‹ Histoire de la littérature grecqueChapitre 14 sur 267 · HOMÈRE · texte numérisé non relu

HOMÈRE

I. Question df l'origine et de l'unité des poèmes homériques.

Caractères de cette période, — Celte période qui ne présente pas encore pour la biographie et les œuvres des poètes les caractères d'une pleine certitude historique, est par la grandeur et la renommée de ces œuvres une des plus importantes de la littérature grecque. Il n'est pas de nom plus fameux que celui d'Homère, de poèmes plus célèbres que V Iliade et VOdyssée ; il n'en est pas qui aient plus fortement agi sur le cœur et sur l'imagination des hommes, et qui aient exercé plus j'influence non seulement sur l'antiquité grecque et romaine, mais sur toute la littérature moderne.

Le nom d'Hésiode, beaucoup moins éclatant, ses œuvres, moins attrayantes et plus sévères, ont aussi leur importance dans l'histoire des croyances humaines et des premiers travaux de la société. La place considérable que nous donnerons dans le plan de notre histoire aux monuments de cette seconde période est donc d'avance pleinement justifiée.

Les aèdes épiques. — Les longs récits de combats, de voyages, mêlés de merveilleux, que nous avons

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définis dans nii voliirno précédeiil de ce cours ', et qui ont gardé depuis les Grecs le nom <V<}popées, avaientils été précédés d'auL/es récits historif|ues plus courts? Avant les (;,hefN-d 'œuvre de Vniafh' et de VOdi/ss/'p., avant les autres poérnes perdus qui ont pri^ naissance à côté de ces deux-là, avait-on déjà raconté et chanté (car alors le récit était un chant accompagné des sons de la lyre) les exploits des héros de la Grèce?

La lecture seule des o^.uvres homériques semble le prouver : nous y rencontrons des hommes qui jouent dans les festins et dans les fêtes des temps héroïques le même rôle que les troubadours et les trouvères du moyen âge à la cour, des princes et dans les châteaux des seigneurs, et les récits de ces chantres ressemblent fort à nos chansons de gestes et à nos romans d'aventures. Tel était peut-être ce chantre de Thrace, Thamyris, que les IMuses ont frappé de cécité parce qu'il s'était vanté de les vaincre, et qui* a perdu le don des chants et le talent de jouer de la cithare ^ . Mais s'il peut être rattaché à la période mythique et considéré comme un de ces chantres d'hymnes religieux dont nous avons parlé plus haut, il n'en est pas ainsi de Phémius que les poursuivants de Pénélope forçaient de chanter à leur table dans le palais d'Ulysse ^.

Nous voyons qu'il prend pour sujet le retour des Grecs, « retour lamentable que Minerve leur a infligé au sortir de Troie. » Mais, des appartements supérieurs, Pénélope a entendu ces chants qui raniment sa douleur. Elle descend l'escaher et, s'arrêtant sur le seuil, à la porte de la salle du banquet, elle adresse en pleur rant ces paroles au chanteur :

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