‹ Histoire de la littérature grecqueChapitre 14 sur 45 · LES AUTEURS DES HYMNES · texte numérisé non relu

LES AUTEURS DES HYMNES

/ Les traditions grecques relatives aux premiers poètes l des hymnes n'ont aucun caractère historique ; elles les présentent le plus souvent avec un entourage de faits extraordinaires et de légendes qui ont leur place marquée dans la fable. Les poètes des temps postérieurs les ont pris pour sujet de leurs chants et ont augmenté le merveilleux qui s'attachait à leurs noms. D'aUleurs quelquesuns d'entre eux ne sont que des êtres fictifs, des symboles à la réalité desquels on ne saurait croire : c'est ce que prouvent les métamorphoses par lesquelles les poètes ont cru pouvoir les faire passer. Si nous possédions les hymnes de ces temps primitifs , ils nous instruiraient sur leurs auteurs et sur la société pour laquelle ils furent composés : leur perte nous force encore à chercher à cet égard quelques lumières dans les seuls hymnes primitifs que nous ait légués notre race, ceux du Vêda.

Les poètes, auteurs des hymnes, étaient en même temps des hommes divins, des prêtres : on ne séparait pas alors ces deu^^rôles. Quand les dieux n'avaient encore que des autels et point de temples, ces prêtres-poètes n'avaient aucun caractère sacerdotal , hors le moment où ils offraient le sacrifice. L'autel était fait de terre et portait le nom de pw(xo; (en sanscrit bhûmi, terre ; latin humus). Le tertre quadrangulaire était élevé par le père de famille pour lui-même, pour sa femme et pour ses enfants ; ce père était poète comme auteur du chant sacré.

et pontife comme présentant roffrande au nom de la famille réunie. La cérémonie terminée, chacun vaquait à ses occupations ordinaires, au labour, à la garde des troupeaux, aux métiers, à la guerre. Tel fut Tétat primitif. Mais quand la société se constitua et que les fonctions commencèrent à se partager entre les hommes , comme il y eut des laboureurs, des artisans, des guerriers, il y eut aussi des prêtres, et l'on vit avec le temps le sacerdoce se perpétuer dans certaines familles. L'histoire grecque nous a conservé les noms de plusieurs familles sacerdotales, le s Kii|nolpid es. les Lycomèdes, les Kynides, etc. Les Indiens ne commencèrent que très tard à élever des édifices sacrés : les Grecs au contraire en construisirent '\ de très bonne heure. ÏTusage , fort antique chez eux, de se représenter les dieux sous des formes physiques déterminées fit naître celui de sculpter leurs images : plusieurs de ces statues primitives, bien antérieures aux temps ho- ' mériques, furent conservées en Grèce et demeurèrent l'objet d'un culte spécial. Elles étaient de. bois et^or-" tai ent le nom de Soava. Pour les défendre contre l'injure de l'air, on les pfaca soit dans des grottes , soit dans des constructions faites exprès, qui furent les temples , vaotl, A ces temples furent attachés certains hommes chargés de ce qui concernait le service divin ; on les nommait U.^^ et 'quelquefois hiérophantes. Parmi les fonctions de ces prêtres se trouvait la partie de l'ofTice qui consiste dans l'hymne en l'honneur du dieu, hymne quelquefois récité ou psalmodié, mais ordinairement chanté. Les prêtres attachés aux temples ou au service des dieux devinrent donc les conservateurs des hymnes ; c'est des sanctuaires

\ . Nous avons découvert et déblayé, en 1873, le temple-grotte primitif d'Apollon à Délos. Voy. Délos^ par Lebègue, Thorin, 1876.

