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plus détaillés que les autres, et relatifs, l’un à l’authenticité, l’autre au contenu de ce recueil.
Le premier est de Sozomène (1). Il est ainsi CONÇU : & Chez les Arméniens et les Paphlagoniens et ceux qui habitent du côté du Pont, c’est Eustathe, dit-on, celui qui a administré l’église de Sébaste, en Arménie, qui a été l’initiateur de l'institution monastique, et qui a expliqué comment on doit s’y comporter avec zèle, de quels aliments il faut user et desquels s’abstenir, quels vêtements il faut avoir, quelles mœurs et quel régime ; si bien que certains soutiennent que le livre ascétique qui porte le nom de Basile est un écrit de lui. » Photios (2) définit les Ascétiques de Basile, évêque de Césarée, comme un ouvrage utile, s’il en fut, en deux parties (duo Aoyos), ‘où sont contenues des questions et des réponses tirées de l’Écriture ; en indique les caractères littéraires en termes généraux et donne enfin l’analyse plus précise que voici : « La première partie explique quelle est la cause et le péril de ce si grand désaccord et de cette si grande dissension entre les Églises de Dieu et entre les fidèles en particulier ; en second lieu, que la transgression de tout précepte est punie avec une rigueur terrible ; et, en troisième lieu, elle démontre, d’après les Écritures, la foi pieuse, c’est-à-dire la reconnaissance pure et simple de la très sainte Trinité. La seconde expose, en quelque sorte, les caractères généraux du chrétien, en abrégé ; et, de même encore, ceux des préposés au Verbe. Ensuite, l’auteur donne certaines règles ascétiques, sous forme de questions et de réponses, au nombre de cinquante-cinq ; et d’autres, plus en abrégé, au nombre de trois cent-treize. »
Du témoignage de Sozomène, 1l faut probablement retenir que, puisqu’'Eustathe fut l’initiateur de l’institution monastique dans le Pont et l'Arménie et que Basile
(2) Bibl., codex 191,
SAINT BASILE. ASCÉTISME 297 fut d’abord le disciple enthousiaste d’Eustathe, une partie des règles prescrites par Basile remonte en dernière ligne à Eustathe, soit qu'Eustathe les eût rédigées par écrit, soit que Basile les eût simplement recueillies de sa bouche. Le témoignage de Photios nous est garant que notre recueil actuel s’est encore grossi après lui, et ne l’est pas, au contraire, qu'il ne se soit pas accru entre
le temps de Basile et celui de Photios. Il faut donc en
venir à l’examen intrinsèque de ce recueil.
Il s’ouvre par un morceau intitulé : Esquisse préalable de la vie ascétique (Ioodarirwoos doxnrux). C’est un ser-
mon dont le thème est le développement d’une méta-
phore assez banale : Vous êtes les soldats du Christ. Il s’adresse aussi bien aux femmes qu’aux hommes. Rien ne suggère qu'il fût connu de Photios. Le style a peu d’analogie avec celui de Basile. C’est donc un écrit tout au moins très suspect. — Le Discours ascétique avec exhortation à renoncer au siècle et à acquérir la perfection sptrituelle traite d’abord de la difficulté de se conformer à la vie monastique ; l’auteur recommande ensuite de se confier à un directeur sévère ; d’être, du reste, sévère pour soi-même ; de sortir le moins possible de sa cellule ; de conserver la chasteté et d’éviter la gourmandise ; de comprendre les leçons que nous donnent les mauvais exemples d'Adam, de Noé, etc., et d’imiter, au contraire, Daniel et d’autres héros de l’Écriture. Les conseils qui suivent sont variés et plus difficiles à résumer. Notons ici celui de se souvenir que les tentatives du démon sont particulièrement périlleuses à l’heure de la prière. L’expression et le style paraissent dénoter un autre auteur que Basile, et Photios n’a pas plus connu ce second écrit que le premier. Il a ignoré aussi le Discours sur l’ascèse, que ce silence rend également suspect, mais qui est de ces trois petits ouvrages, celui qui, par la forme, éveillerait le moins de suspicion (1).
(1) Je ne connais pas cependant chez Basile d'exemples de l’expres-
Après. ce rHble préambule, L rect morceau plus important qui a pour titre : (Préceptes) morale (Hüxa«), et qui a lui- -mêmée pour première introduction un petit écrit sur le jugement de Dieu, dont l’auk teur déclare avoir eu la bonne chance d’être élevé dans le christianisme, avoir fait des voyages et avoir été mêlé à de nombreuses affaires ; toutes choses qui conviennent | à Basile. Il se plaint ensuite que, dans l'Église de Dieu 1 seulement, règne la discorde, quand ceux qui pratiquent les différents arts ou les différentes sciences sont généralement d’accord. Parmi les hérétiques, les Anoméens sont désignés comme assez récents. Le style est périodique, ‘à la manière de celui de Basile. La plainte sur les dissensions ecclésiastiques paraît répondre à une des indications de Photios. Il y a donc là certaines raisons favo- : rables à l’authenticité. Il est ‘d’ailleurs délicat d’apprécier le caractère d’un RCE qui, après l’introduction que j'ai résumée, ne contient guère que des textes scripturaires brièvement commentés. «
Une seconde introduction est intitulée : Sur la fo. C’est une profession de foi qui a été demandée à l’auteur. Cet auteur a souvent combattu les hérétiques, et sans se faire grand scrupule de se servir de termes que l’'Écriture n’a pas employés. Il s'engage à éviter cet emploi autant que possible dans la circonstance présente. Il expose ensuite son Credo, et il annonce les Préceptes de morale qui vont suivre. Ici encore certains traits conviennent bien à Basile ; d’autres lui conviennent un peu moins ; le style est assez verbeux et le ton manque d’autorité. L'examen intrinsèque laisse le lecteur hésitant. et c’est fâcheux, puisque le sort des Ethica semble lié à celui de cette profession de foi qui les annonce.
