‹ Histoire de la littérature grecque chrétienneChapitre 94 sur 200 · TRUE · texte numérisé non relu

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quant au Fils, les opposants, eux, tendaient de plus en

plus à s’établir, comme dans la dernière position qu’ils

pussent défendre, dans une doctrine qui réservait au

moins le cas du Saint-Esprit et l’excluait plus ou moins nettement de l'essence divine. Athanase, en Égypte, dès 362, fit trancher la question par le concile d’Alexandrie. En Asie, elle restait aiguë. Les adversaires de la divinité du Saint-Esprit étaient nombreux et actifs ; on les appelait les Pneumatomaques (ceux qui combattent l’esprit), ou les Macédoniens, du nom d’un évêque de Constantinople, Macédonius, dont la responsabilité en cette affaire n’apparaît pas très clairement (1). Saint Basile ne tenait pas, nous l’avons vu, dans les affaires délicates, à froisser trop rudement l’opinion, quand il savait qu’elle restait incertaine ou hostile. Ses homélies nous ont montré avec quelle prudence il procédait. Ces ménagements couraient naturellement risque d’être diversement interprétés. Des esprits élevés comme Athanase les comprenaient et les approuvaient (2). D’autres s’en indignaient. Nous le savons, en particulier, par une lettre de Grégoire de Nazianze, écrite en 372 ou 373 (3) ; Grégoire, dans une réunion, eut de la peine à défendre son ami contre un moine qui n’hésitait pas à l’accuser de mensonge et de flatterie. On s’était particulièrement scandalisé, dans les milieux animés de cet esprit soupçonneux, un jour où, prêchant pour l’anniversaire du martyr Eupsychius, Basile avait évité visiblement d'employer pour l'Esprit la qualification @ecc (Dieu). D’autres précautions qu’il prenait produisaient le même effet. On

(1) Voir sur ce point Ducneswe, loc. cit.

(2) Voir particulièrement la lettre à Jean et Antiochus (371 /2), où il prend sa défense en disant qu’il est « l’orgueil de l'Église », et où il s’exprime ainsi « Il se fait faible, j’en suis sûr, en vue des faibles, pour gagner les faibles; donc, que nos frères, considérant le but véritable qu’il poursuit, et sa tactique, glorifient le Seigneur, qui a donné à la Cappadoce un évêque tel que chaque pays voudrait en avoir un pareil ».

(3) Ep. LVIII.

see fé. fé

ne saurait donc être surpris qu’il ait été obligé un jour

de préciser sa doctrine. Il l’a fait, dans les dernières

années de sa vie, en 375 (1), quand il a écrit son Traité du Saint-Esprit, qu’il a adressé à Amphilochios, Cappadocien d’origine, probablement parent de saint Grégoire de Nazianze. Il avait favorisé l'élection d’Amphilochios à l’évêché d’Iconium ; il le regardait comme un de ses meilleurs auxiliaires pour la défense de l’orthodoxie, et il

a entretenu avec lui une correspondance, où tiennent le

premier rang les trois célèbres Lettres canoniqués dont nous parlerons plus bas.

L’exorde du traité est écrit sur un ton de gravité facile à comprendre, en la situation que nous venons de décrire. Sur un problème difficile, où il convient d'examiner jusqu'aux syllabes, Basile répondra volontiers aux questions de son ami, parce qu'Amphilochios ne recherche que la vérité, et qu’il n’est point au nombre des « espions »

qui surveillent toutes ses paroles et ne l’interrogent que

pour lui tendre un piège. Le but du chrétien est de ressembler à Dieu, et c’est par la science exacte des choses divines qu’on peut l’atteindre. Pour le moment, Basile veut expliquer le sens des formules de doxologie qu’il emploie, et qui sont les deux suivantes : rendre grâces « à Dieu avec (ueræ) le Fils en compagnie (où) de l’Esprit » et « à Dieu par le Fils en le Saint-Esprit ». Ses adversaires disent qu’elles ne sont pas d’accord l’une avec l’autre, et que la première est une innovation. L'objet des. deux chapitres suivants (11-111) est d’exposer le point de vue des Anoméens, et notamment les conséquences qu’Aèce tire de l’emploi, dans la formule de Paul (I Cor., 8, 6), de trois prépositions distinctes, l’une qui s’applique au Père (&£), pour signifier l’origine ; l’autre (dx), propre au Fils et qui lui convient parce qu’il est l'instrument ; la troisième (&), relative au Saint- Esprit, pour indiquer le temps et le lieu (de la création).

