J. Girard. Études sur V éloquence at tique, p
nrSTOTRK DK LA LITTÉRATURE GRECQUE 403
On trouvera dans notre B.ecxieil la péroraison de l'oraison funèbre, traduite par M. Villemain. Ce sera une preuve nouvelle de ce caractère de grandeur et de pathétique qu'Hypéride a su joindre dans l'occasion à des qualités d'un ordre moins élevé. Elle confirmera le jugement de Longin qui déclare Hypéride « très heureux à l'occasion dans le pathétique',» et qui admire son oraison funèbre « comme brillant d'un éclat qu'on n'a peut-être jamais égalé '. »
Dinarque. — Pour suivre l'ordre du canon d'Alexandrie, nous placerons ici Dinarque, quoique, par la date de la naissance, il fût bien postérieur à Eschine et à Démosthène. Il avait en effet vingt-neuf ans de moins que le premier de ces deux orateurs et vingt-cinq ans de moins que le second, puisqu'il naquit vraisemblablement vers 360. Sa patrie était Corinthe, et il ne vint s'établir à Athènes que vers l'époque de l'expédition d'Alexandre. Il n'était pas citoyen ; il ne put donc, comme Lycurgue, Hypéride et Démosthène, jouer le rôle d'orateur politique, mais il composa sur commande beaucoup de plaidoyers civils et politiques. Denys d'Halicarnasse en reconnaissait soixante comme authentiques. Nous en avons conservé trois des plus importants, car ils se rapportent tous à la grande affaire d'Harpale. Le premier est une accusation longue et passionnée contre Démosthène ; les deux autres sont à l'adresse de Philoclès et d'Aristogiton, qui étaient mis en jugement avec Démosthène et avec Démade. Comme nous l'avons dit déjà en parlant d'Hypéride, l'examen de cet incident aura sa place dans notre étude de la vie et du génie de Démosthène. Disons seulement que le discours de Dinarque, plus