‹ Histoire de la littérature grecque chrétienneChapitre 95 sur 200 · LT SP NL OR TEA NE UE ET · texte numérisé non relu

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l'Écriture, peut-être vont-ils pousser, d’une voix forte, des cris véhéments, et, se bouchant les oreilles, ils ramasseront des pierres ou tout ce qui tombera sous leurs yeux ; chacun d’eux s’en fera une arme pour marcher contre nous. Néanmoins, nous ne devons pas préférer notre sécurité à la vérité. » Le texte qui lui paraît le plus probant est le verset 17 du chapitre im de la IIe Épître aux Corinthiens ; tous ceux qu'il cite viennent également des Épîtres de saint Paul, à l’exception d’un seul, qu’il tire des Actes (vir, 57-8). Dans le chapitre suivant (xxir), il y ajoute des textes évangéliques ; c’est ‘pour prouver que la communauté de nature entre l'Esprit et les deux autres personnes ressort du fait qu'il est aussi difficile à atteindre qu’elles, et ne peut être conçu que par ceux qu'il éclaire. Il faut donc le glorifier, et sa doxologie consiste dans l’énumération de sés attributs (xx). La thèse des Pneumatomaques peut d’ailleurs être réduite à l'absurde, puisque l’Écriture glorifie même des créatures (xxrv). Oui, disent-ils, mais jamais elle ne glorifie l'Esprit en l’associant au Père et au Fils (c'est-àdire en employant, pour le joindre à eux, la préposition . cb). Basile entreprend alors de démontrer que la préposition &, qu’elle emploie, est équivalente à ot, et qu’on la trouve appliquée à l'Esprit dans toutes les acceptions dont elle est capable (xxv et xxvi). La suite de cette étude, au chapitre xxvir (1), l'amène à faire cette déclaration intéressante qu’il y a une double source de la vérité catholique, l’'Écriture, mais aussi, à côté d'elle, la tradition apostolique. Il va jusqu’à dire : « Si nous tentions d’écarter ceux de nos usages qui ne sont pas établis par l’Écriture, nous risquerions de porter une

(1) C’est à partir de ce chapitre qu'Érasme mettait en doute l’authenticité ; on peut voir un résumé de ses arguments chez Jonnsron, p. 125. Les versions syriaques dont Johnston a fait usage montrent en tout cas qu’on l’admettait, un siècle au plus après la mort de Basile ; elle n’est guère plus contestée aujourd’hui, bien que certaines des raisons d’Érasme ne soient pas indignes d'attention

grave atteinte à l'Évangile, ou plutôt de réduire la foi à n'être plus qu’un mot (1). » L’objection discutée au chapitre xxvinx est que l’Écriture nous promet de régner avec le Christ, non avec l'Esprit. Revenant à la préposition ot, Basile la justifie par des exemples pris à des autorités telles que Clément Romain (Il), Irénée, Jules Africain, Grégoire le Thaumaturge, Firmilien, Mélèce (2). Il fait même appel à l’usage syriaque (3) et à la langue cappadocienne, et conclut : « Comment alors suis-je accusé d'innover et de forger des mots, quand des nations entières et des cités et une coutume plus ancienne que toute tradition humaine, et des hommes qui sont des colonnes de l’Église, illustres en toute science et toute puissance de l'Esprit, apparaissent comme les initiateurs et les patrons de cette expression ? C’est pour cela que cette bande d’ennemis s’est mise en mouvément, que toute ville, toute bourgade, et les régions les plus éloignées sont remplies de calomnies contre nous. Certes, c'est chose pénible et douloureuse pour ceux qui ne cherchent que la paix ! Mais puisque grande est la récompense des souffrances endurées par la foi, faites encore briller le glaive, aiguiser la hache, allumer un feu plus violent que celui de Babylone, et menacez-moi de tous les instruments de supplice ! Rien n’est plus redoutable à mes yeux que de ne pas redouter les menaces que le Seigneur a lancées contre ceux qui blasphèment l’Es-

(1) Comme exemple de ces usages, il cite le signe de la croix : la direction vers l’Orient pendant la prière ; les paroles de l’épiclèse (en partie au moins) ; les trois immersions du baptême ; la renonciation à Satan et à ses anges ; la discipline du secret. Rien de tout cela ne se trouve dans les autres ouvrages authentiques de Basile.

