‹ Histoire de la littérature grecqueChapitre 10 sur 267 · Vers 121, 139, i:J9. (Ed. Didot · texte numérisé non relu

Vers 121, 139, i:J9. (Ed. Didot

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l'ochors ; il suspend le rours des Meuves. 11 accompagne l(;s Argonautes h la conqiiôte de la Toison d'or. 11 descend aux enfers pour redemander à l'iuton sa femme I^^urydice ; il fléchit les divinités infernales, mais sa funeste impatience le perd, et l'enfer reprend la proie qu'il lui avait rendue. Alors il pleure nuit et jour son épouse perdue, et les femmes de la Thrace, qu'il a dédaignées, le tuent pendant les fAtes de Bacchus, et jettent sa tête dans THèbre.

Ainsi,' d'après la tradition, Orphée est un de ces chantres prêtres qui civilisent les hommes. Il est associé, en cette qualité, à la première grande expédition des Grecs; il est vainqueur des puissances infernales ; il est le type de l'amour fidèle ; et cette partie de sa légende a été racontée par Virgile en vers admirables'. De plus c'est à lui qu'on attribue l'introduction des mystères, c'est-à-dire d'une religion moins grossière, réservée à un petit nombre d'initiés. On y enseignait la distinction de l'âme et du corps, l'existence d'une autre vie, après celle de la terre ; on y donnait les préceptes d'une morale plus pure que celle qui avait cours parmi les profanes.

Chants orphiques. — Nous avons, sous le nom de chants orphiques, de nombreux poèmes, récits sur l'origine du monde (cosmogonies), prescriptions religieuses, codes de morale ; ils ne paraissent pas d'une époque antérieure à l'an 300 avant J.-G. Le nom d'Orphée, si fameux aujourd'hui, n'était pas même connu d'Homère et d'Hésiode; le poète Ibycus, qui vivait vers 530 avant J.-G., est le premier qui le mentionne. Il est souvent cité à partir de Pisistrate, et il parait que des poésies orphiques étaient répandues dans la Grèce. On trouve dans un ouvrage sur \q Monde, faus-

\. Géorgù/itp.^, liv. TV. v. 4-"t3 et i^uiv.

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sèment attribué à Aristote' le fragment que nous allons citer :

Zeus (Jupiter) est nr U'. preiniei-, Zeus, le maître du tonnerre, est le dernier, Zeus est la tête, Zeus est le milieu ; c'est de Zeus que tout s'est l'orme... Zeus est la base de la terre et du ciel qui porte les astres; Zeus est le souffle des vents; Zeus est l'ardeur du feu infatigable, Zeus est la racine de la mer, Zeus est le soleil et la lune; Zeus est roi, Zeus est le premier principe de toutes cboses, le maître du tonnerre; il l'ait disparaître tous les êtres; puis, de son cœur sacré, il les fait renaître ))ar son action terrible à la lumière joyeuse.

Un Père de l'Église, saint Justin le martyr, cite un autre hymne qui a un véritable cachet d'antiquité. Il l'attribue à Orphée qu'il appelle « le premier docteur du polythéisme » et il le présente comme un enseignement mystique donné par lui à son lils Musée et à »es autres disciples :

Je parlerai pour qui a le droit de m'entendre; mais fermez la porte aux profanes, à tous indistinctement; et toi, écoute, (ils de la lune à la brillante lumière, Musée; car je dirai la vérité, et ne laisse jamais, penriant ta vie, les leçons qui ont déjà éclairé ton àme s'elTacer de ta mémoire. Tourne tes regards vers la raison divine, attache-toi à elle, tends-lui le vase intelligent de ton cœur, marche fermement dans le sentier, et fixe tes yeux sur le seul souverain du monde. Il est unique, né (le lui-même; lui seul a tout produit, tout façonné. Il circule au milieu de toutes ses créatures, et aucun des mortels ne l'aperçoit; lui au contraire il les voit tous. C'est lui qui, après les biens, donne les maux aux mortels, et la guerre qui glace d'eiïroi, et les douleurs qui arrachent des larmes. Il n'est pas d'autre roi que ce grand roi. Je ne le vois pas, car une nuée l'enveloppe de toutes parts. Et tous les mortels ont dans les yeux des pupilles mortelles; ils sont impuissants à voir Jupiter qui gouverne tout. Car le dieu est assis sur un trône

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