Bibliothèque historique, XVI
394 HISTOIRE DE LA UTTÉRATl'RE ORECQIT.
dirigeant oL commandant nos troupes, tu oses vivre, lu oses
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Hypéride. — Avec moins de rudesse et d'àproté, la môme passion éclatait dans les discours d'IIypéride,que les anciens jugeaient encore supérieur à Lycurgue et qu'ils placent le premier après KschineetUémosthène.
Son caractère. — Hypéride, qui partagea les sentiments patriotiques e-t s'associa aux luttes courageuses de Lycurgue, ne lui ressemblait pas pour l'austérité de la vie et du caractère. Né vers .'^95, sa jeunesse résista moins que celle de Lycurgue à l'influence énervante d'une époque d'affaissement et de décadence morale. Le patriotisme était affaibli : beaucoup de mains se tendaient à For du roi de Perse et des rois barbares du Nord; le goût du luxe et des voluptés avait remplacé les passions généreuses de l'âge précédent, et, pour satisfaire à de coûteuses distractions, ceux qui ne trafiquaient pas de leur conscience tiraient volontiers parti de leurs leçons ou de leur talent d'écrivain pour s'enrichir. Hypéride, comme Andocide, Lysias, Isocrate, se distingua par son ardeur pour tous les plaisirs; les poètes comiques raillèrent sur la scène la recherche de sa table. Rien n'est plus connu dans l'antiquité que les incidents de son plaidoyer en faveur de la fameuse Phryné. On l'accusa même de vénalité, comme d'ailleurs tous les autres orateurs, excepté Lycurgue ; mais, ainsi que le remarque le critique pénétrant qui a fait une étude particulière de la vie et du talent d'Hypéride *, ces imputations s'expliquent et par les profits que les logographes tiraient de leurs plaidoyers, et par les riches