LIT
lait Christ lui-même, celui qui, fut ravi jusqu’au ne, .
sième ciel, celui qui a entendu des paroles ineffables, qu'il n’est pas permis à l’homme de prononcer, quel enseignement nous a-t-il livré sur l’essence de Dieu ? lui qui, lorsqu'il eut entrevu certaines raisons partielles de la Providence, comme saisi de vertige en présence de ‘ la difficulté de les contempler, poussa ce cri : « O profondeur de la richesse et de la sagesse et de la connaissance de Dieu ! Comme ses jugements sont insondables ! et impénétrables ses voies ! (1) » Si tout cela est inaccessible à ceux qui ont atteint le degré de science où Paul était parvenu, quel n’est pas l’orgueil de ceux qui se font forts de connaître l’essence de Dieu ?
Basile a donné dans cette page une belle expression au sentiment chrétien, à l'humilité chrétienne que l’assurance intellectuelle d'Eunomios ne pouvait manquer de choquer. Nous ne saurions le suivre pas à pas, dans une discussion dont nous venons de définir suffisamment l’allure et de caractériser l’esprit. Une dialectique serrée s’y associe à une passion véhémente, et il n’est pas exagéré de dire que cette union d’une raison lucide et d’un sentiment exalté rappelle quelquefois, non seulement Athanase, mais Démosthène. Pour conclure ce premier livre, consacré à la doctrine du Père, Basile trouve que le judaïsme valait encore mieux que l’anoméisme.
Le second livre traite du Fils. Basile y fait encore de nombreuses citations textuelles de l’Apologie, en reprochant à l’auteur d'innover souvent, non seulement dans les idées, mais dans les termes (2), alors que les Septante, dans leur souci d’exactitude, ont préféré, quand se présentaient certains cas trop dificiles, conserver le mot hébreu, plutôt que de s’exposer à innover. Après une de ces citations, il apprécie ainsi la thèse d’Eunome sur la concordance nécessaire entre les mots et l’objet qu’ils signifient :
(1) Rom., XI, 33.