(1) La date ressort des lettres 235 et 248.

Abus Lee est que V Rare n "établit pas entre elles de distinction aussi tranchée, et que les Anoméens, au lieu de la suivre, soutiennent une thèse philosophique.

sa première formule de doxologie révolutionnaire, et, en conservant la préposition qu'il y emploie (uetæ), lui. donnent une autre construction et un autre sens, par lesquels la véritable notion de la Trinité est ruinée ; ce sont,

dit-il, « des gens que le vin fait déraisonner et dont un

le reconnaître, une assez grande subtilité dans le recours aux textes scripturaires, grâce auxquels il veut justifier ce qu’on lui reproche comme une nouveauté (vi), et montrer l’équivalence de la préposition peré et de la | préposition dit (virr). Après ces préliminaires néces- saires, mais ardus, dont les premiers mots de son intro- duction avaient pour but d’excuser la sécheresse, Basile entre, au chapitre 1x, dans un examen plus large de la à nature de l'Esprit, des moyens par lesquels il agit etse Ra communique, des effets qu’il réalise. Excité par la gran- deur du sujet, son style prend plus d’ampleur et de force. Mais, comme il est bien loin encore d’avoir réfuté toutes

qu'il revient à la dialectique. Cependant il a pris son élan, et, dès lors, sa discussion a, pour le lecteur moderne, un intérêt plus vif. L’argumentation s’appuie sur la formule du baptême, telle que.la donne le verset 19 du chapitre xxvirr de Mathieu. Accepter cette formule et rejeter ensuite le Saint-Esprit, c’est de l’apostasie, c’est de l’athéisme ; c’est nier le Christ (x-xt). Il faut rejeter les arguties de ceux qui, en se fondant sur certaines expressions de saint Paul, soutiennent qu'il suffit de baptiser en le Seigneur (Ép. aux Galates, 111, 27), qe ou, au contraire, qu’il faut joindre au Père et au Fils les Anges aussi bien que Esprit (I Timothée, v, 21), ou tirent argument du « baptème en Moïse »,([ Cor., x, 2),

Il s’échauffe quand il en vient à réfuter ceux quitraitent

ni li à à D

délire trouble l'esprit (vr)». Lui-même n’évite pas, il faut

les objections de ses adversaires, il tourne court et déclare

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tot mit cad. sites dns nt me.

baptisés « « en Mu » (XV).

HRrÉRRE soit qu'il s'agisse de l'incarnation, soit qu’il

décisifs ; mais les Pneumatomaques les contestent avec

x chapitre XVI contient quelques- unes des plus belles De

Mn Te du Père et du Fils, soit qu'il s’ ’agisse de la

s'agisse du jugement dernier. Quelques lignes extraites du développement sur la création des Anges (1).en lais seront entrevoir le mouvement et l’éclat : « Imaginez qu'on supprime l’Esprit, et les chœurs des anges so dissous, les fonctions des archanges sont supprimées leur existence tout entière n’a plus de loi, plus d’ordre, plus de règle. Comment les anges pourront-ils dire « Gloire au Seigneur, au plus haut. des cieux ! » s’ils ne sont point inspirés par l'Esprit ? » etc. Si le chapitre xvr examine encore des arguties grammaticales (2), 1 0e pitre xvir soutient avec ampleur-l’accord entre la croyance en trois hypostases et le dogme de la monarchie d divine (3) ; le chapitre x1x, où Basile défend la divinité 1 du Saint-Esprit contre ceux qui disent qu’on ne doit FU pas le glorifier, en exposant les opérations qui lui sont communes avec le Père, est animé et pressant, ainsi je que le xx®, dirigé contre ceux qui ne le placent ni au rang d’esclave ni à celui de maître, mais dans la catégorie des êtres libres. Au xxr°, il déclare qu’il est temps de mettre hi fin à l'argumentation dialectique, et de recourir aux témoignages de l’Écriture. Ces témoignages lui paraissent

âpreté : « Si nous disons ce que nous avons appris de À / Un

(1) Le début de ce chapitre est intéressant à comparer à ce qui est dit, dans les homélies sur l’Hexæméron, de la création du Tpe) invisible et des substances spirituelles.

(2) D’où se tirent d’ailleurs de graves conséquences (différence entre ouvapthuetohat et ÜraprÜpetchat).

(3) Tous les arguments ne sont pas d’ailleurs d’une force égale ; ; celui qui est tiré des images impériales n’a pas grande valeur ; l’éloquence ne va pas toujours de pair ici avec la dialectique.

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