Ces préceptes de morale sont au nombre de quatrevingts, disposés de telle sorte que le précepte est d’abord
sion va évordüeræ B16Ala, pour opposer les livres canoniques aux livres apocryphes.
qui le bent On reconnaît cértaines traces d' un HS Il est d’abord question de la pénitence, puis du baptème et de? eucharistie, de la Loi et de l'Évangile, de la hiérar- 4 chie et des devoirs du clergé, des devoirs des fidèles, en général et dans les conditions diverses de la vie ; pa conclusion explique en quoi consiste la véritable vie chrétienne. Mais si l’on peut reconnaître en gros une
tendance à procéder selon ces groupements, il reste beaucoup de flottement dans le détail ; ; beaucoup d'iné- k galité de proportion entre les règles, dont certaines sont brèves, tandis que d’autres ont des corollaires multiples et deviennent de petits traités. Il semble aussi que tantôt ÿ2 la règle ait été d’abord bien réellement formulée pour Wei: elle-même, et que l auteur ait ensuite recherché les textes qui la fondent, mais que, dans d’autres cas, ce soit le à texte qui se soit d’abord présenté à l'esprit et ait sug- | géré la règle. Le rapport entre textes-et règles n’est pas toujours d’une justesse absolument rigoureuse. Deux nouveaux Discours ascétiques, que Photios ne paraît pas connaître, suivent les Ethica. Dans le premier, l’auteur rappelle à l’homme comment, par la chute, il a cessé d’être l’image de Dieu. Pour la redevenir, qu’il observe la virginité, qui fait de sa vie une vie angélique; HP
qu ‘il pratique la vie monastique, pour laquelle il faut. ' être au moins au nombre de dix frères, gagnant leur % nourriture par le travail. Des prescriptions précises sont données sur les heures de prières. L'entrée du monastère doit être interdite aux femmes. Le chef doit seul se mettre en rapport avec les étrangers. Les affections particulières doivent être proscrites. Des conseils spéciaux sont donnés aux jeunes. L’examen de conscience doit être pratiqué sévèrement. Cette fois encore, on éprouve de l’embarras à se prononcer sur l’origine, quoiqu'on ait parfois l'impression d’une époque moins ancienne que celle de Basile.
Le second de ces sermons ide de se dé-
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; Î | pouiller de tous ses biens ; de se soumettre à un chef, et
d’anéantir toute volonté individuelle ; de proscrire, aussi à bien que la discorde, les affections particulières. Comme - Dieu donne à tous de participer également à la lumière, | que tous les imitateurs de Dieu répandent également et e. impartialement sur tous le rayon de la charité! Les cou- À, vents de femmes doivent être encore plus rigoureusement réglés que les autres. Ce second discours suggère à
peu près les mêmes observations que le premier. Nous arrivons enfin aux deux éléments principaux de ; notre recueil : les Règles développées (‘Opor xata TAdros) et les Règles abrégées. Les Règles développées ont une préface, qui est une bonne exhortation sur le moyen d'arriver au Royaume des Cieux. On n’y réussit qu’en k accomplissant tous les commandements sans exception, RL et c’est là un des thèmes que Photios trouvait traités sh dans la première partie du recueil qu’il avait en mains. Le Oui, il faut que chacun accomplisse tout ce qui est prescrit, que ce soit par crainte, chez les médiocres, par désir d’une récompense, chez ceux qui valent déjà un peu mieux, ou par pure vertu, chez les chrétiens vraiment
dignes de ce nom. :
Les cinquante-cinq règles suivent, sous forme de questions et de réponses. Les premières questions sont relaÿ tives aux principes mêmes, et des idées philosophiques s'associent fréquemment dans les réponses au fond chrétien, comme si la chose allait de soi, c’est-à-dire ainsi qu'il arrive presque constamment dans certaines homélies de Basile. Les belles pages n’y manquent pas, par exemple, dans la seconde, celles qui traitent de la tendance naturelle de l’homme à bien faire et qui sont parfois imprégnées de stoïcisme, ou celles qui traitent de la bonté de Dieu, et où l'inspiration vient à la fois du Cantique des Cantiques et de Platon. Après avoir rappelé tous les bienfaits de Dieu, l’auteur conclut : « Quand je pense à tout cela, si vous voulez que je vous dise ce que j’éprouve, je tombe dans une épouvante et un émoi terrible, de crainte