‹ Histoire de la littérature grecqueChapitre 156 sur 267 · VIII, fable IV. Le pouvoir des fables · texte numérisé non relu

VIII, fable IV. Le pouvoir des fables

Il aimait les métaphores piquantes. La jeunesse était « le printemps de la patrie, » Tenceinte « les vêtements delà ville, » le trompette de ville « le coq public des Athéniens ^ » En voici une autre fort belle, elle prouve que les sentiments de l'orateur valaient mieux que sa conduite : « La pudeur est la citadelle de la beauté^. » Rien de plus grand aussi et de plus vrai que cette pensée : « Pour les esclaves la nécessité est la loi, pour les hommes libres la loi est la nécessitée » Elle peut être rapprochée de cette définition de la liberté par Bossuet : « Sous le nom de liberté, les Romains se figuraient un État où les hommes ne sont esclaves que de la loi, et où la loi est plus puissante que les hommes. * » Klopstock a dit encore : « L'âme de la liberté est l'amour des lois. »

Cet homme, si heureusement doué, mais si méprisable, mourut^ dit-on, misérablement. Gassandre, fils d'Antipater, le convainquit de duplicité et le fit périr (302).

Phocion. — Quel contraste entre Démade' et cet austère citoyen, cet intrépide soldat, ce grand général qui, faute d'estime pour les Athéniens dont il connaissait trop la légèreté, s'opposa toujours à la guerre, et qui cependant sauva tant de fois, dans la guerre, la fortune d'Athènes ! En racontant la vie d'Eschine et de Démosthène, sans cesse nous avons rencontré son nom et apprécié son rôle. Quoiqu'il ait été objet de plusieurs accusations, sa vertu, son désintéressement imposaient le respect même à ses adversaires politiques. On redoutait aussi son éloquence

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