‹ Histoire de la littérature grecqueChapitre 172 sur 267 · CRITIQUE · texte numérisé non relu

CRITIQUE

Prosateurs. — Nous nous bornerons à énumérer les prosateurs, dont les œuvres appartiennent en gé néral à la science ou à l'érudition.

Sciences. —Les noms d'Euclide et d'Archimède sont demeurés célèbres comme ceux des pères de la géométrie et de la physique savante. On admire surtout dans les écrits du premier la rigueur des démonstrations et la clarté du langage. Archimède, qui est postérieur à Euclide, et qui a vécu particulièrement à Syracuse, sa patrie (287-212), a eu son rôle dans l'histoire comme dans la science. Ses ouvrages sont écrits en partie dans le dialecte dorien.

Hipparque de Nicée, qui appartient au ii« siècle avant J.-G., donna par ses travaux et ses découvertes un grand essor à l'astronomie. De ses nombreux ouvrages, deux seulement sont parvenus jusqu'à nous.

Érudition. — L'érudition proprement dite se déploie dans les recherches historiques et géographiques, dans la critique, la publication et la traduction des textes.

Histoire. — Parmi ces laborieux historiens , plus curieux des recherches sur les origines que de l'intérêt littéraire, et dont le sens critique n'a pas toujours égalé l'érudition, un des plus connus est Timée

de Tauromenium (de 352 àS.'IG), auteur d'une f/isfoire de Sicile^ partiale, selon Polybe, et défigurée par des fables. Cicéron estimait son style, qui avait l'abondance et la couleur asiatiques.

Hécatée d'Abdère, qui appartient au iv" siècle, avait écrit sur l'Egypte et sur les peuples hyperboréens. Nous avons des fragments de ces livres et d'un autre sur les Juifs que l'on juge apocryphe. Nous avons perdu aussi un traité de lui Sur la poésie (T Homère et d'Hésiode.

Nous ne devons pas oublier les noms de Manéthon et de Bérose, prêtres étrangers, dont les travaux, rédigés en grec, ont été d'un grand secours à l'histoire. Manéthon, né à Sébennyte en Egypte, contemporain de Ptolémée Philadelphe, avait écrit une Histoire de VÉgypte, dont il ne reste que des extraits. La science moderne confirme tous les jours l'exactitude des renseignements qu'il y avait donnés. D'autres ouvrages de lui sur les doctrines religieuses et cosmologiques des Égyptiens sont également perdus.

Bérose, prêtre de Bélus à Babylone, nésousle règne d'Alexandre le Grand, avait écrit aussi en grec une Histoire de la Babylonie et de la Chaldée, dont les éléments étaient puisés dans les archives du temple. Nous n'en possédons que des fragments.

Les conquêtes d'Alexandre inspirèrent aussi à toute une génération d'écrivains peu estimés, qu'on appelle les Historiens d'Alexandre, des récits pleins de merveilleux et de fables. C'est par eux que l'histoire du héros macédonien a été si promptement dénaturée. Ils ont fourni une vaste matière à Quinte-Gurce, l'historien légendaire d'Alexandre.

Géographie. — Les recherches géographiques arri- Tent à des résultats plus précieux Dicéarque, h la fois philosophe, historien et géographe, avait composé

de nombreux écrits où les savants grecs et romains, Diogène de Laerle, Varron, Cicéron , Pline TAncien, ont beaucoup puisé. Un des plus considérables était sa Description de la terre. D'autres ouvrages, La vie de la Grèce^ les Vies des hommes illustres, se rapportaient à l'histoire et aux institutions.

Ératosthène (né en 276 à Cyrène, mort vers 196), fut directeur de la bibliothèque d'Alexandrie sous Ptolémée Évergète et Ptolémée Épiphane. Philosophe, mathématicien, géographe, il composa, sous le titre de Géographiques, un vaste recueil puisé dans les travaux antérieurs, et dont Texactitude a été assez souvent contestée par Hipparque et par Polybe. Il est aussi l'auteur d'un répertoire historique du même genre, intitulé Chronographie, de dissertations philosophiques, de traités grammaticaux, et de deux poèmes scientifiques, Hermès et Érigone,

Critique. — Si les érudits écrivent quelquefois des poèmes, à leur tour les poètes font aussi métier d'érudition. Tels furent Gallimaque, qui enseignait à Alexandrie, qui fut directeur de la bibliothèque, et dont les ouvrages critiques, en particulier sa Table des écrits de tout genre, étaient aussi célèbres que ses poésies. Lycophron, un des membres de la pléiade alexandrine, a fait également un Traité sur la comédie.

D'autres se renferment plus strictement dans la critique. Tel est Zénodote d'Éphèse, que nous>.avons déjà nommé comme le premier directeur de la bibliothèque d'Alexandrie. Dans le travail de revision du texte des poètes grecs, il eut en partage l'épopée etfut le premier recenseur d'Homère. Mais les deux érudits qui ont le plus contribué à fixer le texte de Y Iliade et de YOdyssée sont Aristophane de Byzance et son élève Aristarque de Samothrace, dont le nom est devenu synonyme de critique expert et infaiUible. Tous les

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doiix aussi, nous l'avons dit, furent directeurs de la bibliothèque d'Alexandrie. (Jutre leurs travaux sur Homère, Aristophane et Aristarque rédigèrent \e Canon des écrivains classiques, tableau dont nous avons parlé déjà et qui est précieux pour les modernes. Aristophane introduisit le premier dans la langue j^^ecque l'usage des accents.

Aristarque est le plus célèbre des diorlhonles ou correcteurs du texte d'Homère. C'est à lui que nous devons les deux poèmes, tels qu'ils nous sont parvenus, et la division de chacun d'eux en vingt-quatre rhapsodies. H avait fondé une école de critique qui se continua après lui et resta longtemps célèbre. Outre Homère, ses travaux de revision embrassèrent Archiloque, Pindare, Eschyle, Sophocle et Aristophane.

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