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sa tidélité à la cause dont la défense était Thonneur de toute sa vie. Un sophiste, nommé Lamachus, avait porté au ciel dans un panégyrique la gloire de Philippe et d'Alexandre, et accablé de ses invectives les Olynthiens et les Thébains vaincus : Démosthène se leva et prononça un si magnifique éloge des malheureux trahis par la fortune, que Lamachus fut réduit au silence et à la fuite.
C'est à son retour d'Olympie que Démosthène trouva contre lui ce déchaînement d'opinion. Il protesta qu'il ne s'était pas vendu à Harpale, il se soumit au jugement de l'Aréopage, il demanda une enquête, déclarant qu'il accepterait la peine de mort, si sa culpabilité était reconnue. L'enquête traîna six mois; sans doute de nombreuses influences pesaient sur l'Aréopage. Si l'on adopte les conclusions d'un jeune critique qui a étudié à fond la cause d'Harpale % il faudrait admettre que Démosthène, sans avoir jamais rien reçu des mains d'Harpale, avait prélevé, sur les sommes séquestrées, vingt talents pour les dépenses pubhques et en particulier pour les frais de la très coûteuse ambassade d'Olympie. A en croire Hypéride etDinarque', Démosthène lui-même aurait fait cet aveu. L'Aréopage se décida donc à désigner Démosthène et, à côté de lui, son adversaire Démade, parmi ceux qui avaient eu leur part de l'argent d'Harpale.
Sur cette désignation, le peuple nomma dix orateurs ou synègorcs pour soutenir l'accusation devant les héliastes, dont le nombre fut, pour cette affaire grave, porté à quinze cents. Nous savons déjà que, parmi ces accusateurs, à côté des hommes les plus