que sortirent à la fois et la poésie et la musique. Mais, comme les prêtres de la Grèce ne formèrent jamais un clergé, comme les cultes demeurèrent locaux et ne furent point systématisés en une religion commune, l'absence d'unité et de hiérarchie sacerdotale empêcha les hymnes de sortir des sanctuaires où ils étaient confinés : trop peu d'hommes furent intéressés à les répandre , et ces poésies primitives ne furent entendues que des initiés ou des fidèles de chaque petit coin de terre. La langue archaïque dans laquelle ils avaient été composés, devint, avec le temps , de moins en moins inteUigible pour les prêtres eux-mêmes. Il n'y eut pas, comme dans Tlnde, une caste savante et de grandes écoles dont la conservation et l'interprétation des textes sacrés fût une des fonctions obligatoires. Gomme il n'y eut pas de clergé, il ne se forma pas non plus un corps des Saintes Ecritures. Aucune cause de durée ne se rencontra pour sauver ces anciennes poésies , et les causes variées que le temps et le progrès de la civilisation font apparaître, se réunirent pour les anéantir, , Thraces. — Fumolpe (EîifjioXiroç) et ses descendants sont la famille de chantres sacrés la plus célèbre de l'ancienne Grèce. Elle était attachée au culte de Déméter dans la ville sainte d'Eleusis; des prêtres de cette famille existaient encore dans les temps historiques. Le nom d'Eumolpe signifie « bon chanteur » : il passait pour fils de Poséidon et de Chioné , fille du vent du nord ; il vivait, dit la fable, au temps d'Hercule, qui fut initié par lui aux mystères d'Eleusis avant de,descendre combattre Cerbère, et au temps du roi d'Athènes Erechthée , auquel il fit la guerre et par qui enfin il fut tué *. La légende le fait

1. Nous savous maiuteuout qu'Euinolpe et ses Eumolpldes ue sont autre chose que les Vents. Voy. ma Légende athénienne, 1872i

voyager deux fois en Thrace et traverser des aventures moins célèbres que celles d'Orphée, mais non moins significatives. C'était le chantre le plus fameux de son temps, parmi ceux qui mariaient leur voix aux sons de TaûXo;, c'est-à dire des instruments à vent. Nous citons ces faits parce qu'ils indiquent certains caractères essentiels de l'ancienne poésie des hymnes et des auteurs de ces chants : on voit en effet le fondateur légendaire des chants éleusiniens à la fois père de famille, prêtre, poète, chantre et guerrier. Ses relations avec la Thrace rattachent en outre sa légende au même pays que celle d'Orphée : la Thrace est le premier rivage européen que rencontra la grande migration venue par le nord de l'Asie Mineure et qui de là descendit en Grèce. La légende d'Eumolpe se rapporte à la période où CQtte descente s'opéra et où les populations de cette» branche commencèrent à perdre de vue l'Asie, qui avait été leur berceau. -

A partir de la Thrace , on peut suivre la marche des pt)pulations aryennes qui apportèrent en Grèce l'usage des chants sacrés et avec eux le culte des Muses. Elles se répandirent vers le sud de la Piérie , nom donné à un pays dont la situation varia et qui se transporta au midi jusque dans le voisinage de la Thessalie. Les surnoms que portent les Muses dans la poésie antique signalent les centres divers où leur culte s'établit et où la poésie des hymnes se développa tour à tour : on les nomme Piérides, Pâmassides, Héliconiades y Aonides, Pagasides, Aganippides, IlissideSf sans compter plusieurs autres surnoms, qui tous se rapportent à la partie du monde grec comprise entre la Thrace et le cap Sunium en Attique, et qui s'étend en longueur à l'est de la chaîne du Pinde et des montagnes Célèbres qui la continuent au nord et au sud.

Mais c est se tromper que de circonscrire la poésie des hymnes dans cette bande de terre : elle s'est répandue sur tout le sqI de la Grèce , et il ne s'agit dans le mythe relatif aux Muses que de la portion de cette poésie qui tiré son origine du nord. Les chants en Thonneur des Muses cultivés dans la Grèce du nord-est ont donné lieu vraisemblablement à la légende d e Musé e, citée par Gicéron et par Virgile; ce poète ou du moins ce nom, qui paraît avoir symbolisé la poésie dans cette contrée , se rattache d'une part à la Thrace , où un roi Musée donna l'hospitalité à Jupiter, et de lautre à TAttique et à Eleusis, où se déroule le reste de la légende. Muséeétait considéré comme un disciple. d'Orphée,

