‹ Histoire de la littérature grecqueChapitre 150 sur 267 · M. Aug. Gartault. De causa harpalica, 1881, Thoriii · texte numérisé non relu

M. Aug. Gartault. De causa harpalica, 1881, Thoriii

2. Hypéride, contre Démosthène^ frag- 102. Didot. Oratores attici, t. 11^ p. ;^90. Dinarque, contre Démosthène, ch. 6. Ibidem, 1». 166.

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compromis dans le parti macédonien, tels que Stratoclès, se trouvaient des patriotes exaltés, comme llypéride. Démosthène avait contre lui cette coalition de haines; il paraît bien aussi, d'après des passages sif^nilicatifs des discours d'Hypéride et de Dinarque, que l'Aréopage, suivant les conditions de Tenquête, avait dû s'en tenir à nommer les hommes qui avaient eu part, à quelque titre que ce fût, aux trésors dilarpale, et qu'il n'avait pas eu le droit d'ajouter à celte liste une explication qui aurait distingué Démosthène des hommes vendus et avouant effrontément leur vénalité comme Démadé. Démosthène et ses amis avaient réclamé à grands cris cette explication. Il est probable que, devant les héliastes, l'accusé demanda encore à la donner et qu'il insista du moins pour obtenir une seconde enquête. Tout l'efï'ort d'Hypérido et de Dinarque porte sur ce point : ils se récrient contre une prétention qui semble si naturelle et si légitime ; ils déclarent que la déclaration de l'Aréopage est souveraine et sans appel, qu'aux termes de la proposition de Démosthène la question est tranchée, la preuve du délit faite; tout autre débat est illégal, la seule attribution du tribunal est de prononcer la peine.

C'est ainsi que Démosthène fut jugé et condamné, sans avoir pu présenter pleinement sa justification, condamné, chose étrange ! sur les conclusions d'Hypéride qui haïssait en lui un déserteur de la cause nationale, et de Dinarque, dont le discours, commandé et prononcé par un autre, reprenait toutes les invectives d'Eschine, et reproduisait, en le copiant plus d'une fois, le tableau de la misère de Thèbes et des funestes résultats de la politique impie de l'accusé.

Mais, du moins, la condamnation ne fut pas celle qu'avaient espérée et demandée les accusateurs. Démosthène ne fut pas condamné à mort : l'amende ne

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fut probablement que de vingt talents, somme que, selon Hypéride et Dinarque, il avait reconnu avoir empruntée pour les dépenses publiques. Il n'est pas probable qu'il lui ait été impossible de payer cette somme et qu'il ait été, comme on le raconte, jeté en prison. Malgré les passions soulevées contre lui, il eût trouvé encorebeaucoup d'amis prêts à se réunir pour payer l'amende. Mais, nous le croyons avec M. Carlault ^ , Démosthène, en versant les vingt talents, aurait paru se soumettre à la sentence ; il aurait accepté la flétrissure que prétendaient lui infliger et les amis et les ennemis de rin<lépendance. Il préféra partir pour l'exil.

Et ce ne fut pas en vain qu'il en appelait à l'avenir. Neuf mois plus tard, Alexandre mourait : Athènes préparait une nouvelle guerre d'indépendance ; Démosthène, de son exil, se joignait aux envoyés de son pays pour aller partout soulever les peuples de la Grèce. Alors ses concitoyens le rappelaient avec enthousiasme, il lui envoyaient une galère qui le ramenait comme en triomphe; le peuple entier, archontes et prêtres entête, accourait au-devant de lui et le saluait de ses acclamations. On le nommait surveillant du sacrifice périodique de Jupiter sauveur ; à ce titre on lui assignait une rémunération égale à l'amende que, suivant les lois, il aurait dû payer avant de recouvrer ses droits de citoyen, et on eûacait ainsi tous les souvenirs du passé.

Pour achever la justification de Démosthène, citons le témoignage de Pausanias^. En voici les termes textuels :

Harpale, après s'être esquivé d'Athènes, passa en Crète et peu après il fut tué par des esclaves qui le servaient; d'autres

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