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pris dans cette unité ne pensèrent sur presque rien à la façon des ancêtres ; et l'ancienne langue des Hellènes, notablement altérée, servit à exprimer des idées que les Hellènes n'avaient jamais eues.
Entre Fépoque primitive, où la péninsule dessinée par le Pinde, TAroanion et le Taygète, ne renfermait encore aucun nom grec, et celle où elle vit se fermer les derniers temples des dieux, se trouve compris Y hellénisme antique^ dont les deux extrémités sont insaisissables et dont le point central fut Athènes au temps de Périclès. Comment et par quelles causes s'est-il dégagé de son enveloppe première pour atteindre par degrés à sa perfection? Comment ensuite a-t-il cédé la place à des idées nouvelles, par Faction desquelles il a été s'amoindrissant et a fini par disparaître? C'est ce que nous nous proposons d'examiner dans cette Histoire.
La manière dont nous énonçons le problème sépare totalement notre point de vue de celui où se sont placés beaucoup d'historiens et principalement Otfried Mîiller. Celui-ci, en effet, tout en admettant, sans trop l'affirmer, l'origine asiatique des Hellènes, a parlé d'eux comme s'ils eussent été autochtones et seuls auteurs de leurs religions, de leur langue, df* leurs conceptions de toute sorte, en un mot de leur civilisation. Les études orientales et surtout la découverte du Vêda ont démontré que l'originalité pri-
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mitive et absoluo dos firocs est une chimère ; que la religion, la société, la famille, les principaux métiers, la langue même des premiers Hellènes sont autant d'éléments de civilisation apportés par eux de l'Asie centrale, berceau de toute la race aryenne. On peut aujourd'hui tenir pour certain qu'une fois établis dans les vallées de la péninsule et dans les îles, ils ont vécu longtemps sur ce fonds commun. L'hellénisme s'est développé dans ce rameau du tronc aryen par suite do sa séparation et à mesure que les siècles se sont écoulés ; mais le fonds commun n'y a pas été détruit pour cela, parce que, outre les traditions indéfectibles que les Hellènes avaient apportées d'Asie, il ne leur était pas plus possible de cesser d'être Aryas et de penser comme des Aryas, qu'il n'est possible à un peuple nègre de devenir blanc ou à un gland, porté on pays étranger, d'engendrer autre chose qu'un rhono. L'hellénisme ne fut donc qu'une phase dans lo développement de la civilisation aryenne.
Lorsque, solidement établis sur le sol de la Grèce, les Hellènes eurent des rapports suivis avec d'autres peuples, il ne faut pas croire que ceux de la race do Cham ou de Sem exercèrent sur eux une grande influence. Car l'expérience démontre que les races humaines n'exercent, physiquement et moralement, les unes sur les autres que des actions superficielles ou passagères et que les races inférieures sont presque
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sans action notable sur celle des Aryas. Mais, parmi les peuples que les Grecs connurent, il s'en trouva deux qui étaient aussi de race aryenne et avec qui les Grecs entrèrent promptement en communauté d'idées: ce furent les Perses, et ensuite les Indiens. L'influence de ces deux peuples employa plusieurs siècles à faire disparaître la phase hellénique de la civilisalion. Le christianisme, dans lequel revivait l'ancienne doctrine aryenne, ne se substitua pas seulement h l'hellénisme, il l'absorba.
La phase hellénique de la civilisation aryenne fut donc comprise entre deux autres, se dégageant de la première pour aller se perdre dans la seconde. Si l'on demande combien de temps elle brilla dans son plein, nous répondrons que ce fut pendant un temps très court et à peine appréciable ; notre Histoire, si nous avons réussi, le démontrera parles faits. On en conclura que la Grèce n'a jamais cessé d'être sous l'influence des autres peuples aryens, surtout de ceux de l'Orient et en particulier de la Perse. C'est dans ces conditions que s'est manifestée son originalité.
La loi qui a présidé à ce développement est une loi universelle, à laquelle il serait aujourd'hui puéril de prétendre qu'aucun peuple ancien ou moderne ait jamais pu échapper. Dans cette Histoire nous en avons suivi l'application aux divers genres littéraires , autant que les données historiques nous l'ont permis.
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L'éiudo do leurs origines nous a paru d'un intérêt majeur et nous avons surtout appelé l'attention du lecteur sur celles de l'épopée , de l'ode , du drame et de l'histoire, qui sont les grandes formes littéraires antérieures à Périclès.
Notre opinion sur les poésies homériques paraîtra s'écarter de ce qui s'enseigne dans nos universités depuis l'époque de la Renaissance. Mais, outre que cette opinion n'est pas nouvelle, les grandes fouilles exéentées sur le sol troyen l'ont pleinement confirmée.
Les origines du drame reçoivent, de la mythologie comparée et de la linguistique , des lumières qui ont manqué à nos prédécesseurs et que nous n'avons pas cru devoir négliger. Le drame est une conception essentiellement hellénique, quoiqu'il se trouve aussi chez les Indiens. Les Hellènes l'ont cultivé avec autant d'intelligence et de succès que l'architecture et la sculpture. Une fois conçu, ils l'ont amené à un degré de perfection qu'aucun peuple n'a atteint. Il était donc nécessaire d'étudier les lois qui ont présidé aux constructions dramatiques de poètes tels qu'Eschyle ot Sophocle, d'en trouver et d'en éndncer les formules. Nous avons essayé de le faire. Nous savions en effet combien le public européen fut étonné, il y a (quelques années, lorsqu'on lui montra que dans les temples quadrilatères de la Grèce, que nos architectes avaient cru imiter, il n'entrait pas une seule ligne