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BaçQhyljde.
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Eschyle.
Pindare.
Anaxagore.
Diogèned'A.
Archélaos.
Empédocle.
Hérodote,
La révolte de l'Ionie contre la domination persane fut le signal d'une ère nouvelle pour les peuples grecs. L'état de dispersion des colonies , répandues sur les côtes de l'Asie Mineure, leur ayant ôté le moyen de se défendre, la lutte se trouva portée plus à l'occident sur le sol de la Grèce, et
il fut visible a tous les yeux que la mère patrie devait être le centre reconnu de la civilisation hellénique. Le combat, d ailleurs, eut un caractère que n'a présenté aucune autre guerre dans l'histoire : la puissance perse venait pour ainsi dire d'être fondée par Cyrus , dont les conquêtes lui avaient donné une étendue considérable ; Cambyse l'avait encore agrandie ; et quelques années plus tard le Grand Roi Darius, fils d'Hystaspe, en recula de nouveau les limites dans toutes les directions, en Asie jusqu'à l'Inde où s'affirma puissamment l'antagonisme des deux religions, en Afrique jusque vers l'Abyssinie et les possessions carthaginoises, au nord de l'Asie chez les Scythes et les peuplades voisines de la Sibérie, en Europe jusque sur le Danube, où son expédition fut comme un voyage de découvertes. Ayant des notions vagues, mais assez justes, sur l'Afrique et sur la Méditerranée, Darius entreprit le percement de l'isthme de Suez et la circumnavigation du continent africain. Son immense empire était animé d'une force d'expansion qui semblait devoir s'étendre sur les peuples européens, sans qu'aucun obstacle sérieux pût l'arrêter. Cette force paraissait d'autant plus irrésistible que la civilisation persane , fondée sur la religion de Zoroastre, c'est-à-dire sur la plus spirituelle religion de la terre à cette époque, l'emportait de beaucoup sur toutes celles de l'Occident et devait aisément les entraîner dans son orbite. De plus le grand Darius, par la savante organisation qu'il avait établie, lui avait donné une assiette d'où rien ne semblait pouvoir le faire sortir. Mais l'unité des races lui manquait, et les peuples qu'il comprenait dans son ensemble factice n'avaient ni les mêmes idées, ni les mêmes langues, ni les mêmes mœurs, ni les mêmes intérêts. De plus, si la. théorie religieuse chez les Perses fut assez philosophique pour se
transmettre par Alexandrie jusque chez les peuples modernes, la doctrine politique de Tabsolutisme royal ôtait aux Asiatiques le ressort moral que donnait aux Grecs leur marche rapide dans les voies de la démocratie. Il en résulta que le petit peuple d'Athènes, constitué par Solon au siècle précédent, devint, en face d'une puissance énorme par sa masse, un point de résistance indestructible. C'est ce que mit dans tout son jour la bataille de Salamine (480), où Ton vit ce peuple, abandonnant aux flammes sa ville et toute la contrée, rompre toute attache à la terre et, dans la solitude de ses détroits, s'offrir pour la lutte, avec son corps, ses armes de main et son amour de la liberté. Tel fut en effet le sens du péan qui , à Faube du jour, retentit entre les rivages : ît&, 7raT8e<; twv 'eXXtiîvwv, « allez, enfants des Hellènes. » Cette Marseillaise anticipée exalta d'une manière incroyable l'opinion que les Grecs avaient d'eux-mêmes, et les victoires qu'ils remportèrent coup sur coup sur les Perses les précipitèrent dans toutes les voies de la civilisation.
