‹ Histoire de la littérature grecqueChapitre 106 sur 267 · Ch · texte numérisé non relu

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pour le fond des pensées, puisque, au témoignage de l'historien, ils les reproduisent et les expriment aussi fidèlement que possible. Ils ont en outre le précieux avantage de nous initier aux opinions, aux intérêts, aux passions des différents partis ; par là ils sont comme un complément el une explication du récit; ils jettent une nouvelle lumière sur les causes et les conséquences des événements, ils dispensent Fauteur de ces considérations générales qu'on appelle de notre temps la philosophie de l'histoire.

Sont-ils d'ailleurs aussi infidèles qu'on l'a dit au caractère historique despersonnages?Même sous cette expression condensée et rapide qui est le cachet de Thucydide ne retrouve-t-on pas plus d'une fois, dans les discours qu'il prête à Périclès, l'élévation et la véhémence de l'orateur olympien t Qu'on lise certains passages de l'oraison funèbre des soldats morts dans la première année de la guerre du Péloponèse ' ; quel élan d'imagination, quelle grandeur morale, quel souffle oratoire !

Seule de toutes les républiques d'aujourd'hui, la nôtre se montre à l'épreuve plus grande que sa renommée ; seule elle n'a pas à craindre que les ennemis qui l'attaquent rougissent de leur défaite, ni que ses sujets la méprisent comme indigne de les gouverner. Oui, fondée sur de grands monuments, sur d'imposants témoignages, notre puissance fera l'admiration et des contemporains; et de la postérité. Nous n'avons pas besoin pour panégyristes d'un Homère, ni de tous ces poètes, dont les vers charment un moment, mais qui font concevoir des faits une idée pompeuse, démentie par la vérité ; nous avons forcé toutes les mers, toutes les terres, à s'ouvrir devant notre audace et partout nous avons établi des souvenirs impérissables de nos bienfaits et de nos vengeances.

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