‹ Histoire de la littérature grecqueChapitre 128 sur 267 · Artein reino visse. » Brutus, chap · texte numérisé non relu

Artein reino visse. » Brutus, chap

2. « Rhetoriceu observationem quamdam es!»e. non artera. )>n. XVII, 6.

rois passaient pour authentiques. Nous en possédons trente-quatre. Mais, sur ce nombre, deux, Y Éloge funèbre des alliés des Corinthiens et Y Accusation de sacrilège contre Andocide, sont regardés souvent comme apocryphes. Plusieurs ne sont pas complets ; ce sont des péroraisons ou de courts fragments.

Nous ne plaçons pas dans les discours authentiques la dissertation sur Famour * qu'un disciple de Socrate, Phèdre, dans le célèbre dialogue qui porte son nom, lit à son maître sur les bords de Fllissus. Selon quelques critiques, cette petite dissertation coquette et vide est bien une œuvre textuelle de Lysias. Platon l'aurait introduite dans son dialogue pour s'en moquer finement par la bouche de Socrate. Il nous semble plutôt y voir un spirituel pastiche, comme ceux qui se rencontrent dans le Protagoras et le Gorgias.

Le discours que nous citions plus haut, VÉloge funèbre des Athéniens alliés des Corinthiens, ressemble beaucoup pour le style à la dissertation sur l'amour. Quoique cette œuvre soit postérieure au plaidoyer contre Ératosthène, on y retrouve les premiers défauts de l'auteur, l'affectation, la coquetterie, la recherche fatigante de la symétrie. Ce n'est pas une raison suffisante pour le rejeter. Peut-être, dans un sujet du genre démonstratif, Lysias a-t-il cru pouvoir revenir à ses anciennes habitudes de rhéteur. Tel est aussi le caractère d'un autre petit discours, Accusation d'injures contre des camarades, qui ressemble fort à un exercice d'école.

Mais dans les trente autres discours ou fragments de Lysias, on trouve amplement les qualités qui l'ont fait considérer comme Je modèle et la règle même de l'atticisme'-. Ce sont, en général, des plaidoyers pour

[|1. Eroticos. Discours à un adolescent sur l'omour. ^ 2. Denys d'Halicarnasse. « Canon. »

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(l(;s <'ifl;iir(is r.iviles ou des .'in'jiires criminelles. Ce n'est, pas en son nom (jne l'auleiir les compose : il laul qu'il se dissimule derrière \(t plaideur, qu'il se pénètre de son caraclère, qu'il tienne compte de aa condition sociale, de son éducation, de son âge, et, comiae il s'agit le plus souvent dun homme étranger à la parole, il convient qu'il déguise son art, qu'il cache son habileté sous les apparences de la simplicité et de la candeur. L'exorde doit être modest<% la péroraison courte, sans recherche de pathétique, l'argumentation sobre; l'exposition des faits doit faire la principale force du discours, car un récit clair, précis, circonstancié porte souvent sa preuve avec lai, et l'homme le moins cultivé, qui défend ses propres intérêts, peut y suffire. Les longs développements seraient hors de propos; d'un côté en elfet le temps est mesuré rigoureusement au plaideur par la clepsydre placée devant le greffier, de l'autre une discussion étendue et profonde choquerait les juges par son invraisemblance ; enûn la mémoire du client ne supporterait pas un tel fardeau. Les mêmes convenances s'imposent au style, dont les qualités doivent être la clarté, la justesse, la précision, le naturel, joints à cette finesse qui est le comble de Fart, mais où seuls les délicats sentent la main du maître '.

Or, en fixant, comme nous venons de le faire, toutes les conditions du genre, nous avons analysé le talent de Lysias. Ce que les anciens admirent chez lui, ce que la lecture de ses œuvres nous permet de reconnaître, c'est, pour le style, cette précision délicate, cette élégance sans effort, cette alliance du Tmi et du naturel, de la grâce et de la simplicité - qui sont le

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