‹ Histoire de la littérature grecqueChapitre 162 sur 267 · Cyropéd?e, liv. VTH. ch · texte numérisé non relu

Cyropéd?e, liv. VTH. ch

véritable portrait de Socrate, pieusement introduit par la fidélité reconnaissante de son disciple dans un ouvrage de fiction'. »

Parmi ces personnages aucun n'est plus aimable ni plus touchant que celui de Panthée, noble femme, épouse dévouée, dans laquelle nous retrouvons les senliments qui ont inspiré des pages charmantes de V Economique, Car Xénophon est toujours et partout moraliste. Il a pris l'homme dans son enfance et a tracé pour lui un plan complet d'éducation. Il le suit dans toutes les périodes de son existence, et, par ses récits comme par les dissertations morales qu'il n'épargne pas plus que Fénelon dans son Tèlèmaque, il passe en revue tous les devoirs de la vie, non seulement ceux du général et du souverain, mais ceux du père de famille. Or ce mot doit être pris dans le sens romain, et s'entendre du mari, du père, et aussi du maître doux, indulgent, afleclueux avec ses esclaves, comme avec ses parents et ses amis. Cette humanité est un fait nouveau dans l'histoire de l'antiquité ; c'est un des traits qui justifient ce mot que nous avons déjà cité : « Xénophon est moins Athénien qu'il n'est Grec, moins Grec qu'il n'est homme 2. » Le disciple de Socrate s'élève encore bien au-dessus de Fantiquité, quand il prêche le respect des prisonniers et des vaincus, quand il se plaît à présenter chez Cyrus et chez d'autres personnages de son livre de magnanimes exemples de cette vertu si rare chez les Grecs et chez les Romains.

N'oublions pas un autre caractère, sensible dans tous les écrits comme dans Tâme et dans la vie de Xénophon, cette piété respectable, parce qu'elle est sincère et profonde, mais un peu étroite et minutieuse, qui

1, Alt'. Croisel. Xénophon, sou caractèrp et soit talent, p, 211.

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