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et quand il traite le pour. Comme le dit Otf. Millier, c'est la réalisation du principe des sophistes, « rendre la cause plus faible la cause la plus forte. »
Le style, beaucoup moins enflé et plus sain que celui de Gorgias, a de commun avec celui-là le goût des antithèses, de la symétrie, de la conformité des chutes, des assonances, des allitérations i. La comparaison d'une page d'Antiphon avec un chapitre de Thucydide montrerait chez l'élève et le maître beaucoup d'habitudes semblables de style, particulièrement celle de la symélrie, de l'antithèse d'idées et de mots, de l'équilibre des phrases.
Andocide. — Andocide d'Athènes, né probablement vers le milieu du v« siècle, entre 450 et 440' joua, comme Antiphon, un rôle politique et dut se défendre contre une accusation. Issu d'une des plus vieilles et des plus illustres familles d'Alhènes, il eut, comme son contemporain Alcibiade, une jeunesse livrée aux plaisirs. Son père Léagoras lui donnait d'ailleurs l'exemple de la dissipation et du goût des joyeux festins. Il suivit sans doute, à l'exemple des jeunes gens de son temps, tels que Critias et Théramène, les écoles des Gorgias et des Protagoras. La démocratie athénienne, qui frappa Anaxagore, Diagoras, Socrate, Aristote, ïhéophraste, se défiait de cette jeunesse sceptique, nourrie des leçons d'une philosophie nouvelle, et portée à railler, comme Euri-
1. Comme chez nous par exemple, ce mot de Montaigne : a Mon esprit va plutôt par fuite que par suite; » comme ces proverbes; «Qui teire a, guerre a ; qui refuse» muse, » chez les Italiens : « Traduttore, traditore. n
2. M. Genrges Perrot L'Eloquence politique et Judiciaire à Athènes, chap. iv), établit que la date de 46s, donnée par l'auteur anonyme des Vies des Dix orateurs attiques, ne saurait être acceptée.
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pide, l'antique religion. Nous avons parlé déjà', à propos d'Aristophane et de Thucydide, des Hermès et du soulèvement de colère qu'amena cette plaisanterie sacrilège. Dans les croyances populaires Hermès était le prolecteur des enclos, des troupeaux, des maisons; on a retrouvé chez les Hindous une divinité analogue, le S;\ramèya, qui est appelé le rjardtfm de la maison. Il faut sans doute chercher dans la religion des Aryens, ancêtres des Hindous comme des Grecs, l'origine commune de ce culte ^ Quoiqu'il en soit, des traditions anciennes de vénération s'attachaient à ces statues qu'on croyait tutélaires, et, quand, à la veille du départ de l'expédition de Sicile, on apprit qu'elles avaient été mutilées pendant la nuit, on s'indigna, on s'épouvanta, on vit dans ce sacrilège le présage de grands malheurs, on accusa cette jeunesse prodigue, licencieuse, railleuse, formée dans les écoles célèbres des sophistes et des rhéteurs au mépris des vieilles divinités. Une enquête fut aussitôt confiée à des commissaires spéciaux ; Alcibiade, désigné par la rumeur publique, partit cependant avec la flotte, mais pour être bientôt décrété d'accusation. On provoqua, on récompensa les dénonciateurs; un esclave, une femme, des gens obscurs reçurent de grosses sommes pour prix de leurs prétendues révélations. Andocide fut désigné comme un des coupables, et arrêté avec sa sœur, ses neveux, ses nièces, ses cousines. Pour sauver sa vie et celle de sa famille, vaincu sans doute par les obsessions et les pleurs de ceux qui l'entouraient, il se fit lui même dénonciateur, et recouvra sa liberté en désignant vingt-deux citoyens, presque tous déjà dénoncés par
1. Voir le chapitre sur Aristophane, page 277, et le chapitre sur Thucydide, page 308.