Capitalis, dit Cicéron. Ad Qidntum fratrem, II
2. Cicéron, ibidem. « Creber, acutus, brevis, psene pusillus Thucydides. » Idem, de Divinat., I, 10: « Hominem doctum et diligentem. »
3. Quintil., X, 1, 74. « Philistus quoque raeretur qui turbae qiiamvis bonorum post eosauctorum eximatur, imitator Thucydidis, et, ut miilto infirmior, ita aliquatemis lucidior. »
i. Ad Qiiinium fr.^ II, 13. « Me magis de Dionysio delectat; ipsp est eiiivii veterator maijnn? et pprfniniliari^s Pliilisto. »
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perte de ces livres qui nous auraient fourni tant do précieux renseignecnents sur la Sicile ancienne et sur Denys, prince remarquable, qui a délivré la Sicile des Cartha^'inois, et dont le caractère ne nous est connu (|ue par les lémoij^nages de ses ennemis.
Théopompe. — On plaçait au-dessus de Philiste, à cause surtout de l'élévation et de la majesté du style', un autre historien un peu postérieur, Tnéopompo, né à Chio, en 378. Il avait surtout les qualités oratoires-. D'ailleurs il était disciple d'Isocrate et il avait longtemps pratiqué l'éloquence ou du moins composé des discours à l'usage des accusés. Grâce à sa fortune, il put faire de nombreux voyages et rassembler beaucoup de documents historiques. Alexandre le chargea du gouvernement de Chio. Banni après la mort du conquérant, il se réfugia en Egypte, où il fut mal reçu par le premier Ptolémée. On ne connaît pas les dernières années de sa vie.
Il avait composé deux grands ouvrages historiques. L'un était une Histoire de la Grèce, divisée en douze livres et faisant suite à l'ouvrage de Thucydide, pendant une période de dix-sept années (41 1-394), jusqu'à la bataille de Guide gagnée par l'Athénien Conon sur la Hotte lacédémonienne. L'autre, les Philippiques, embrassait, en cinquante-huit livres, l'histoire des événements contemporains de l'auteur, groupés autour de Philippe etde la Macédoine. Ces deux écrits étaient précédés d'un Abrégé d'Hérodote. Les anciens citent encore de lui des ouvrages nioins importants, tels que VÉloge de Mausole et les Éloges de Philippe et à.' Alexandre. Il était très estimé ; on trouvait la lecture de ses œuvres
\. « Elatione atque altitadine oratiouis. »{Cicéron, Brutus, H. 2. Qiiintil. X. 74. « Oratoris magnis pimilis. ut ffiii... diu fiiprit orator. »
HISTOTBE DE L\ LITTÉRATURE (iRECQUE 341
plus facile que celle de Thucydide, et on appréciait, avec la clarté et la noblesse harmonieuse de son style, l'habile composition de ses récits et sa connaissance exacte des alfaires du temps. Mais, homme du parti aristocratique, plus tard serviteur dévoué de Philippe et d'Alexandre, il était suspect de prévention, et il fallait se défier de ses jugements. Il ne reste de lui que des fragments, presque tous conservés parPhotius.
Éphore. — Comme ïhéopompe, Éphore de Gumes, né vers le commencement du iv'' siècle, fut élève d'isocrate; mais il abandonna promptement l'art oratoire pour les travaux d'histoire et de géographie. Son principal ouvrage était une Histoire générale de la Grèce, depuis le retour des Héraclides ou invasion du Péloponèse (1191) jusqu'à la prise de Périnlhe par Philippe (341 ). Elle était divisée en trente livres. Le dernier fut rédigé par son fds Démophile; et d'autres historiens conduisirent cette vaste histoire jusqu'à la mort de Philippe et à la conquête d'Alexandre. Esprit exact et curieux, critique formé à l'école d'Aristote, Éphore n'avait pas négligé les recherches d'archéologie, et, comme géographe, son témoignage est souvent invoqué par des écrivains tels que Polybe, Strabon et Diodore. On cite encore de lui un traité de VArt d'écrire et un ouvrage philosophique sur les Bieyiset les mœurs. Nous ne connaissons cet écrivain que par de nombreux, mais courts extraits ; son style, élégant et animé, avait, comme celui de Théopompe, une couleur trop oratoire.
Géographes. Scylax. — La géographie avait fait son apparition à peu près en même temps que l'histoire, et son développement est parallèle. A l'époque d'Hérodote, les cartes géographiques sont une nouveauté curieuse, que l'historien consigne dans son livre V. Le
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bonhomme Slrcpsiade, dans les Nuccs d'Aristophane, n'est pas moins émerveillé à la vue d'une carte. Comme ouvra^'o de géographie, on cite d'abord un Pcripln, ou description sommaire des côtes de la Méditerranée, de la Proponlide, du Pont-Euxin et. du Palus-Méotide, ainsi que des côtes de l'Afrique au delà du détroit de Gadès. Cet ouvrage, extrêmement sec, compilation indigeste de travaux d'époques très différentes, a été donné sous le nom de Scylax, navigateur grec du v*^ siècle, né à Caryande en Carie. Il avait été chargé par Darius 1°" de reconnaître le cours de Tlndus depuis le pays de Kaschmir jusqu'à l'embouchure du fleuve. Il continua sa route vers l'ouest et longea les côtes méridionales et occidentales de l'Arabie jusqu'au fond du golfe Arabique. Son voyage, dura trente mois.
Hannon. — Soit i antérieurement à Scylax, soit après lui, un navigateur Carthaginois, Hannon, dont l'époque n'est pas fixée, avait fait une tentative de na'vigation autour de l'Afrique. Nous avons, sous le nom de Périple d' Hannon, un petit écrit grec dont l'origine est aussi controversée que la date du voyage. On ne sait si ce récit, simple et naïf de ton, est une traduction exacte ou un extrait de l'original carthaginois, qui était suspendu dans un temple à Carthage.
Néarque. — \Le Périple de Néarque, célèbre amiral de la flotte d'Alexandre, a bien plus d'intérêt et d'importance historique. L'historien Arrien en a conservé, dans ses Indiques, un extrait dont l'authenticité est aujourd'hui démontrée. Néarque descendit avec Alexandre l'Hydaspe et l'Indus depuis Nicée jusqu'à Patala. Aux bouches de l'Indus se révéla le phénomène du flux et du reflux, et celui des vents étésiens ou mousson, Néarque se dirigea ensuite vers l'ouest, reconnut le
pays des Arabites (Syndhy), celui des Orites (Béloutchistan oriental), la Gédrosie, peuplée de misérables Iclhyophages (Béloutchistan occidental et sud-est de la Perse), enfin la Garamanie (Perse). Cette navigation dura cent quarante-cinq jours (octobre 326 à février 325). Le Journal de Néarque a servi de guide aux explorateurs modernes. Il est plein d'observations nautiques, géographiques et physiques, de détails sur les pays et les mœurs, dont l'exactitude a été constatée.