Les Cretois. — Le culte d'Apollon delpîiien , comme le raconte un des fragments épiques attribués à Homère, tire son origine de l'île de Crète, habitée de bonne heure par des populations ^yennes. Delphes et Castalie, Délos et plusieurs lieux célèbres du Péloponèse et des côtes d'Asie ^donnèrent un grand éclat aux fêtes d'Apollon. C'est de Crète que vint à Delphes le chantre Ckrysothémis, auteur de l'hymne en l'honneur d'Apollon pythien. On connaît la signification symbolique de la lutte du dieu contre le serpent, qui n'est autre que le nuage , et comment il naquit avec Diane du sein de Lat one^ qui est la Q^it. Ce mythe, astronomique à Délos, météorique à Delphes, donnait certainement aux chants de Chrysothémis et d'Olen cet aspect oriental qu'avaient toutes les conceptions venues de la Crète. On s'en ferait une idée en lisant ceux des hymnes védiques où sont dépeintes l'apparition du Soleil et la lutte d'Indra et d'Ahi ou de Vritra. C'est la seule ressource que nous ayons pour acquérir par analogie quelque notion sur ces hymnes entièrement perdus. Constatons seulement ici

qu'une portion de cette antique poésie grecque était venue d'Asie par le sud et par mer, qu'elle se -rencontra avec les traditions de la même race venues par le nord, et que ce fut vraisemblablement à Delphes et dans les sanctuaires qui en dépendaient que se fit leur alliance.

Les Phrygiens. — Une troisième série de chantres sacrés vint par le centre de TAsie Mineure avec des hymnes d'un caractère enthousiaste etleculteorgiastiquedeCljjbèle, qui est la Terre, mère des dieux. La musique phrygienne avait pour instruments la flûte, auX(5ç, le cor et le tambour de basque. Les prêtres de ce culte étaient les Corybantes, .

dont le nom se répète sur toute la chaîne asiatique du -^ Bérécinte et signifie montagnards (en zend gerevantô) ; on les nommait aussi Orthocorybantes (en zend eredwa-gere- ' vantô). Le nom de la montagne qu'ils avaient suivie d'Orient en Occident est aussi un nom aryen, en zend berezat^ en sanscrit brihat , qui signifie montagne élevée, et paraît identique au mot germanique berg, qui a la même signification ; le Bérécinte des Grecs n'est autre que TEl-bourzim ou Borj, la montagne sainte des Iraniens.

Plusieurs légendes célèbres ont eu cours chez les Grecs relativement aux hymnes phrygiens : à ces légendes sont attachés les noms de Marsyas, d'Olympos et de Hyagnis, dont nous parlerons plus bas à l'occasion de l'ode et de l^r musique. Le culte d'Apollon et par conséquent la poésie qui s'y rattachait existaient déjà en Grèce lorsque survinrent Jes chants orgiastiques des Corybantes : c'est ce qu'indique probablement la lutte du satyre Marsyas et d'Apollon et le traitement que ce dieu lui fit subir. Mais une transaction dut s'opérer dans la suite et un accord s'établir entre les chantres phrygiens et ceux de la Grèce ; CdiT Olympos, dont la légende fait un disciple de Marsyas,,

est en même temps présenté comme accompagnant de sa flûte les chants du prêtre éleusinien Eumolpe.

Ces noms de chantres primitifs, sauf un ou deux , n'ont aucune signification étymologique dans la langue grecque et appartiennent à une période de temps antérieure à la formation des noms propres helléniques. Si Ton voulait remonter à leur origine , il faudrait sortir des traditions grecques et s'approcher davantage des commencements de la race aryenne : on verrait que la plupart de ces noms ont dans les langues indo-perses des racines parfaitement reconnaissables ; que quelques-uns , comme ceux de Marsyas et de Hyagnis, n*ont subi que des modifications très légères; et que d'autres au contraire, comme celui d'Olen, chantre lycien de Délos cité par Hérodote, ont été altérés. Ces noms semblent ainsi se rapporter à des périodes hymniques plus ou moins anciennes, ceux qui sont grecs, comme Eumolpe et Musée, étant les derniers venus ou traduisant d'anciens noms.

