‹ Histoire de la littérature grecqueChapitre 168 sur 267 · COMEDIE MOYENNE. — COMEDIE NOUVELLE · texte numérisé non relu

COMEDIE MOYENNE. — COMEDIE NOUVELLE

État de la société athénienne au IV® siècle. — A partir de la conquête macédonienne, la suprématie artistique et littéraire d'Athènes est finie. Avec l'indépendance le peuple athénien a perdu Tinspiration qui a échauffé le génie de ses artistes, de ses poètes, de ses orateurs, de ses historiens. La vie politique a disparu ; la tribune est muette, l'histoire n'a plus de faits brillants, de nobles luttes à raconter. La poésie lyrique, la tragédie n'auraient pu vivre au milieu de l'affaissement moral né de la décadence et de la chute des institutions libres. Déjà, jdepuis le commencement du iv^' siècle, Athènes a cherché dans les jouissances du luxe et des plaisirs la consolation et l'oubli de la grandeur passée. L'or de Philippe a plus fait que ses armes pour l'abaissement des caractères ; le roi de Macédoineaeuses mercenaires parmi les poètesdu théâtre comme parmi les orateurs et les magistrats; son règne et celui d'Alexandre ont préparé cette servilité honteuse qui s'étale à Tépoque de la domination d'Antipater, de Démétrius de Phalère, de Démétrius Poliorcète. On sait que trois cent soixante statues furent élevées à Démétrius de Phalère. 11 est vrai qu'au jour de sa chute on se hâta de les abattre, et il fallut que la pitié superbe du nouveau maitre intervînt pour qu'une seule fût respectée.

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Au milieu clc cet abaissement de l'esprit public, seuls deux genres liltéraires pouvaient se maintenir, la philosophie et la comédie. La philosophie, d'ailleurs, s'écartait de plus en plus du caractère que lui avaient donné Socrate et Platon. Elle avait quitté le domaine des hautes spéculations, où la poésie a sa place, pour prendre la méthode et les procédés de la science. Déjà, avec Aristote, elle s'est mise à l'école de Tobservation ; elle expérimente^, elle analyse, elle raisonne; le syllogisme a détrôné l'imagination. Cette transformation est plus sensible sous les successeurs des grands maîtres. L'école péripatéticienne se perd dans rérudition et les commentaires ; l'Académie tombe dans le scepticisme ; Épicure et Zenon fondent les sectes opposées de l'épicurisme et du stoïcisme, toutes deux puissantes à des titres divers, mais toutes deux, par les doctrines matérialistes qui leur servent de base, énervantes pour les âmes et mortelles pour la poésie. La comédie seule, par sa nature même, profite de ces influences plutôt qu'elle n'en souffre. La philosophie lui communique le goût de l'observation morale et de l'analyse des caractères; elle puise jusque dans les vices de cette société corrompue une sève nouvelle et une nouvelle fécondité.

Origine et caractères de la comédie moyenne. — Nous avons dit, à propos du Plutiis d'Aristophane -, comment la comédie ancienne disparut sous le gouvernement des Trente et fut remplacée par une forme intermédiaire qu'on appelle la Comédie moyenne. Les attaques contre les hommes publics, les masques ressemblants sont rigoureusement interdits; la parabase est supprimée; le déclin des fortunes, à la suite des événements désastreux de la fin du v" siècle,

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