un avec l’homme et est la même chose que lui, et ne peut en être séparé d’aucune autre manière que par la seule opération de l'acte. » Marcel rejette done l’emploi de la formule : trois hypostases, qui, d’ailleurs, n’a pas triomphé sans résistance. Il emploie, pour caractériser la divinité, l'expression monade qui.s’amplifie (2). À plus forte raison, ne donne-t-il aucune existence réelle au Saint-Esprit. Il s'empare avec joie du terme homoousios, consacré par le concile de Nicée, et, le prenant dans son sens le plus strict, il s’en sert pour nier que le Fils soit engendré et soit une personne. Avant l’incarnation, il n’y a pas de Fils de Dieu. On peut trouver des nuances entre ces vues et celles du monarchianisme antérieur au 1v® siècle ; au fond, elles sont, sinon identiques, du moins très analogues.
Les Occidentaux, qui ne connaissaient Marcel que de. nom, ont pu s’y tromper. Les Orientaux, qui lisaient son livre, n’ont jamais pu avoir d’autre hésitation que celle qui pouvait leur venir du désir d’épargner un vieux compagnon d’armes dans la lutte contre Arius.
À juger par les citations d’Eusèbe, Marcel était un écrivain assez vigoureux, un peu sec, qui recherchait,
1) Fragm. 61.
(2) Fragm. 67; uovaç mAatuvouêvn ; e’est une expression nettement sabellienne,