‹ Histoire de la littérature grecqueChapitre 142 sur 267 · Quintilien, Institution oratoire, XI · texte numérisé non relu

Quintilien, Institution oratoire, XI

tion théâtrale ; mais cette critique est corrigée par une autre toute contraire, qui est un hommage à la soUdité de sa préparation et à la vigueur toujours pleine de ses arguments : on disait que ses discours « sentaient l'huile, i

Au témoignage de Plutarque, * un de ses contemporains déclarait que les discours de Démosthène l'emportaient de beaucoup à la lecture sur ceux des anciens par « le tissu et la force du style. »

Démosthène logographe. Caractères de ses plaidoyers composés pour autrui. — Gomme la plupart desorateursque nous avons déjà étudiés, Démosthène, avant d'être orateur politique, fut logographe, c'est-àdire qu'il écrivit sur commande des discours pour des plaideurs ou pour des orateurs de la place publique. Il prononça subsidiairement, dans une seconde action {deutérologié), des discours destinés à compléter et à fortifier ctelui du plaideur ; ce rôle, semblable à celui de nos avocats, s'appelait, nous l'avons vu, synégorie"'. Tel est le caractère d'un de ses premiers discours, le plaidoyer contre Leptine, pour Gtésippe (354). Il s'agissait de combattre une loi proposée par Leptine et qui avait pour objet de revenir sur les indemnités déjà concédées, 'en annulant le premier vote, et de restreindre à l'avenir ces faveurs. Démosthène développa avec force la nécessité pour un État d'être rigoureusement fidèle à ses engagements.

Nous avons dit que les discours composés ou prononcés pour d'autres étaient l'objet d'une rémunération souvent considérable, et que, par là même, une sorte de défaveur s'attacha toujours au nom de logographe. Eschine n'omettra pas ce point en attaquant

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