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Isocraie. — IsocriUo OAn'il ri6 à Athènes, en 430; par consC(HK'nt, si l'on adopte pour la naissance de Lysias la date que nous avons indiquée, il était de cinq ans plus ;\f;é que lui. Sa Ixilk; et verlo vieillesse se prolongea jus(ju'à plus de quatre-vin;^t-dix-huit ans, si bien qu'après avoir été, dans sa jeunesse, le témoin de la prospérité et de la grandeurd'Athènes, puis, dans son âge mûr, (le ses désastres suivis d'une courte période de relèvement, il vécut assez pour assister aux nouveaux malheurs de sa patrie et aux coups mortels dont la frappa ce Philippe, dans lequel le trop confiant vieillard avait vu, hélas I un auxiliaire et un sauveur.
Fils d'un riche fabricant d'instruments de musique, Isocrate fut élevé comme les jeunes gens des plus nobles familles. Il fréquenta d'abord les plus célèbres sophistes du temps. Heureusement pour lui, il rencontra Socrate dont l'influence corrigea celle de ses premiers maîtres. A cette école Isocrate devint, non pas un esprit profond, un philosophe ou un politique aux larges vues, mais un homme honnête et sincère comme Xénophon, très épris de la parole et en même temps adversaire énergique de ceux qui séparaient Téloquence de la conviction, et qui la rabaissaient au talent de traiter avec une égaie vraisemblance le pour et le contre.
Isocrate était citoyen, les assemblées lui étaient ouvertes : tout encourageait donc cette ambition qu'il avoue tant de fois dans ses ouvrages, celle d'être orateur. Préparé par de fortes études, doué des avantages de la naissance, de la fortune, de la beauté, il semblait fait pour les succès delà tribune. Cependant il ne parla jamais en public. De son propre aveu, il lui manquait deux qualités essentielles, la voix et l'assurance : il ne se sentait pas un organe assez fort pour dominer le tumulte d'une assemblée populaire, et il ne trouvait pas en lui assez de hardiesse et de pré-
sence d'esprit pour tenir tête aux interrupteurs et pour riposter par un trait brusquement lancé ou par une impétueuse improvisation. Il n'avait donc pas le tempérament d'un orateur, et il dut chercher ailleurs la réputation et le succès. Gomme Andocide, comme Lysias, il commença par écrire des plaidoyers sur commande; ilfut logographe. Dans les annéesqui suivirent l'expulsion des Trente, les procès de toutes sortes, politiques, civils, criminels, étaient journaliers. D'ailleurs la fortune d'Isocrate, comme celle des plus opulentes familles d'Athènes, n'avait pas survécu aux désastres d'Athènes. Le métier de logographe fut pour lui à la fois un champ ouvert à son activité et une ressource lucrative. Il s'y livra entre 402 et 390; nous avons de lui six plaidoyers judiciaires qui appartiennent à cette époque; les deux plus intéressants sont le Trapézitique et VEginélique.
Mais il semble* qu'il n'ait que médiocrement réussi dans ce genre peu en rapport avec la nature de son esprit. Isocrate, formé à l'école de Socrate, condisciple des Xénophon et des Platon, est et se dit avant tout philosophe. 11 se complaît dans les spéculations générales'; il se croit fait pour « la discussion des intérêts de la Grèce, des rois et des Athéniens » ; il avoue lui-même qu'il a peu de goût pour les petites affaires etles détails de la pratique ^ 11 ne devait pas aussi bien que Lysias se plier au rôle du logographe, se conformer à la condition et au caractère des plaideurs, sacrifier l'élégance artistique de son style pour être familier et simple. D'ailleurs son argumentation est moins serrée et moins précise que celle de Lysias; il s'intéresse moins à son sujet, il s'anime peu. Moins recherché que son rival par les plaideurs, sentant lui-même son infériorité, il abandonna le genre judiciaire et,