‹ Histoire de la littérature grecqueChapitre 118 sur 267 · Livre V, eh. i · texte numérisé non relu

Livre V, eh. i

causés sa mort et il termine sur le ton de Périclès dans l'oraison funèbre qu'a reproduite Thucydide :

Ce grand homme fut toujours si complètement utile à sa patrie que, même après sa mort, il lui rend encore de mémorables services. Il est descendu dans les demeures éternelles laissant par toute la terre des monuments de sa vertu, et honoré dans sa patrie de la sépulture des rois.

Ce ton oratoire est celui de tout l'ouvrage, qui est moins une biographie qu'un panégyrique.

Dans un autre chapitre de notre livre nous aurons à étudier Xénophon à titre de philosophe et de moraliste. On a vu que l'influence des idées morales est déjà très sensible dans ses écrits historiques.

Historiens perdus. — En même temps que Xénophon, ou peu après lui, écrivaient quatre historiens estimés dans Tantiquité, dont, malheureusement, les ouvrages sont presque complètement perdus, Gtésias, Philiste, Éphore et Théopompe.

Ctésias. — Gtésias de Gnide, médecin distingué, fut attaché, comme tel, au roi Darius Nothus et à son successeur Artaxerxès Mnémon. Il assistait, comme Xénophon, à la bataille de Gunaxa et il guérit le roi de la blessure que celui-ci avait reçue de son frère Gyrus. Après dix-sept ans de séjour chez les Perses, il revint à Gnide, où sa vie s'acheva. C'est alors sans doute qu'il rédigea ses ouvrages.

Son Hisloire de Perse^ en vingt-trois livres, ne nous est connue que par les résumés du grammairien Photius. Les six premiers livres comprenaient l'histoire de l'Assyrie et de tout ce qui a précédé la domination des Perses. Les autres embrassaient l'histoire de cet empire depuis Gyrus jusque vers le milieu du règne d'Arta-

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xcrxôs Mn^moii (liOH). CUîsias contredisait plus diino l'ois Hérodote otXénophon; mais, bien quo sa position officielle lui ait permis d'avoir les renseignements les plus exacts sur la monarchie perse et sur ses relations avec tout l'Orient, les anciens ne croyaient pas à sa véracité; on l'accusait d'avoir introduit dans l'histoire plus d'une aventure fantaisiste. C'est le témoignage de Photius lui-môme :

a Quoique Ctésias reproche à Hérodote beaucoup de fables, il n'est pas exempt lui-môme de ce défaut, surtout dans son Histoire de VInde. Le principal agrément de son histoire consistej'dans la manière dont il raconte les événements, tantôt en surprenant le lecteur par des récits inattendus, tantôt en émouvant les passions, et beaucoup plus encore en se servant du fabuleux pour embellir sa narration. »

Selon ce critique, le style de Ctésias est simple et clair, mais moins soutenu et moins pur que celui d'Hérodote.

Photius donne aussi un résumé de cette Histoire de VInde qui ne formait qu'un seul livre. L'auteur s'attachait surtout à décrire le pays, ses fleuves, ses montagnes, ses productions, ses animaux, ses habitants. Les extraits de Photius donnent une idée suffisante des fables souvent ridicules dont le récit de Ctésias était rempli. H expose les mœurs d'un peuple nommé les Cynocéphales, dont la vie se prolonge, dit-il, jusqu'à cent soixante-dix ou deux cents ans. Les hommes et les femmes ont une queue plus longue et plus velue que celle des chiens.

Quelques auteurs anciens citent encore d'autres ouvrages de Ctésias, un Périple de PAsie, des livres Sur les montagnes, Sur les fleuves, Sur les impôts en Asie. Gallien témoigne qu'il avait écrit sur la médecine.

Philiste. — Philiste, contemporain aussi de Xénophon et de Gtésias, était Sicilien et il avait raconté l'histoire de la Sicile. Né à Syracuse, en 431, il fut témoin de l'expédition athénienne et ami d'Hermocrate, un des Syracusains qui ont le plus contribué à la défaite d'Athènes. Bientôt il aida Denys à s'emparer du pouvoir et jouit d'abord de sa faveur. Exilé en 386, puis rappelé par Denys le Jeune en 367, il fut pendant dix ans le conseiller et le guide de ce prince fantasque et cruel, et l'adversaire de Dion et de Platon qu'il fît chasser de Syracuse. Au moment du retour de Dion, il fut surpris, mutilé, traîné dans les rues de la ville et jeté aux carrières. Il avait atteint Tâge de quatre-vingts ans.

Son histoire de la Sicile était divisée en deux parties. La première, en sept livres, comprenait toutes les origines, la fondation des colonies grecques, les établissements carthaginois, la guerre avec Athènes et avec Carthage, jusqu'à Denys. Elle s'arrêtait à la prise d'Agrigente par les Carthaginois en 406. La seconde partie, en quatre livres, comprenait le règne de Denys l'Ancien et les cinq premières années du règne de Denys le Jeune. Un fragment des derniers livres nous a été conservé par Clément d'Alexandrie.

Les anciens regardaient Philiste comme un historien de premier ordre \ savant, consciencieux, vif, pénétrant, concis, bien inférieur à Thucydide, mais formé à son école ^ moins fort, sans doute, mais plus clair ^. Cicéron estimait surtout son histoire de Denys, qu'il appelle un grand et rusé politique K II faut regretter la

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