Q r p hé e, 'OpîpÊûc. — Aucune légende relative aux chantres antiques de la Grèce n'a eu la célébrité de la légende d'Orphée. Nous lui donnons ici une place à part, non seulement parce qu'Orphée est regardé comme le père de la poésie et de la musique, mais aussi parce que Forigine de ce personnage est aujourd'hui reconnue et qu'Orphée n'appartient pas en propre à la Grèce. Seulement la tendance de l'art grec à tout humaniser a transformé peu à peu les détails de la légende et remplacé par un sentiment exquis ce qui n'était primitivement qu'un symbole mystique. L'Orphée grec est le Ribhu(Arbhus)des hymnes du Vêda. Considéré comme homme, Ribhu est un antique initiateur sacré : le vase du sacrifice a été par lui divisé en quatre , c'est-à-dire qu'à la place d'un seul prêtre , qui

était le père de famille, il a mis quatre pontifes et par là substitué le culte public aux sacrifices domestiques ; c'est lui qui, avec ses deux frères *, a construit le char d'Indra et formé ses deux coursiers jaunâtres; il a rendu la jeunesse aux deux parents, et de la peau d'une vache morte (qui est le filtre sacré) il a fait une vache vivante en instituant le sacrifice du soir. Par tous ces faits le fils de Sudhanwan a été l'un des grands civilisateurs des peuples aryens et il a mérité d'être rangé, près d'Indra, parmi les Immortels. Chez les Grecs, la vache du sacrifice, c'està-dire l'off^rande pieuse, est devenue l'épouse d'Orphée, pleine de jeunesse, puis perdue par la morsure du serpent ennemi des dieux, bientôt après rendue un instant à la vie par la force de la prière et du chant sacré, perdue de nouveau, et enfin reçue au ciel avec son époux, qui jouit près d'elle d'une immortelle jeunesse parmi les dieux.

La légende d'Orphée est venue de la Thrace comme celle des Muses, et a cheminé d'Orient en Occident par le^ nord de l'Asie Mineure. La preuve de sa haute antiquité est dans sa nature même qui, de réelle qu'elle était d'abord, a pris la forme mystique qu'elle a dans le Vôda et la forme humaine et surnaturelle à la fois que les Grecs lui ont donnée. De plus, comme elle se trouve en même temps chez ces derniers et chez les Indiens des plus anciens temps, on en doit conclure qu'elle est antérieure aux époques où les uns et les autres ont quitté le berceau commun de leur race et qu'ainsi elle appartient à l'ancêtre commun de la race aryenne.

Orphée devînt le symbole de la poésia prifiûtive et du , chant sacré : quand il eut été mis en pièces par les femmes ^

1. La légende thrace reconnaissait aussi trois Orphées. Elle paraît exister encore dans le Rhodope.

le \ lei

(déjà irritées contre lui dans l'hymne de Dîrghatamas), sa bouche parlait et chantait encore ; sa tète portée sur les vagues de la mer fît naître dans les îles de la mer Egée la poésie lyrique et une école devenue célèbre. Dans l'expédition des Argonautes , si dénaturée par la tradition et qui n'a peut-être aucun fondement historique, mais qui remonte par son origine aux temps les plus anciens de la race grecque , Orphée est le poète , le chantre .et Je^prêtre de t^^^v!sjfs h^^^^ ^n navirft \^gf^ ; les fonctions saintes qu'il remplit ont un caractère public très marqué.

Orphée, Eurydice, sa résurrection et son apothéose, la puissance de l'incantation qui s'exerce même sur les êtres inanimés, la révolte des femmes consacrées au service de Bacchus (la liqueur sacrée du sôma), la dispersion des membres d'Orphée, leur chute dans les eaux elles sons mélodieux que la tête divine du chantre y rendait encore, fnng^JftR djgtgjls de la légende d'Orphée n*QAt daos la mythologie et les traditions de la Grèce aucune signification iat e lli gible. Au contraire ils s'expliquent d'eux-mêmes, et le plus souvent sans difficulté, dans la légende védique des Ribhus. Soit que l'on attribue une existence réelle à ces personnages , soit qu'on les regarde comme des créations symboliques des anciens temps, Orphée et Ribhu ont un caractère exclusivement oriental et ne sont grecs ou indiens que par les caractères particuliers que la légende primitive a plus tard revêtus. Mais, comme cette légende est plus ancienne que les Indiens et que lés Grecs, puisqu'elle se trouve à la fois en Thrace et sur les rives de l'Indus, on voit combien est vaine l'opinion des critiques qui s'imaginent retrouver quelque chose d'Orphée dans des poésies alexandrines ou dans le livre apocryphe d'Aristot3 irspi xofffxo'j. Car il est évident que, s'il a jamais