(2) Il ne s’agit pas de Mélèce d’Antioche, mais de Mélèce du Pont (cf. Eusèse, H. E., VII, 32, 26).

(3) En s’appuyant sur ce que lui a dit un savant, qui était peutêtre Éphrem. Toutes les autorités citées ici conviennent à ce qu’on peut attendre de Basile, en sorte que, si l’on était tenté de reprendre la thèse d’Érasme, il faudrait plutôt supposer des interpolations que rejeter toute la fin du traité.

it. » (xx1x). Une vive peintur! le la confusion © hérésie a jeté toute l’Église d’ Orient sert de conclusion u traité (xxx). C’est une bataille navale, qui se livre entre adversaires enivrés d’une fureur incroyable, et que

vient aggraver l'horreur d’une tempête qui s’élève pendant qu’ils sont aux prises. Basile développe l’image (1) selon toutes les régles, mais ce morceau très soigné est en même temps animé d’une indignation profondément sincère. Puis il reprend l’idée en la dépouillant de l'image. Il montre, selon un thème qui lui est familier, l’orthodoxie étouflée entre le judaïsme (sabellianisme) et le ‘polythéisme (arianisme)'; la manie ratiocinante qui s’est emparée des fidèles les plus ignorants ou les plus tarés ; 4 l'ambition des moins instruits ou des moins dignes, qui pe se ruent » vers l’épiscopat. Il préférerait le silence ; mais la contagion, gagne sans cesse. La charité l’oblige à Die S’il n’a pas dissipé toutes les obscurités, qu *Amphilochios lui signale les difficultés qui l’arrêteront encore. « Car le Seigneur, soit par moi, soit par d’autres, assurera J’accomplissement de la tâche, en prêtant à ceux qui sont dignes de lui la science que donne l’Esprit. » | Le traité se termine ainsi par le rappel de la fonction essentielle de l'Esprit. Les dernières pages portent la marque évidente de leur origine. Érasme avait rejeté toute la partie qui commence au chapitre xxvur. Elle contient ce morceau sur la tradition apostolique et la part très large qu'il faut lui faire à côté de l’Écriture, qui peut surprendre et dont on ne trouve pas l'équivalent dans le reste de l’œuvre de Basile, mais qui ne paraît pas cependant impossible dans sa bouche. Si le morceau contient peut-être des additions ou des retouches, l’ensemble ne paraît pas devoir être soupçonné.

:. Traités apocryphes. — En dehors de ces trois traités, tous ceux qui portent encore le nom de Basile doivent, au contraire, certainement être rejetés. C’est le cas, tout

(1) Elle se retrouve ailleurs chez Grégoire de Nazianze, Or., Il, 81.

M. Cavallera a proposé de l’attribuer à Basile d’ Ancyre

Un certain nombre d’autres écrits: ‘qui ne sont pas p authentiques seront indiqués plus commodément propos du recueil des écrits ascétiques, auquel ils Ê joints.

Les écrits ascétiques (2). — Au chapitre xxxIV de son

7 Oraison funèbre, Grégoire de Nazianze mentionne, -après les œuvres charitables de Basile, « js règlements ‘pou les moines, écrits et non écrits »; ‘au chapitre Lxu1, en parlant des couvents qu'il a fondés, il lui attnB0e ‘ ‘encore des « prescriptions écrites ». Rufin dit avoir tra- es duit ses institutions monastiques (instituta monacho=

__ rum) (3) ; sa traduction est, en réalité, une combinaison des . Règles, la IORÈUE et la courte, et saint Jérôme a

Amphiloque PRES eo 143, note 1) a sie la défense du traité) dl à mods Tods ouxopavrodvras huäs ôre tpeis Üeodc \ëyouev (P. G., 31, 1488).

(2) Sur cette catégorie d'ouvrages, cf. Dom Besse : les Moines d'Orient. — K. Hour, Enthusiasmus und Bussgewalt beim griechischen Moœnchtum, Leipzig, 1898. — Perrakaxos, Oi povaytxot Oeoprot Ev th : 6p0od6Ew ävarohixn &kxAnsia, Leipzig et Athènes, 1907. — MorisoN, | ï … Saint. Basile and his Rule, Oxford, 1912. — CLarke, Saint Basilethe Great, Cambridge, 1913. ; (3) Littéralement : des asiles de vierges (rapbevüvec), j te EXT.

. (5) De Viris, 126.

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