La part que les Athéniens avaient prise à la défense commune fit d'eux les premiers des Grecs. Détruite en un jour, reconstruite sur ses ruines, leur ville devint le centre vers lequel se tournèrent tous les regards : les vieilles doctrines disparurent avec les vieux murs; et, dans cette reconstitution d'un peuple et de sa cité, les tendances qui lui étaient propres trouvèrent à s'exprimer et à se développer sans obstacle. La démocratie avec le commerce maritime fît rechercher Athènes par tous les peuples dé race ionienne ; les Doriens pressentirent dans cette rivale , qui allait se substituer à leur hégémonie , une force d'expansion morale et intellectuelle qui finirait par les envelopper à leur tour et par anéantir leur influence. La riva-
lité de Sparte et d'Athènes se montra presque au lendemain des batailles nationales, lorsque le peuple grec, n'ayant plus à redouter son ennemi commun , put développer dans son propre sein lantagonisme des principes politiques qu'il renfermait. Cette opposition, qui était à la fois dans les races , dans les constitutions et dans les doctrines, fit ressortir les énergies propres à chacune d'elles. Les plus libérales donnaient à chaque individu le plus d occasions et le plus de moyens de se montrer : ces aptitudes personnelles, se multipliant en qu4que sorte les unes par les autres, formèrent une somme de forces vives incalculable, et ces forces trouvèrent à s'employer sans délai pour la mise en œuvre de matériaux que le siècle antérieur avait choisis et préparés.
Le chapitre précédent nous a fait voir en effet que presque tous les genres littéraires nouveaux avaient été créés dans la période qui précéda les guerres médiques. Des hommes d'un esprit supérieur les avaient tirés des faits de la vie réelle où ils étaient implicitement contenus, et, les développant par degrés, les avaient amenés à un point de croissance qui permettait de les porter en peu de temps à la perfection. La poésie lyrique avait fleuri séparément dans les trois dialectes principaux de la Grèce et dans les modes musicaux propres à chaque race hellénique ; mais elle attendait encore un homme dont le génie compréhensif en réunît toutes les formes variées. La tragédie et la comédie avaient fait leurs premiers essais et fixé déjà leurs éléments constitutifs, désormais indépendants de l'appareil liturgique des fêtes de Bacchus. La prose n'en était plus à ses commencements : Hécatée, Hellanicos et surtout Charon avaient non seulement préparé des matériaux à l'histoire, mais ébauché l'art de l'écrire. Soit en
prose, soit en vers, la philosophie s'était élancée hardiment dans toutes ses voies naturelles : les physiciens dlonie avaient essayé de l'observation ; les logiciens d'Élée poursuivaient les plus hautes abstractions de l'entendement; les pythagoriciens tentaient une théorie universelle des rapports numériques entre les idées et les grands phénomènes de la nature.
D'ailleurs, sur les questions de métaphysique , d'astronomie, de morale, l'Asie était beaucoup plus avancée que les peuples grecs. La guerre médique multiplia singulièrement leurs relations avec cette partie du monde, dont la science donna à la leur un élan que l'état intérieur de la Grèce favorisa. On n'écrivit plus un livre d'histoire sans en avoir recueilli les matériaux dans de longs et lointains voyages , sans avoir consulté les archives et les légendes des peuples et reconnu la géographie de leurs pays. Les philosophes firent comme les historiens : la « sainte Asie », comme disait Eschyle, possédait des symboles et des doctrines profondes où ils allaient s'instruire , consultant les prêtres dé la Perse et les astronomes de la Ghaldée, cherchant à deviner la mystérieuse Egypte et apercevant déjà dans le lointain cette Inde qui devait plus tard leur révéler de si hautes spéculations.
L'art aussi, sous toutes ses formes, s'acheminait vers la perfection. Ce qui nous reste des monuments d architecture et de sculpture du temps qui précéda immédiatement les guerres médiques, montre déjà non seulement une connaissance profonde de ces deux arts, mais une pratique pleine d'expérience et un sentiment vif de la beauté et de l'harmonie. Les guerres médiques ne créèrent rien dans ces deux genres : au contraire, elles détruisirent ; et cette destruction des œuvres déjà belles du passé
força les Grecs à les remplacer par de plus belles encore. La période des guerres, prépara donc celle de Périclès. La musique put prendre les devants, parce qu'elle n'exige pour ainsi dire aucune dépense et qu'elle recevait des grands événements de la guerre Télan dont elle avait encore besoin; d'ailleurs l'école pythagoricienne achevait de coordonner les anciens systèmes musicaux et de les comprendre dans une vaste synthèse, tandis que les artistes et les fabricants complétaient ou modifiaient les instruments de musique conformément aux nouvelles théories.
Ainsi les sciences, les lettres et les arts , soit par la force naturelle de leur expansion soit à la faveur des circonstances, approchaient du moment où ils pourraient briller dans tout leur éclat.