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encore que les fragments de celui d'Hypéride, est uint suite d'injurieuses att.'uiues contre tout le passé d») Torateur, en reirKJUlant à vingt années en aiTière
M. Grote' a déjà cité dans l'ar^^urnentation d'IIypéride des raisonnen:ients l)ien étranges et que, justement, ce nous seinblo, il traite de nnonstrueux. Il dit à Démos thùne :
Tu agis Qn sycophantn à l'égard de l'Aréopage, faisant appel de sa décision et lui demanclant d'un tu as regu l'or, quel est celui qui te l'a donné et comment. Tu finiras sans doute par demander quel emploi tu as l'ait de cet or, exigeant ainsi que le Conseil te fasse dos comptes de banquier
Il nous semble que Démosthène avait bien le droit de poser ces questions, et que cette manière commode d'esquiver Tenquête réclamée par lui ne fait pas honneur à l'équité de Taccusateur. Le plaidoyer de Dinarquè ne va pas plus au fond des choses ; autant que les fragments du discours d'Hypéride permettent la comparaison, il est beaucoup plus virulent et plus grossier dans sa diffusion. Ce qu'il exploite, c'est, d'une part, le malheur d'Athènes, ce sont, de l'autre, les passions religieuses, si puissantes sur l'âme du peuple, comme nous l'avons vu déjà par l'affaire des Hermès et par le procès de Socrate :
Ne vous laissez pas émouvoir par ses pleurs et^ ses lamentations; il serait beaucoup plus juste [de vous attendrir sur votre patrie que cet homme a jetée dans les périls par sa politique. C'est elle qui vous supplie, vous qui lui devez le jour, au nom de vos propres enfants et de vos femmes qu'elle vous présente, de punir le traître, de I*a sauver, elle que vos
1. Histoire de la Grèce, t. XIX de la traduction française de M. de Sadous, ch. 1.
ancêtres, au prix de nombreux et nobles périls, vous ont transmise libre, elle qui a conservé de nombreux et nobles exemples de la vertu de ceux qui sont morts. C'est en fixant les yeux sur elle, Athéniens, et sur 4es sacrifices nationaux qui se célèbrent chez elle et sur les tombeaux de vos ancêtres, qu'il faut que les hommes au cœur généreux déposent leurs suffrages. Et quand Démosthène, voulant vous tromper et vous séduire, excite votre pitié et voslarmes, vous, contemplez rimg-ge d'Athènes et opposez au présent la gloire qu'elle a possédée autrefois, pour décider si la ville est plus misérable par lui, ou Démosthène par la ville.
Déjà, dans ce passage, l'accusateur touche au motif religieux. Il le développe ailleurs avec étendue :
J'en atteste les austères] déesses^ et le lieu qu'elles habitent ^ et Minerve, protectrice de cette ville et les autres dieux gardiens de notre pays et de notre cité; punissez-le, puisque le peuple vous a donné le mandat de punir celui qui a reçu de l'argent contre son pays, celui qui a souillé et flétri la prospérité de cette ville, celui qui par ses conseils a livré sa patrie pour ainsi dire pieds et poings Hés, celui dont les ennemis et les envieux souhaitent la vie, qu'ils regardent comme fatale à Athènes, tandis que ceux qui nous sont favorables et qui espèrent qu'un changement de la fortune relèvera les affaires de cette ville, souhaitent qu'il périsse, justement puni pour sa conduite, et demandent aux dieux sa mort. Avec eux, moi aussi, je supplie ces dieux de sauver la patrie, que je vois menacée dans sa conservation, dans vos enfants, dans vos femmes, dans votre gloire, dans tous les autres biens.
C'est absolument le ton d'Eschine attaquant six ans plus tôt Démosthène dans le procès de la Couronne ; c'est le même art perfide d'exploiter contre lui les défaites d'Athènes et la prétendue violation des lois religieuses. Au reste, en comparant le discours