existé un homme du nom d'Orphée, il ne parlait pas plus grec que sanscrit, et il s-exprimait dans une langue beaucoup plus ancienne , d'où le grec et le sanscrit sont également dérivés. Les Gr e c s e urent cependant raison de rapporter à Orph ée rprigine .de^}e,mv mèsii iXd^XejjJskx^ftt^ .. puisque ce nom personnifiait, non seulement pour eux mais pour d'autres peuples de la même race, Y hymne dans ce qu'il avait de plus idéal , de plus pratique et de plus puissant à la fois.

DE OUELQUESHYMNES.

La tradition nous a conservé des traces d'un certain nombre d'hymnes se rapportant à des circonstances particulières de la vie humaine ou à des époques spéciales de l'année. Ce sont principalement : rjtfiaé«ée . lejjijàtt€,\ le péan, le linos et et Tialémos. Aucun de ces noms n'a ; de racine ni de famille dans la langue grecque ; par cour séquent ils lui sont antérieurs ou étrangers. Il faut en excepter peut-être le thrène, puisqu'il existe un verbe grec peu usité ,6péa), qui signifie se lamenter. Il est certain / d*un autre côté que les usages indiqués par tous ces iioms / remontent à une époque très antique de la Grèce et sont/ de beaucoup antérieurs à la période des épopées.

1/hy ^énée , upvatoç, n'est pas un chant, mais le mariage lui-même, dans la langue ordinaire de la Grèce ; cependant ce mot est aussi employé par les anciens auteurs pour désigner l'hymne nuptial avec les chants et les danses dont le mariage était Toccasion : on trouve au xvm® chant de riliade la description de ces fêtes, telles qu'on les célébrait aux temps féodaux de la société hellénique. L'auteur

de ce tableau ne présente que la partie extérieure et profane de la fête nuptiale , celle qui s'accomplisBait après la cérémonie sacrée. Il y avait là sans doute des chants populaires ayant plus ou moins la forme d'hymnes et dont Tépithalame de Catulle peut donner quelque idée *. Mais^ le cha9liijwj::gique, Thymne chanté p.ajilê. prêtre qîiâ54 Jl'j unissa[t e t bénis sait Je s. fianc és , toute cette poé«ie sacray •nientelle et symbolique, est çerduç jjour npiis.. Le recueil du Vêda nous offre un hymne de cette espèce contenant tout le cérémonial et la mystique du mariage aux temps anciens de la race aryenne : c'est le mariage de la fille du Soleil. Quand je vois la sainteté du mariage chez les Grecs, où la monogamie a toujours été le fondement de la famille , je ne puis croire que le seul chant qui en consacrait les liens fût tel que le poète romain nous -le représente : Thymne vraiment antique du mariage n'est pas ce chant populaire , quelque monotonie que présente sa ritournelle ; c'est celui qui se chantait à l'autel où l'un des actes les plus sérieux de la vie s'accomplissait ; il devait, chez les Grecs primitifs, ressembler beaucoupà Thymne nuptial du Vêda , bien plus voisin de ces anciens temps que ne le fut le poète Catulle. Mais après la cérémonie venaient les festins, les chansons joyeuses et cette espèce de farandole dépeinte sur le bouclier d'Achille. Voilà les deux faces de cette poésie primitive, l'une hiératique et mystique, l'autre traditionnelle aussi, mais populaire, joyeuse et peut-être plus libre que des niœurs épurées ne le permettraient.

L ep/gur. O pyoç , n'est probablement pas un usage mûinsantique que les chants d'hyménée : la mort donnait lieu à

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