PRÉFACE
des divinités de création postérieure, ont des noms grecs ; les autres ont des noms d'origine étrangère. Tels sont : Zeus, Kronos, Ouranos, Héra, Héphgestos^ Ares, Athéna, Hermès, Apollon et beaucoup d'autres. Même remarque pour les noms des héros : Castor, Hélène, Léda, Atrée, Thyeste, ^Egisthe, Achille, Odysseus, Laïos, Oreste, et une foule d'autres qu'il est inutile d'énumérer. Mais dans le cours de l'âge héroïque, qui fut une période féodale, les anciens noms furent peu à peu abandonnés ; les Grecs, n'ayant presque jamais de noms de famille, s'accoutumèrent à tirer de leur propre langue ceux qu'ils donnèrent à leurs enfants. Il vint une époque où l'on s'appela Hérodote, Sophocle, Nikias, Périclès, Démosthène, Callimaque, Lycophron, Ptolémée, mots qui tous avaient une signification dans la langue du pays. Toutefois, même durant les siècles où Vhellénisme était pour ainsi dire à son maximum, il y eut toujours en Grèce des noms étrangers à la langue classique et qui, n'étant pas des noms de famille, {juisqu'il n'y en avait pas, démontrent la présencepermanente, sur le solde la Grèce, d'une population qui ne s'était pas absolument mêlée avec les véritables Hellènes. Quelle étaitelle ? Sans vouloir résoudre ce problème, nous avons quelques raisons de penser qu'elle était identique aux Albanais d'aujourd'hui et qu'elle occupait beaucoup de terres montagneuses en Europe et en Asie,
PRÉFACE m
A mesure que les Hellènes étendirent leurs relations avec les peuples du dehors, des noms nouveaux d'hommes et de choses s'introduisirent dans leur société. Les uns traduisaient des idées ou des doctrines nouvelles, comme Phanoclès, Isidore, Ilormas, Ammônios. D'autres étaient tout à fait étrangers ou indiquaient une origine étrangère : tels furent par exemple Bérose, Juba, Manéthon, Favorinus, lamblique, Josèphe, Libanios, Longinus, Syrianos, Damascios.
L'arrivée, violente ou pacifique, des hommes du Nord et surtout celle des Vlaques et des Bulgares, semble avoir modifié notablement les populations do la Grèce. En effet, à la suite de l'expédition d'Alexandre , il s'était produit une dispersion et une émigration qui avaient réduit précipitamment le nombre des habitants des villes, pour la plupart Hellènes, tandis que de rares bergers continuaient à occuper les montagnes. La Grèce ne se repeupla jamais, et les étrangers y occupèrent une place d'autant plus importante que le nombre des familles helléniques se trouva plus diminué. lien est résulté qu'aujourd'hui, malgré la renaissance que la société instruite travaille à produire, un nombre assez grand de personnes portent des noms qui ne sont pas grecs et qui ne peuvent pas même s'écrire avec l'alphabet des anciens Hellènes.